08/02/2012

Energies:des choix sans exclusives

Ecouter la radio en voiture a du bon, surtout lorsque les bouchons obligent à s’armer de patience. L’émission< impatience>, précisément, a de quoi vous laisser quelque chose dans l’esprit. Mardi dernier, le sujet était le nucléaire. Ou, plutôt, les recherches intenses au sein de l’Ecole polytechnique de Lausanne sur une technologie de fusion nucléaire. On en parle depuis longtemps mais les chercheurs avancent dans leur quête d’un moyen de maitriser cette fusion et d’ouvrir ainsi des perspectives d’utilisation sans limites et sans déchets de cette énergie.

Actuellement, on le sait, la technologie nucléaire est celle de la fission. Elle nous a rendu de grands services qu’il serait simplement bête de nier. Mais elle a posé le point d’interrogation sur les déchets et sur la sécurité des centrales. Il en résulte ces décisions politiques visant à s’éloigner du nucléaire dans des pays comme l’Allemagne et la Suisse. Il en découle une volonté de promouvoir les énergies dites propres et renouvelables : solaire, géothermique, éolienne… Seulement, le recours exclusif à ces énergies n’est guère envisageable, tant pour des raisons de coûts que de par les besoins globaux en énergie. Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas être déterminés à les promouvoir par toutes sortes d’actions et d’incitations collectives et individuelles.

Mais on n’échappera pas à une utilisation probablement accrue du gaz. Et l’on veut croire qu’il n’y aura pas de retour du charbon archi polluant. D’aucuns, tel un Philippe Roch, prônent un changement de vie presque théologique. Il faudrait, tel Rousseau, vivre beaucoup plus frugalement en symbiose reposée avec la nature. Mais ce n’est pas une perspective politique, économique, sociale réaliste. Ce qui ne signifie pas qu’il faille ignorer les appels à plus de retenue dans la consommation énergétique.

Et l’avenir du nucléaire dans tout cela ? La France n’y renonce pas et la Suisse, quoi qu’on en dise, continuera d’en consommer directement ou d’en bénéficier indirectement par le jeu des échanges européens en réseau. Ce qui plaisait dans l’émission était l’attitude d’esprit du directeur de programme sur les recherches visant à maitriser la fusion nucléaire. En substance, il disait n’avoir pas de certitude absolue sur les possibilités d’aboutir à quelque chose de merveilleusement utilisable mais il pensait qu’il y avait de très fortes probabilités.

En somme, il pense que dans une vingtaine d’années on sera bien au point là-dessus. Il estimait, par conséquent, que ne pas aller au bout du chemin afin de vérifier l’hypothèse serait incompréhensible.  Imaginons au-delà des vingt ans  encore quelques années nécessaires à l’implantation des supports et installations ; les enfants de la décennie actuelle pourraient bien vivre une grande partie de leur existence en utilisant de l’énergie nucléaire propre et sans danger obtenue par fusion. Pour cela, il s’agit de ne pas relâcher les efforts de recherche et de les encourager résolument.

Quelle leçon politique en tirer ? Eh bien que des choix doivent certes êtres faits. Ne pas construire de nouvelles centrales à fission, investir dans les énergies renouvelables. Mais ne pas verrouiller avec un cadenas idéologique les chances d’un nucléaire renouvelé. Oui belle leçon politique : être clair, décidé sans être rigide, idéologique. L’homme et l’énergie, ce n’est pas une affaire de religion mais de réflexion.

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