12/01/2012

Affaire Hidebrand:deux dangers

Affaire Hildebrand : deux dangers

 

C’est une affaire entendue, Philipp Hildebrand ne pouvait plus que démissionner. Deux mails successif semblent montrer que, d’abord il n’avait pas mesuré l’erreur de l’opération de change menée par sa femme puis qu’il l’a sentie et a interdit à son gérant de fortune personnelle toute nouvelle opération de ce genre. Trop tard. Qu’il n’ait en rien voulu spéculer dans un but d’enrichissement, on peut le croire. Que sa femme, qui le dit dans ses excuses, n’ait pas vue malice et ait simplement voulu avoir des dollars qu’elle utilise pour son activité de galeriste internationale, on peut la croire.  Que ces deux ne soient nullement un couple infernal et cynique, c’est évident. Il n’y a donc pas de quoi en faire un scandale national. Il y avait de quoi entamer une crédibilité et une confiance dans l’institution. La démission s’imposait. C’est regrettable mais c’était inéluctable.

Au fond, l’homme n’avait pas intériorisé tout ce que comportait sa mission. IL n’avait pas fait adhérer sa femme à ce que ce poste impliquait en termes d’exigence, de retenue, de transparence et de concordance absolue avec la mission nationale qui était la sienne. C’est une démonstration selon laquelle les critères de légalité, d’honnêteté ne suffisent pas dans certaines charges. Il y faut comme un surcroît d’éthique et une cohérence sans faille.  En fait, cet événement, comme d’autres qui l’ont précédé, telle l’affaire UBS,  prouve si besoin était que le libéralisme sans support éthique solide ne peut que subir des perturbations, de la méfiance, un affaiblissement au sein de la société. La régénération, la restauration de l’éthique personnelle dans le système détermineront son avenir à long terme.

En effet, le système économique, financier libéral suppose un degré de confiance élevé. De même, la démocratie libérale qui est la nôtre demande cette confiance. On voit que d’aucuns, dès qu’ils reniflent une faille, qu’ils débusquent une erreur, un couac se précipitent dans une dramatisation habilement orchestrée. Distiller systématiquement la méfiance est l’arme et aussi la drogue de certains politiciens et de certains journalistes. Alors, quand ils peuvent sauter sur une véritable erreur, quelle aubaine. Le chasseur se pourlèche les babines en harcelant sa proie. Et ‘on se pare du drapeau du justicier au nom du peuple contre ces élites financières, économiques, politiques que l’on juge déconnectées de ce peuple vertueux. Il faut le dire clairement : l’UDC blochérienne, --qui n’est pas toute l’UDC--, ressent un besoin de se refaire une santé après des déconvenues électorales  l’automne dernier. Quoi de mieux pour relancer une image qu’une affaire Hidebrand-BNS ?

Si, encore une fois, cette affaire rappelle l’exigence d’éthique, de repères essentiels à observer il importe tout en même temps de s’opposer à la propagation d’une méfiance généralisée. Remettre une chose en place, c’est bien. Tout secouer pour une exploitation électorale et personnelle n’est pas servir le pays. Sans parler de l’utilisation d’informations reçues grâce à une fuite au mépris d’un secret bancaire que l’on prétendait défendre. S’il s’agit de servir le pays, la sauvegarde du rôle essentiel de la BNS, avec son indépendance et sans  pression politique constante, doit être voulue par une majorité politique ferme tant au Conseil fédéral qu’au Parlement. Une fois de plus, Pascal Couchepin, sur l’antenne de la Radio romande à l’émission Forum a eu un commentaire très clair à ce sujet, en homme d’Etat PLR qu’il était et qu’il est resté. Non, la confiance qui est le ciment de ce pays ne sera pas jetée aux orties.

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Commentaires

L'intervention de Pascal Couchepin était simplement lamentable. "Je ne veux pas croire qu'un conseiller fédéral ait eu le culot de porter connaissance à l'Autorité suprême de contrôle de la BNS, le CF, de documents volés à la banque Sarasin". Personne en Suisse n'a eu autant d'outrecuidance pour transformer l'affaire Hildebrand en affaire Blocher.

Écrit par : Géo | 12/01/2012

Bon retour parmi nous Monsieur Eggly ,heureuse de pouvoir vous lire à nouveau

Écrit par : lovsmeralda | 12/01/2012

Dans le couple Hildebrand, c'est Madame qui porte la culotte, Monsieur ...n'est qu'une lopette !

Écrit par : Victor Winteregg | 13/01/2012

J'apprécie beaucoup vos billets. Ils ont très souvent excellents,tant dans le fond que dans le style. Par contre pour la lecture, je crois qu'il serait judicieux de choisir une autre police.

Écrit par : Jean | 13/01/2012

@J-S.Eggly Cette histoire DSK number twoo montre bien le climat dans lequel on est entrain de déraper vertigineusement.C'est-à dire vers une mentalité Stasi.Si un réchauffement existe c'est bien celui des esprits qui grâce à ce genre d'affaire n'ayant pour preuve que des écrits journalistiques , surtout si l'on sait le genre de fuites existant à Berne ,autant la mettre en parenthèse tout simplement. La rumeur bat son train dans notre pays,la France en a fait son chou blanc avec le Scandale Fictif du RER suite à un faut viol ayant mis sens dessus dessous même l'Elysée et tout le sérail ministériel de l'époque.
Ensuite on entend faut vivre avec son temps!On voudrait bien mais à condition que justement toutes ces affaires liées à une forme de plus en plus vulgaire nommée délation cesse de réveiller les démons endormis.Qui sait,peut-être est-ce fait exprès?
Vous pourriez me dire,si on le sait on peut réagir dans le sens non recherché et là je peux répondre , à condition que la gauche ou autre parti n'ayant de politique que l'envie d'un salaire envié chez d'autres vous laisse vivre votre vieillesse sereinement.Ce qui malheureusement dans notre pays devient de plus en plus impossible car on cherche à faire payer aux plus âgés même en couple le manque d'argent tellement décrié par une jeunesse qui ne demande qu'à naviguer sur le Net plutot que dans le monde du travail qui lui à l'inverse d'Internet permet d'obtenir une AVS
Très bonne journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovsmeralda | 14/01/2012

On a parlé de complot mais sans trop insister.
Or en examinant les choses on se rappellera que :
1) Blocher fut évincé du Conseil Fédéral ce qui ne lui a pas plu du tout.
2) Evelyne Widmer-Schlumpf l'a remplacé et fut pour cela évincée de l'UDC
3) le banquier de la banque Sarasin qui a transmis les informations à Blocher est un UDC
Et voilà. Blocher tenait sa vengeance. Discréditer Evelyne en déstabilisant Hildebrand et en le forçant à démissionner.
S'il y a eu erreur de sa part, il est indéniable qu'il y a eu magouille de la part de Blocher. Tout ça n'est donc qu'un coup politique.
Le malheur est que la Suisse elle-même est discréditée dans le monde entier. Et Blocher aurait du y penser, lui qui est si farouche dans la défense de ses intérêts.

Écrit par : Lambert | 15/01/2012

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