10/02/2012

M. Müller: autre chose à voir

Marc Müller : autre chose à voir

 

Les Genevois ont besoin de la Tribune de Genève. Il n’y a plus la Suisse ni le Journal de Genève. Le Temps, avec sa grande qualité, est supra cantonal. La Tribune a vocation de parler de ce qui intéresse et agite la République et Canton. Elle le fait. On aimerait d’ailleurs qu’elle soit parfois encore plus dans sa tradition d’écho des irritations des habitants devant tant de choses qui clochent, tant d’excès de zèle bureaucratiques en regard de  si nombreuses lacunes perturbantes ; cela tout en relevant aussi ce qui marche et les efforts accomplis. Oui, nous avons besoin, à Genève, de la Tribune de Genève. Son Rédacteur en chef et sa rédaction le savent, le sentent et s’engagent pour cela. Dont acte et remerciements. Mais tout sentiment de sa <mission> peut conduire à en faire trop. Ainsi à propos de l’affaire Marc Müller.

En informant sur les faits, la Tribune était dans son rôle. En expliquant le malaise politique en découlant aussi. Mais quoi ! Voilà que les deux parties à cette triste rencontre de la nuit du réveillon ont trouvé un arrangement. Pourquoi diable le regretter ? Pourquoi diable s’indigner de la confidentialité sur une somme versée par le magistrat pour couvrir les frais ou un peu plus ? Pourquoi une telle exigence de transparence sur tous les détails ? Nous avons la chance de ne pas être aux Etats Unis avec sa fausse vertu baignée de voyeurisme.  Détestable.

Bien sûr, Marc Müller, conseiller d’Etat, n’aurait pas dû se conduire ainsi et perdre la maîtrise de ses nerfs.  Bien sûr, la dignité de la fonction et de la politique était en jeu. Mais il le reconnait et a présenté ses excuses. Bien sûr, sa position est forcément fragilisée. Bien sûr, cet élément pourra jouer un rôle dans l’appréciation de PLR et de lui-même lorsqu’il s’agira de désigner des candidats pour les prochaines élections cantonales.  Mais, une fois que l’on a dit cela, ne peut-on pas remettre l’incident très regrettable à sa place ; un incident révélant quelques faiblesses humaines mais n’étant pas dramatique et n’invalidant pas toute l’action d’un homme politique ? Cela ne  vaut pas d’allumer le bûcher. Ni le PLR, certes, ni le Conseil d’Etat ni la République et Canton n’auraient un intérêt à une démission sous pression qui provoquerait une élection partielle dans une sorte de dramaturgie artificielle. Ni la vertu démocratique ni l’attente réelle des citoyens ne commandent pareille conséquence. Certes, la démocratie demande la confiance. Mais, au-delà de comportements qui l’entament il peut y avoir une sorte de crescendo, d’insistance répétitive sur la relation d’un fait tout de même pas majeur qui distille cette méfiance au-delà du nécessaire. Dans ce genre de choses, il y a un équilibre à tenir entre la surveillance, la vérité à dire et la relativité des événements, leur remise à leur place. Marc Müller aura plus de peine personnelle à faire passer ses dossiers dans les mois qui viennent. Mais s’ils sont solides, s’il est bien épaulé par ses collègues, son parti, le parcours est faisable, viable.  C’est là l’important. L’esclandre lui n’est pas effacé des mémoires. Ce n’est pas comme s’il ne s’était rien passé.  Il est simplement remis à sa place dans l’espace et le temps. Et il est sain de ne plus le laisser polluer le débat politique sur les grands sujets qui concernent l’avenir de Genève.

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Commentaires

100% d'accord avec vous!

Écrit par : Pascal Décaillet | 10/02/2012

Bonsoir Monsieur:
Ses nom et prénom sont: Mark Muller.
Bonne soirée,
amb

Écrit par : amb | 10/02/2012

Affaire "Mark Muller". Quel coût pour le contribuable ?

Démission : 367'000.- 2 mandats : 4'640'000.- 

Écrit par : Charly Schwarz | 11/02/2012

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