08/10/2011

Droits de l'homme mieux secourus? A voir!

Droits de l’homme mieux secourus ? A voir !

 

Dieu que l’observation de la politique internationale laisse perplexe, fait balancer l’esprit entre optimisme et pessimisme. La doctrine Brejnev avait développé le droit d’intervention dans un pays au nom de la solidarité communiste contre la menace impérialiste. Ainsi en fut-il en 1956 pour remettre la Hongrie au pas et en 1968 pour passer directement du printemps de Prague à l’hiver. A vrai dire, les interventions des Etats- Unis en Amérique centrale et du sud furent souvent des remises au pas analogues. Alors, on se dit qu’il y a progrès. Réaction militaire efficace contre la tentative serbe de récupérer tout pouvoir au Kosovo en en chassant les Kosovars albanais. Ces derniers, d’ailleurs ayant démonté, preuves récentes à l’appui, qu’ils étaient tout sauf des enfants de chœur. Etablissement d’un Tribunal pénal international qui fait peur aux tyrans, aux dictateurs car ils savent qu’ils risquent de rendre un jour compte de leurs forfaits au nom d’une morale internationale   protégeant les droits de l’homme. Enfin, et ce n’est pas fini,  support décisif, en Libye, aux insurgés contre Kadhafi . On respire. Il y aurait donc progrès. A défaut de voir partout des régimes démocratiques, verra-t-on bientôt des pratiques garantissant le minimum proclamé des droits de l’homme ? La Communauté internationale, rassemblant sur ce point un consensus pouvant brandir le drapeau de l’ONU, est-elle en passe d’établir un ordre juridique et humanitaire prometteur ?

Des progrès, il y en a, indéniablement. Mais il y a ce qui les contredit péniblement. Tantôt c’est l’aspiration à plus de justice qui apparait, tantôt c’est le réalisme, la défense des intérêts particuliers et  un oubli des valeurs fondamentales qui l’emportent. L’exemple est flagrant avec la Syrie. Certes, un renversement du régime soulèverait des inconnues, comme en Libye et même en Egypte et en Tunisie. Un intégrisme religieux dangereux pourrait-il succéder aux dictatures plus ou moins laïques ? Il n’empêche que la répression en Syrie est épouvantable. L’Onu , là, ne fait rien,---deux poids deux mesures---, car la Russie et la Chine ont dit d’emblée qu’elles opposeraient leur veto à toute proposition d’intervention. Les Etats-Unis dénoncent ce blocage mais ils sont eux-mêmes mal placés pour le dénoncer. Il n’y a pas de comparaison mais la situation des Palestiniens est intolérable. Même en retenant toutes les guerres et le terrorisme auxquels Israël a  courageusement fait face , il est impossible de justifier la colonisation systématique des territoires occupés en Cisjordanie depuis 1967. Impossible de justifier le corset de fer dans lequel sont enserrés les Palestiniens. Dans ce contexte, comment ne pas regretter que le Président Obama ait annoncé le veto américain à idée d’une reconnaissance internationale d’un Etat palestinien ? On comprend tout de suite la raison. Déjà engagé dans sa pré-campagne électorale pour obtenir un deuxième mandat à la présidence il ne peut se mettre à dos les électeurs et les groupes de pression pro-Israël : particulièrement les milieux juifs et évangéliques. Il en résulte une perte grave de crédibilité morale des Etats-Unis dans tout le monde arabe, y compris chez les gens les plus ouverts à un vrai dialogue israélo-arabe. Et la perte de crédibilité est plus large encore. Elle retombe sur l’ONU qui devrait pourtant être le creuset d’un ordre mondial où la politique et l’économie devraient intégrer la dimension éthique et humaine. A vrai dire, l’ONU ne pourra continuer éternellement à fonctionner avec un Conseil de sécurité déterminant où cinq membres permanents, autoproclamés au lendemain de la deuxième guerre mondiale, conservent jalousement chacun un droit de veto anachronique.

Dans ce monde où progrès et reculs alternent continuellement, il ne faut ni s’envoler vers l’angélisme ni sombrer dans le pessimisme. Les hommes et les nations sont ce qu’ils sont : capables du meilleur et du pire. Il faut travailler à fortifier le meilleur, à neutraliser le pire. Donner du temps au temps mais sans cesser de bouger. C’est dans cet esprit que l’on aimerait percevoir l’action du Parlement et du Gouvernement suisses qui seront bientôt élus pour quatre ans.

 

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