16/05/2011

DSK:le pouvoir, le sexe, l'argent

DSK : le pouvoir, le sexe, l’argent

 

Qui peut se réjouir de voir un homme public de grande envergure jeté à terre, humilié devant les feux de la rampe, probablement brisé ? Qui peut être indifférent au choc pour sa femme, ses enfants ? Bien sûr, si les faits dont on l’accuse sont avérés, l’affaire est grave. Bien sûr, si c’est vrai, la femme contrainte à un acte sexuel et violentée à cette fin mérite que la justice en tire la conséquence. Personne n’est au dessus de la loi. Mais, en l’occurrence, il y a inégalité de traitement dans le sens inverse de ce que l’on dit ; car c’est en raison de sa notoriété que la police new Yorkaise a voulu que DSK paraisse dans toute son humiliation devant les preneurs d’image. Il y a un exhibitionnisme de la police et de la justice américaine qui incite au voyeurisme. Les Américains trouvent que cela s’appelle de la transparence. On peut estimer que c’est un non respect vulgaire de la personne mise en examen. Et cela contredit totalement le principe de la présomption d’innocence. On hisse presque l’accusé sur la potence avant qu’il ne soit jugé ; quitte à l’en faire descendre ensuite, mais le mal est fait.

Attendons la suite de la procédure. Ne préjugeons pas du jugement. Cela étant, il est connu que DSK est accroc au sexe et qu’il a une propension à se comporter vis-à-vis des femmes au-delà d’une drague un peu insistante qui n’effarouchent pas tellement les Français, ni souvent les Françaises d’ailleurs. Lui glisserait facilement vers le harcèlement. Mais même s’il se maîtrisait mieux, il ne serait pas en concordance avec une Amérique puritaine, dont c’est un des traits les moins plaisants. D’ailleurs regardez les femmes américaines, notamment à la télévision ; elles font peur. On n’a aucune envie d’être un homme américain et on bénit le ciel d’être en Europe ; là où l’on peut encore regarder une jolie femme et lui tenir la porte d’un ascenseur sans être poursuivi en justice. Encore une fois, cela n’excuse pas DSK si les faits reprochés sont réels. ON demande à voir.

Cela étant, les journalistes ont demandé à des psychiatres, à des sexologues si les politiciens étaient plus vulnérables que d’autres à un certain érotisme. Evoquant l’excitation lors d’émissions de radio ou de télévision, l’auteur de ces lignes a osé parler d’érotisme cérébral. C’est indéniable. Ajoutons à cela qu’il y a dans l’activité politique un désir de séduire qui peut facilement glisser vers un comportement de séducteur. Ajoutons encore ce sentiment plus ou moins grand, selon la fonction ou le mandat, d’avoir du pouvoir visible. Enfin, même si cela n’est guère le cas en Suisse, il y a les avantages matériels qui accompagnent souvent la fonction publique. Sur ce point, La France et les Etats Unis se ressemblent. Sur ce point, DSK et Nicolas Sarkozy apprécient les mêmes chambres d’hôtel ressemblant peu à une roulotte en camping.

Au fond, faut-il vraiment se formaliser de ces travers narcissiques si répandus mais favorisés par l’activité politique ?  Tout est question de mesure, de maîtrise et d’arrêt avant un dérapage fatal. En fait, la limite tient au respect de la personne, par exemple de la femme qui n’entre pas, ou pas plus loin que…dans le jeu de la séduction et, surtout, dans l’absence de tout comportement violent, de toute action de contrainte. Finalement, c’est la vraie question grave. DSK est-il capable de violence sexuelle ? Cet homme si brillant peut-il, dans certaines circonstances, oublier d’être homme et lâcher en lui la  bête fondant sur sa proie ? On aimerait que la réponse soit non, aussi pour protéger les politiciens <normaux> d’un soupçon trop lourd de par un amalgame qui serait regrettable.  

 

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Commentaires

Pourquoi DSK se plaindrait-il d'une visibilité en cas de problème, tandis que lorsque es éloges le concernant sont publiées il n'est pas gêné. Il s'agit d'une personalité publique - ceci a ses bon côté, mais il faut alors aussi assumer les inconvéniants.
L'accusation ne veut pas dire condamnation.

Écrit par : Rosenbaum | 17/05/2011

"Ajoutons à cela qu’il y a dans l’activité politique un désir de séduire qui peut facilement glisser vers un comportement de séducteur"
Tout cela n'a strictement rien à voir avec un viol anal. Celui qui viole jouit de son pouvoir, et non d'un plaisir sexuel banal. On viole pour humilier la femme de patron, pour se venger de patron. Ou alors, si on est sadien, et je parierais ce que vous voulez que DSK l'est, on considère que l'autre est sur terre pour sa propre jouissance. Au passage, soyez assez gentil pour m'expliquer pourquoi des gens qui se dis(ai)ent de gauche sont de grands défenseurs de Sade : Pasolini, Buñuel...
Et lisez le témoignage de Tristane Banon.

Écrit par : Géo | 17/05/2011

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