04/12/2011

Le grand rendez vous d'Olivier Jornot

Il y a des personnes que la fonction grandit. Il y a des personnes qui ne grandissent pas avec la fonction. Le pari, ici, est que la fonction de Procureur général va grandir Olivier Jornot, élu jeudi dernier pour deux ans à ce poste par le Grand conseil. Il sera candidat, dans deux ans, pour un mandat normal de six ans.

Entendons nous bien. Olivier Jornot est déjà une personnalité publique dont l’intelligence, les talents,  la capacité d’engagement et de travail sont largement reconnus. Il a été un brillant Président du Parti libéral et il est qualifié de meilleur député du Grand Conseil par ses pairs et les observateurs. Mais il a aussi nourri des crispations à son endroit. Assez tranchant dans l’expression d’opinions politiques bien arrêtées, peu indulgent envers ce qui ne lui paraît pas respirer l’intelligence, bref, assez marqué, typé il ne semblait pas être le candidat du consensus aux yeux, notamment de la magistrature. Sa venue est crainte par d’aucuns.


Eh bien, on a envie de dire tant mieux : à condition que… ce nouveau Procureur venu de l’extérieur du sérail va arriver avec son œil neuf, son énergie, sa capacité de prendre les décisions qui s’imposeront. Tant mieux si une politique claire du Ministère public inspire les juges, stabilise la police et si, donc, la population a enfin le sentiment que cela s’inscrit dans une vraie, ferme, complète et juste politique de sécurité. Tant mieux si cette forte personnalité permet de mettre de l’ordre dans la maison et de doter le Ministère public et les magistrats des moyens nécessaires.

Tout cela à condition qu’Olivier Jornot endosse parfaitement son nouvel habit. S’il doit faire valoir sa forte personnalité, il doit faire oublier sa forte connotation politique. Selon la formule consacrée, un peu bateau mais juste, il doit être le Procureur général de tous les Genevois, et le chef de file respecté de toute la magistrature. Il doit être l’interlocuteur incontesté, dans la confiance, de tous les partenaires, politiques et autres, des avocats de tous ceux qui sont concernés par le bon fonctionnement de la Justice. Cela dans une période rendue encore plus délicate avec l’exigence d’adaptation aux nouvelles règles légales de procédure. Il devra développer une capacité de dialogue, de travail en équipe et adoucir d’un peu d’indulgence les vérités nécessaires à dire.

Eh bien, les premières déclarations d’Olivier Jornot, l’élu à la fonction de Procureur général, vont toutes dans le bon sens. Il a nettement pris la mesure de la fonction et des enjeux. Il y a une très bonne chance d’avoir trouvé l’homme qu’il fallait à la bonne place ; et que tous s’en rendent compte assez vite.  Le pari est lancé : Olivier Jornot sera à la hauteur de son grand rendez vous.

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Commentaires

Que Dieu vous entende Mr Eggly, car jusqu'à maintenant on voit bien que le Ministère est dirigé par les politiques et par quelques avocats très très influents.

Écrit par : Blanc | 04/12/2011

Que va devenir la commission judiciaire du Grand Conseil ? Qui pourra en deux jours rendre un rapport sur un sujet complexe ? Qui pourra expliquer sans parti pris les méandres d'un projet de loi tarabiscoté ? Un procureur arrive un pédagogue s'en va..... tiens ça me fait penser à Théodore de Felice.
Je lui souhaite bonne chance et regrette déjà de ne plus pouvoir ferrailler sans animosité en plénière avec lui
P.Losio

Écrit par : Pierre Losio | 05/12/2011

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