01/06/2011

Le monde en interrogations

Le monde en interrogations

 

La grande question que chaque petit homme devrait se poser est celle-ci : sommes- nous conscients de ce qui se passe dans le monde, des grandes évolutions en action, des conséquences et de la portée de certaines décisions, du sens où va l’histoire qu’il soit irréversible ou tordu par tels ou tels personnages ? Pouvons-nous être un peu des acteurs d’une histoire que nous comprendrions où sommes-nous des figurants, parfois agités, sur une scène dont la mobilité nous échapperait ?

En tout cas, que d’interrogations en cours ! Prenons le dossier nucléaire. Bien sûr, la catastrophe au Japon ne peut qu’inciter les responsables politiques à planifier une sortie du nucléaire. Mais à quel prix ? Remplacer par un surcroît d’énergies fossiles polluantes ? A plein gaz ? Tabler sur une conjonction d’économies d’énergie et de recours très accru aux énergies douces : le soleil, le vent, le couplage thermique ? Croit-on que cela suffira, par exemple en Europe, pour compenser la part du nucléaire ? L’Allemagne ne va-t-elle pas en importer de France ? Et puis, si dans vingt ou trente ans, la recherche nucléaire avait fait des progrès tels que cette énergie redeviendrait opportune ? Certes, il y a cette vertigineuse inconnue des déchets. Au fond, Doris Leuthard a probablement la seule attitude possible en prônant une planification de sortie mais en n’excluant pas une nouvelle évaluation ultérieure. Et un Philippe Roch a probablement une position philosophiquement cohérente en ne croyant pas aux substitutions massives de ressources  mais en rêvant d’un changement total dans la manière de vivre. Seulement, qui le voudrait vraiment, avec les conséquences économiques et sociales que cela entraînerait ? Alors, durant les décennies à venir, on va faire semblant d’opérer des choix décisifs ; mais on sera contraient de naviguer à vue.

La sécurité du monde, maintenant. Oui, il faut en finir avec le régime Kadhafi. Mais comment, ensuite, , accompagner la naissance d’un régime vraiment démocratique ? Et le sera-t-il ? C’est une question qui se pose à propos de tout le printemps arabe. Et comment faire avec la Syrie ? Et quel impact sur le problème israélo-palestinien. Ici, on touche un sujet tellement délicat. Chaque fois que l’on critique la politique d’Israël, on encourt des réactions très vives de la part de personnalités juives pour lesquelles on a, d’ailleurs, la plus grande estime. Mais on touche à une sensibilité à vif. C’est compréhensible. Israël est né au forceps, dans la lutte pour sa survie face à des états arabes naissants qui voulaient l’étouffer. Et seule sa résolution, sa force ont longtemps assuré sa sécurité. Le paroxysme fut sa guerre préventive victorieuse de 1967 face à un Nasser exalté. Il y a donc une logique dans l’intransigeance israélienne. Mais comment ne pas comprendre aussi l’autre côté. Des Arabes, particulièrement des Palestiniens qui ont dû constater une immigration massive de Juifs, notamment en suite de la deuxième guerre mondiale. L’Occident avait une mauvaise conscience pour des horreurs que eux, les Palestiniens, n’avaient pas commises. Si les Juifs immigrés ont eu le sentiment d’être trahis par les Anglais, d’où un terrorisme juif contre eux aussi, à l’époque, que dire du sentiment des Arabes et des Palestiniens à cet égard ? Ben Gourion, d’ailleurs, comprenait que les Arabes, en 1948, ne pussent accepter mais il concluait que les Juifs devaient accomplir leur destin et s’imposer sur cette terre par la force. Mais après 1967 ? Pourquoi cette colonisation effrénée dans les territoires occupés ? Quelque 500.000  Juifs installés, y compris à Jérusalem-est. Evidemment, le Premier ministre qui dirait qu’il faut se retirer risquerait gros. Rabin fut tué pour moins que cela.  Justifier ces annexions de fait par des impératifs de sécurité ? C’est ce que dit le premier ministre israélien. Il est contredit par un ancien ministre des affaires étrangères qui s’est exprimé de manière frappante dans le Journal Le Temps. La sécurité d’Israël, dans la durée, est de vivre dans des frontières internationalement reconnues, aux côtés d’un Etat palestinien au territoire homogène et cohérent. Naturellement, Il y faudra des garanties de sécurité aux frontières et une reconnaissance sans ambiguïté d’Israël par un pays comme la Syrie, par des autorités palestiniennes très claires à ce sujet ; au contraire du Hamas actuel notamment. L’espoir, c’est que des deux côtés, il y a des personnalités qui disent de plus en plus cela. C’est beaucoup mieux que si c’est quelqu’un comme l’auteur de des lignes qui peut toujours être accusé de ne pas voir la réalité et de ne pas être en empathie suffisante avec les intéressés.  

Alors on se prend à rêver. Des pays arabes devenus démocratiques, soucieux du droit international et proclamant une pleine reconnaissance d’Israël.  Des >Palestiniens enfin reconnus chez eux, et vivant de mille façons avec leur voisin israélien. Un Etat d’Israël trouvant dans la générosité et le retour à sa grande référence de justice une vraie garantie de sécurité. Un Etat pouvant redevenir, aux yeux d’un occident  dont la conscience doit garder la mémoire de la Shoah, l’incarnation d’une filiation culturelle et spirituelle nous appelant tous à l’exemplarité. Est-ce un rêve, ou tout cela continuera-t-il d’aller   d’impasse en impasse sanguinaires, avec une lourde hypothèque pour une intégration du monde musulman dans l’équilibre général ?

Voilà l’évocation un peu lourde d’une interrogation. Il y en a d’autres. Certes, il appartient d’abord aux personnes en responsabilité politique de réfléchir et d’agir. Mais, dans une société démocratique, ces responsables se nourrissent des réflexions et qui doivent se faire jour dans l’opinion. Car toutes ces questions ont trop de portée pour que l’on y réponde par l’indifférence. Tous nous devons chercher des chemins.  

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Commentaires

Une chose est sûre ne jamais faire confiance à Bruxelles on le voit avec l'affaire du concombre espagnol plus incapables que ces technocrates qui essayent aussi de manipuler notre parlements sont en fait des gens mourant même de peur devant leur ombre,et l'on comprend mieux les anciens affligés de voir notre gouvernement chercher à satisfaire les caprices de ces bureaucrates!
avec tout le respect que je vous dois!
bonne journée à vous

Écrit par : lovsmeralda | 01/06/2011

en réalité facebook est une bombe à retardement interplanétaire et nos anciens politiciens auraient senti le vent tourner,on ne peut vous accuser de tous les maux une partie de l'électorat croyant dur comme fer que ce sont les politiciens qui doivent prendre en main leur vie,on croit réver mais un danger subsiste car des groupes néo je ne sais quoi font croire au pire et du même coup freinent ce qui devrait être régler depuis très longtemps,on tourne en rond tandis que d'autres s'installent sans scrupule faisant croire a des belles fausses promesses encore plus insidieuses que celles de certains partis qui ont réussi bien malgré eux à programmer une descendance d'inquisiteurs et enquiquinneurs auxquels le peuple est prêt à croire comme au père Noel,nous qui avons vécu sans TV et sans voiture on sent un danger encore invisible mais d'autant plus dangereux et nous demandons aux politiciens d'accorder vigilence il y a va de la sécurité des jeunes,mais peut-être est-ce trop tard!

Écrit par : lovsmeralda | 01/06/2011

Bah, comme croire encore les propos provenant d'une tendance politique qui a systématiquement travaillé pour ses propres intérêts, sacrifiant toute la génération suivante dans des domaines comme le marché du travail, de la sécurité, des allocations de chômage, de la justice, etc.
Bref, une machine a créé des gauchistes, et pour contrer ça, vous allez marcher sur le terrain, oh combien décrié en son temps par votre parti vis-à-vis du diable personnifié que "représente" l'UDC, du thème de la sécurité pour les prochaines élections. Mais, tout comme vos amis de parti, une fois élu, aucune mesure ne sera entreprise pour renforcer la sécurité. Soit une vaste supercherie !
Et sinon, un petit commentaire sur le Stade de Genève ?
Signé : Bob

Écrit par : Bob | 02/06/2011

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