23/01/2012

Dieu pas vraiment mort

Dieu pas vraiment mort

 

A ceux qui ont envie de prendre du recul vis-à-vis du train des choses, de réfléchir à l’essence même de la condition humaine recommandons le livre intitulé Dieu, où Frédéric Lenoir répond aux questions de Marie Drucker (ed.Laffont). Philosophe, sociologue Frédéric Lenoir est aussi historien des religions. Et quel talent pédagogique ! Quant à Marie Drucker, elle pose vraiment les bonnes questions, celles que chacun devrait poser et se poser. A la fin, Frédéric Lenoir livre sa propre foi. Oui, un livre à recommander chaudement.

·         On y passe en revue toutes les idées que les hommes se sont fait du divin, au fil du temps et dans la diversité des cultures. On y croise les grands philosophes et les grands théologiens. On s’y  confronte au mal commis au nom de Dieu mais également aux plus grandes avancées de l’esprit et du cœur réalisées par la quête spirituelle. On y compare le Judaïsme, l’Islam et le Christianisme dans leurs tendances successives et diverses.  Et puis on s’interroge : Dieu a-t-il encore un avenir, particulièrement dans notre vieille Europe ? Nietsche avait prédit la mort de Dieu. Il entendait par là que les hommes, surtout les Occidentaux, l’avaient tellement défini, qualifié qu’à force d’être tordu dans tous les sens il finirait par ne plus être pris au sérieux. Il disparaitrait peu à peu dans les plis changeants de l’esprit humain. Alors, les découvertes de l’astrophysique aidant, la relativité de la terre dans les univers s’imposant, les inconnues sur les énergies originelles donnant le vertige n’aurions nous plus le choix qu’entre l’athéisme ou le désintérêt pour ces questions et un déisme vague à la Voltaire ? Ou bien, au contraire, serions- nous menacés par le retour des intégrismes, voire des fanatismes  tels qu’on les voit chez des Musulmans, des Juifs mais aussi dans des branches chrétiennes à la mode évangélique américaine par exemple ? Des chocs culturels, des catastrophes, des affaissements économiques, des guerres pourraient favoriser une généralisation de ce scénario obscurantiste. Si Frédéric Lenoir imagine bien des retours dans cette direction,  il voit une tendance lourde pour le long terme allant plutôt dans le sens de Nietsche. Ou , plutôt, une grande partie des gens, dans les pays développés, devraient s’habituer à l’énigme d’une force originelle, d’un Divin mystérieux étranger au sort que les hommes se font à eux-mêmes. Cela n’enlève rien, ajoute tout de suite Frédéric Lenoir , à la valeur des réflexions et des intuitions spirituelles. Mais quelle foi personnelle possible dans ce grand désert ?

·         Frédéric Lenoir s’est attaché, lui,  à l’image, à la parole, au témoignage de Jésus tels que transmis par les évangiles. Même après avoir pris la mesure du contexte historique, de l’interprétation donnée par des adeptes  d’un Jésus qui n’a laissé aucun écrit,  il y a un souffle, un élan, un abandon, un don, un amour pour les frères humains qui ne mentent pas.  Et si un tel homme a su capter et convertir une onde de ce divin énigmatique dans une destinée d’homme vouée à l’Amour, si il a pu convaincre par l’exemple que la mort n’est pas la fin de tout, pas la fin d’une âme qui ne la craint plus , alors l’espoir est permis et la vie d’ici bas peut avoir un sens. Au fond, Frédéric Lenoir se résout à l’éloignement du Divin parce qu’il ressent intimement la présence d’un Christ qui dépasse les travers,  les errements, la finitude des hommes, qui suscite et ressuscite autre chose.  

·         Finalement, nous dit ce livre, il n’y a pas de possibilité de saisir Dieu, de le définir, de l’hominiser. Et chaque approche religieuse devrait renoncer à croire qu’elle détient toute la vérité. Chacune devrait dialoguer avec les autres en tout respect réciproque. Chacune est héritière de sa culture. Mais, pour les Chrétiens, avec et en dépit de l’énigme insondable , il y a cet homme totalement porteur d’Amour, si proche de ses frères humains mais irrésistiblement tendu vers un espoir d’un au-delà de l’homme , invitant à la  confiance en cet espoir ressenti comme une certitude de résurrection.  En somme, si la foi chrétienne, sauf à se raidir, ne peut qu’évoluer au tamis de la raison critique, elle peut continuer de se fortifier en puisant à l’essentiel de sa source vive : les évangiles par lesquels celui qu’on nomme le Christ parle aux Chrétiens mais est également en dialogue avec tous les hommes en quête de sens et d’amour.

·         En reposant ce livre si peu dogmatique, aux analyse si objectives mais qui laisse finalement à la perception du cœur l’ouverture de la Foi, on se dit que le xx1 siècle pourrait réinventer sa spiritualité au diapason de l’explosion des connaissances et pourtant dans la fidélité à ses sources vives . On se sent plus léger, plus apaisé, plus confiant.   

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Commentaires

"Dieu pas vraiment mort" mais est-il vraiment né ?

Écrit par : Ivan Skyvol | 23/01/2012

Vous confondez avec le diable !!!

Écrit par : Corto | 23/01/2012

Le plaisir réel qu'on éprouve à vous lire en écoutant des musiques des années 50 et surtout pouvoir ré-écouter sans se lasser la Petite Gilberte de Courgeney voilà un chemin parmi tant d'autres révélant la présence d'un Dieu qui est et se doit d'être personnel,ou éventuellement pouvoir encore remercier Kambly et d'autres de leurs délicieux produits,tout cela n'est-il pas aussi un manière de percevoir une entité invisible ayant toujours eu à coeur de savoir les Suisses bien nourris avec des aliments de qualité et ce grâce au travail de nombreux collaborateurs auxquels on ne pense pas très souvent et pourtant.Mais c'est mon chemin personnel,à chacun le sien bien évidemment
Toute belle soirée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 23/01/2012

Je conseille le livre suivant :

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/22236

L'important est que les églises sont désertes.

Écrit par : Johann | 24/01/2012

Un peu long pour paraitre dans votre blog !!!!

Écrit par : Corto | 24/01/2012

Non Dieu n'est pas mort! Où est-il?
Albert Nolan OP, dans

"Dieu en Afrique du Sud"
http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=1904

"Jésus avant le christianisme"
http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=5578

"Suivre Jésus aujourd'hui"
http://www.culture-et-foi.com/coupsdecoeur/livres/albert_nolan.htm

La pensée et ce qu'Albert Nolan a écrit, et écrit encore, sont tout-à-fait en harmonie avec Frédéric Lenoir dans ses écrits tout empreints d'une foi simplement, humainement vécue.

Écrit par : cmj | 25/01/2012

On parle de D.ieu, pas de Jésus-Christ, ça suffit le prosélytisme automatique !

On ne peut pas parler de "croyance(s)" personnellement je ne crois pas à la croyance, je parlerai de quelque chose qui pourrait me regarder.

Je ne l'appellerai même pas, de peur de le distraire, mais c'est certainement cela qui m'empêche de commettre certaines choses, comme mentir, voler, tuer, comme faire du prosélytisme, de la politique (ah ah), d'être journaliste à la TDG (oh), ou alors simplement oeuvrer pour le mal !

Voilà, tant que je serrai vivant, "IL" ne sera pas mort !!!

Écrit par : Corto | 27/01/2012

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