17/10/2011

Primaires: pas que du mieux

Le Parti socialiste français considère que ses primaires aboutissant à désigner son candidat pour l'élection présidentielle ont été un très grand susccès et que l'événement est historique. La Droite n'a pas manqué de se demander bruyamment comment le candidat dit de tous fera la syanthèse entre l'aile droite et l'aile très à gauche de son parti; sans parler d'une main tendue aux écologistes, à l'extrême gauche et une autre ouverte vers le Centre. On verra bien. Ce n'est pas le propos ici.

L'interrogation porte surtout sur l'opération elle-même. On souligne la légitimité du candidat. Mais observons que pouvait voter, choisir quiconque, sans être membre du parti socialiste, déclarait son empathie pour la gauche en versant une obole. Ce n'est donc pas un acte fort et concentré sur les militants socialistes fortement engagés; comme lorsqu'une Assemblée des délégués ou un Congrès désigne son candidat. Autrement dit, le candidat issu de l'opération conduite par son parti est déjà un peu porté par des courants que le débordent. Annonce d'un large rassemblement mais dilution aussi d'une certaine identité. Le PS français se réjouit d'avoir montré que l'on ferait désormais de la politique autrement mais il ne sent peut être pas que lui-même pourrait bien ne plus jamais être tout à fait le même. En s'aventurant un peu loin dans les hypothèses d'évolution, on peut s'interoger: un jour, tous ces actes politiques se feront-ils par internet, avec des questions adressées à tous? Un questionné pourrait par exemple choisir  Hollande comme candidat socialiste puis voter finalement  Sarkozy. A ce point d'une telle évolution, entre sondages et opérations électroniques que resterait-il comme rôles aux partis? Que resterait-il du militantisme et d'un vrai engagement citoyen? Affaire à suivre, comme on dit.

Tout cela donne à penser que la Suisse a de la chance d'avoir un régime fédéraliste. Et l'UDC n'a pas raison de souhaiter une élection du Conseil fédéral par le peuple. Faudrait-il, en plus, que chaque parti impliqué dans la formule magique organise des primaires populaires compliquées? Non, la désignation de nos candidats au Parlement par les partis cantonaux et l'élection des conseillers fédéraux par le Parlement élus sur proposition des Groupes parlementaires: c'est vraiment le meilleur système pour nous. Celui, aussi, qui laisse encore de la place à de la vraie politique et ne glisse pas dans une démocratie de brassage informatique.

 

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Commentaires

Ces "primaires" socialistes ont eu l'inconvénient de supprimer 5 des six papables à la candidature présidentielle. Elles ne sont donc démocratiques, oui, qu'en apparence. A l'image de la "démocratie" française: une monarchie républicaine. Avec un subsitut de "papa" ou de roi.

Cela dit, pourquoi, en Suisse, les 26 Etats et semi-Etats et la Confédération auraient-ils le droit exclusif de sonder et même de capter la volonté populaire par des moyens électroniques ?

Vivement que les partis puissent être soulagés, financièrement et humainement, des collectes de signatures sur la voie publique pour nos referenda et initiatives populaires.

Une rectification de la symétrie s'impose.

Quel élu fédéral osera-t-il militer pour cette extension des droits populaires et ne plus en laisser le monopole aux autorités en place ?

Le rôle des partis, dont le principal rôle consiste à favoriser la formation de l'opinion dans une joyeuse cacophonie de prises de positions, n'en serait que valorisé. Il en irait de même de notre démocratie. Après le vote par correspondance qui remporte un vif succès, bienvenue à la récolte de signatures par voie électronique pour les pétitions, les initiatives populaires et les referenda. Avec toutes les précautions techniques souhaitées.

Certains ont la mauvaise inspiration de réclamer l'élection du Conseil fédéral par le peuple.

Opposons une résistance farouche à cette proposition à moins de vouloir souhaiter que Federer ou Rochebin dirigent nos ministères:-) !

Et favorisons, simultanément, l'expression du peuple par la voie électronique , rapide, sécurisée et d'accès facile pour (presque) tous.

Écrit par : Louis-Pierre Werner | 17/10/2011

Un bel exemple d'article d'une totale vacuité. On sait que vous n'amez pas la gauche, ce dont le bon peuple se fiche éperdument.

Et puis, le parallèle avec la Suisse "fédéraliste" est sans valeur ajoutée en plus de participer d'une arrogance condescendante typiquement helvétique, surtout lorsqu'il s'agit de pérorer sur la France, cette grande soeur que l'on n'aime pas...

Bref, vraiment n'importe quoi. Le silence est d'or.

Écrit par : Déblogueur | 17/10/2011

Je vous approuve! Avec ces primaires qui diluent les choix et décisions d'un parti (qui perd sa spécificité de “parti”!) quelle signification peut encore avoir l'engagement politique?
Si tout un chacun, en payant son obole symbolique de 1 euro et en se déclarant sympathisant, peut choisir le candidat dudit parti, il y a à parier que, par perfidie, certains stratèges vont même torpiller ces élections en choisissant le maillon faible pour favoriser secrètement le candidat d'un autre parti.
Ces primaires donc, loin de favoriser l'engagement politique et le courage, risquent d'exacerber les lâchetés et coups bas.

Écrit par : Michèle Roullet | 17/10/2011

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