26/05/2011

PLR:belle naissance malgré les grincements de dents

PlLR : belle naissance malgré les grincements de dents

 

Mardi dernier fut une soirée historique pour la famille libérale genevoise. Les partis libéral et radical se sont fondus pour donner naissance au nouveau grand parti libéral-radical (PLR). Un homme est sorti grandi de cette soirée, Cyril Aellen, le Président du parti libéral. Tout, en effet, pouvait le conduire à viser le titre et la fonction de premier président du nouveau PLR ; notamment le fait que le parti libéral était électoralement le plus important et qu’il avait été un vrai président capitaine, tout en étant toujours soucieux de permettre à l’interne des débats très ouverts. Mais, chez les dirigeants radicaux, il portait le drapeau de l’acceptation par les Libéraux de laisser leur candidate au Conseil administratif de la ville être portée sur la liste UDC. Cela suscita une crainte et une irritation chez Pierre Maudet et d’autres personnalités radicales. Il en est aussi résulté un coup bas journalistique, soit une attaque de bas étage dans le Matin dimanche contre le Président libéral ; article que certains libéraux ont dénoncée comme étant téléguidée. Bref, c’était soudain mal parti et le risque semblait poindre d’un blocage de dernière heure. Dans les cercles dirigeants radicaux on ne voulait pas de Cyril Aellen comme premier président du PLR. Dans les cercles dirigeants libéraux, se faisait jour l’indignation devant les attaques, un réflexe de solidarité et la tentation d’imposer leur Président en force par un vote majoritaire. Eh bien, afin de ne pas être un obstacle à la naissance d’un PLR pour le projet duquel il avait tant œuvré, Cyril Aellen a renoncé à son ambition légitime et n’est pas candidat à cette fonction. Honneur à lui. Je le répète : par ce geste, il a couronné son action de grand président et est entré dans la race des seigneurs libéraux : ceux qui mettent l’intérêt général au dessus de leur propre sort et ne les confondent pas. Puisse cet homme capable de cela se retrouver bientôt dans une candidature à une fonction politique importante, à commencer peut être par celle de député au Grand conseil. 

L’élection de la Présidence du PLR aura lieu ce 30 mai prochain. Ce sera important. Mais l’essentiel fut cette naissance d’un rejeton muni de statuts équilibrés. L’essentiel sera le suivi de l’élan initial. Puissent les réunions du PLR mobiliser les militants qui étaient si nombreux lors de cette soirée historique. Certes, il y a de la nostalgie, de l’émotion chez les Libéraux comme chez les Radicaux. On ne change pas de peau si facilement. Il y a des histoires, des racines différentes. Aujourd’hui encore, le pli radical est plus étatiste que le pli libéral. Mais l’évolution du paysage politique suisse et genevois a changé la donne. En regard d’une UDC si forte à l’échelon national, dont la section genevoise est une branche bien attachée mais débordée sur la droite par un MCG agressif, il faut une force libérale au sens large qui soit un repère clair et solide. Ce qui a conduit les deux formations au mariage est infiniment plus décisif que ce qui pouvait les en empêcher. Ce mariage est à l’unisson du PLR fédéral. D’ailleurs, tandis que les appareils dirigeants, le nez un peu sur le guidon et l’esprit agité par les irritations réciproques, se jaugeaient, les bases avaient déjà franchi le pas. Mardi soir, 24 mai, les deux assemblées ont dit oui au mariage par deux véritables plébiscites.

Désormais, il va s’agir de bien définir la substance de ce PLR : ses valeurs, son comportement politique dans la confrontation démocratique, ses buts et sa ligne d’action. On aura besoin, à cette fin, d’établir une confiance réciproque, un désir de travailler ensemble au sein de ce PLR. Dans la mesure du possible, il faudra neutraliser les egos surdimensionnés. Il importe que la Présidence soit forte, d’esprit libre et non pas aux ordres de tels ou tels caciques. De même pour les autres organes. Il y a un dynamisme à imprimer, une culture de dialogue à garantir et une présence cohérente à montrer. Ainsi se gagnera peu à peu la confiance. Ainsi se prépareront, peu à peu les succès futurs. Il faut souhaiter non seulement longue mais surtout belle vie à ce nouveau Parti génétiquement bien pourvu.

 

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16/05/2011

DSK:le pouvoir, le sexe, l'argent

DSK : le pouvoir, le sexe, l’argent

 

Qui peut se réjouir de voir un homme public de grande envergure jeté à terre, humilié devant les feux de la rampe, probablement brisé ? Qui peut être indifférent au choc pour sa femme, ses enfants ? Bien sûr, si les faits dont on l’accuse sont avérés, l’affaire est grave. Bien sûr, si c’est vrai, la femme contrainte à un acte sexuel et violentée à cette fin mérite que la justice en tire la conséquence. Personne n’est au dessus de la loi. Mais, en l’occurrence, il y a inégalité de traitement dans le sens inverse de ce que l’on dit ; car c’est en raison de sa notoriété que la police new Yorkaise a voulu que DSK paraisse dans toute son humiliation devant les preneurs d’image. Il y a un exhibitionnisme de la police et de la justice américaine qui incite au voyeurisme. Les Américains trouvent que cela s’appelle de la transparence. On peut estimer que c’est un non respect vulgaire de la personne mise en examen. Et cela contredit totalement le principe de la présomption d’innocence. On hisse presque l’accusé sur la potence avant qu’il ne soit jugé ; quitte à l’en faire descendre ensuite, mais le mal est fait.

Attendons la suite de la procédure. Ne préjugeons pas du jugement. Cela étant, il est connu que DSK est accroc au sexe et qu’il a une propension à se comporter vis-à-vis des femmes au-delà d’une drague un peu insistante qui n’effarouchent pas tellement les Français, ni souvent les Françaises d’ailleurs. Lui glisserait facilement vers le harcèlement. Mais même s’il se maîtrisait mieux, il ne serait pas en concordance avec une Amérique puritaine, dont c’est un des traits les moins plaisants. D’ailleurs regardez les femmes américaines, notamment à la télévision ; elles font peur. On n’a aucune envie d’être un homme américain et on bénit le ciel d’être en Europe ; là où l’on peut encore regarder une jolie femme et lui tenir la porte d’un ascenseur sans être poursuivi en justice. Encore une fois, cela n’excuse pas DSK si les faits reprochés sont réels. ON demande à voir.

Cela étant, les journalistes ont demandé à des psychiatres, à des sexologues si les politiciens étaient plus vulnérables que d’autres à un certain érotisme. Evoquant l’excitation lors d’émissions de radio ou de télévision, l’auteur de ces lignes a osé parler d’érotisme cérébral. C’est indéniable. Ajoutons à cela qu’il y a dans l’activité politique un désir de séduire qui peut facilement glisser vers un comportement de séducteur. Ajoutons encore ce sentiment plus ou moins grand, selon la fonction ou le mandat, d’avoir du pouvoir visible. Enfin, même si cela n’est guère le cas en Suisse, il y a les avantages matériels qui accompagnent souvent la fonction publique. Sur ce point, La France et les Etats Unis se ressemblent. Sur ce point, DSK et Nicolas Sarkozy apprécient les mêmes chambres d’hôtel ressemblant peu à une roulotte en camping.

Au fond, faut-il vraiment se formaliser de ces travers narcissiques si répandus mais favorisés par l’activité politique ?  Tout est question de mesure, de maîtrise et d’arrêt avant un dérapage fatal. En fait, la limite tient au respect de la personne, par exemple de la femme qui n’entre pas, ou pas plus loin que…dans le jeu de la séduction et, surtout, dans l’absence de tout comportement violent, de toute action de contrainte. Finalement, c’est la vraie question grave. DSK est-il capable de violence sexuelle ? Cet homme si brillant peut-il, dans certaines circonstances, oublier d’être homme et lâcher en lui la  bête fondant sur sa proie ? On aimerait que la réponse soit non, aussi pour protéger les politiciens <normaux> d’un soupçon trop lourd de par un amalgame qui serait regrettable.  

 

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10/05/2011

Politique: l'autosatisfaction ne paye pas

 

En cette année électorale, les sondages fleurissent. Les questionnaires aussi. Les Partis en ressortent avec leur image. Le PLR, lui, en sort perplexe. Les gens, en effet, considèrent, dans leur majorité, que le Suisse se porte assez bien et qu’eux-mêmes demeurent assez satisfaits de leur sort.  Précisément, le PLR répète que c’est lui particulièrement qui a permis cette prospérité encore frappante, malgré les franges vulnérables ; que c’est lui qui a garanti la stabilité politique ; lui encore  qui incarne la continuité d’un Etat créé par les siens en 1848.

Or, cette adéquation entre ce qu’il entend incarner et la satisfaction générale relative qui est exprimée par les sondés ne paraît pas lui profiter dans les prévisions électorales pour octobre prochain. Cherchez l’erreur.  Le fait est que l’autosatisfaction ne paye pas. Derrière le sentiment que les choses ne vont pas trop mal percent des inquiétudes sur nombre de sujets :   économie,  emploi, sécurité sociale, formation, sécurité, migration, écologie et énergies, notamment nucléaire…Les électeurs attendent donc des options des propositions, des positions inspirant l’idée que les dossiers sont pris en main, que l’on peut faire confiance. Il en résulte aussi cette avancée de partis non traditionnels, Verts, Verts libéraux parallèlement à une force intacte de l’UDC. Cela ne rend pas la gouvernance du pays plus facile.

Le PDC et surtout le PLR peuvent   se sentir fiers de leur histoire mais c’est leur façon de proposer l’avenir qui compte. L’autosatisfaction ne paye pas électoralement.  Ce qu’il faut, c’est être porteur de valeurs reconnaissables, lisibles, claires et solides. C’est, en référence, d’afficher  des buts eux aussi clairs et continus.  C’est d’en déduire des propositions, des projets  précis , notamment sur les sujets sensibles. Naturellement, dès lors que l’on ne recoure pas au discours simplificateur, que l’on s’astreint à expliquer ce qui n’est pas toujours simple, que l’on rend attentif la population aux contradictions dans lesquelles se débat la politique, on ne gagnera pas des voix à la pelle. Mais, encore une fois, on pourra restaurer peu à peu une confiance et  reprendre ce rôle de pivot dont le pays a besoin. C’est donc, ici, un appel aux responsables de la campagne du PLR pour les élections fédérales. Oubliez l’autosatisfaction, donnez-nous des valeurs, des buts et des projets.

 

 

11:17 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

03/05/2011

Ben Laden mort: que vive le printemps arabe

Ben Laden mort : que vive le printemps arabe

 

Il y a toujours des gens qui jouent les rabat joie. Oui, l’attaque contre le repaire de Ben Laden et sa mort dans la fusillade sont à saluer sans la moindre réticence. Oui le dépôt de son corps dans la mer, sans humiliation et dans la dignité , a été une bonne solution. Oui, l’explosion de joie des Américains est tellement compréhensible .  L’horreur du 11 septembre 2001 était une plaie ouverte qui se cicatrisera mieux dès lors que, d’une certaine façon, justice est faite.

Certains disent que mieux aurait valu une capture et un procès. On imagine le bruit et la fureur autour d’un tel procès. Certes, Bel Laden mort restera un  symbole. Certes, des actes vengeurs sont probables. Mais la situation est plus nette ainsi. Heureusement, dans les pays arabes,   nombre de Musulmans, horrifiés par le terrorisme qui les frappe aussi, sont soulagés.

Toutefois, retenons une réaction : celle des Frères musulmans, si proches, entre autres, des frères Ramadan  nourris au berceau dans la confrérie, et dont on entend souvent chez nous les paroles enveloppantes. Ceux d’Egypte, précisément. Ils qualifient la mort de Ben Laden d’assassinat et d’acte sanguinaire de l’impérialisme américain. Les mêmes, qui ont surfé sur la révolte ayant chassé Moubarak, sont les mieux organisés, les mieux rassemblés pour les élections qui se préparent. Et leur programme est l’application de la Charia. Femmes du Caire et d’ailleurs qui espérez un été arabe durable plein d’égalité et de liberté , appelez au rassemblement électoral des forces porteuses d’un véritable esprit démocratique et non de sa couverture cachant bien autre chose.

On le voit, le printemps arabe est un espoir mais non encore une réalité durable et solide. Et puis il y a la Libye qui paie le prix du sang. La Syrie, où les manifestants courageux sont abandonnés à la répression. Pour les Européens et les deux Etats de l’Amérique du nord engagés dans l’OTAN, le défi est considérable. Il faut choisir et tenir la bonne attitude, l’action juste et efficace. Accentuer l’intervention en Libye, monter les pressions sur la Syrie ; mais aussi apporter toute l’aide financière, économique, humanitaire bien sûr, et juridique pour l’organisation de l’Etat à construire : en Tunisie et en Egypte notamment.  Dans ces domaines, la Suisse doit être engagée à fond, solidaire des autres engagés. Sans impérialisme, dans le respect des pays et de ses habitants, il s’agit de soutenir ce printemps arable et d’aider à ce qu’il porte des fruits.

Cela ne dispense ni de rester vigilant face aux menaces terroristes, de traquer ses auteurs et ses préparateurs. Cela ne contredit pas la nécessité de nous prémunir contre une immigration massive, ou son risque ; immigration qui n’aurait rien de positif, ni pour ces pays en reconstruction ni pour nos pays. Mais alors, il ne faut pas chipoter sur l’aide sur place, sous toutes les formes adéquates. Ce qui se passe là bas nous concerne.  L’oublier ne serait pas seulement une faute morale mais encore une faute politique de protée historique.

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