03/05/2011

Ben Laden mort: que vive le printemps arabe

Ben Laden mort : que vive le printemps arabe

 

Il y a toujours des gens qui jouent les rabat joie. Oui, l’attaque contre le repaire de Ben Laden et sa mort dans la fusillade sont à saluer sans la moindre réticence. Oui le dépôt de son corps dans la mer, sans humiliation et dans la dignité , a été une bonne solution. Oui, l’explosion de joie des Américains est tellement compréhensible .  L’horreur du 11 septembre 2001 était une plaie ouverte qui se cicatrisera mieux dès lors que, d’une certaine façon, justice est faite.

Certains disent que mieux aurait valu une capture et un procès. On imagine le bruit et la fureur autour d’un tel procès. Certes, Bel Laden mort restera un  symbole. Certes, des actes vengeurs sont probables. Mais la situation est plus nette ainsi. Heureusement, dans les pays arabes,   nombre de Musulmans, horrifiés par le terrorisme qui les frappe aussi, sont soulagés.

Toutefois, retenons une réaction : celle des Frères musulmans, si proches, entre autres, des frères Ramadan  nourris au berceau dans la confrérie, et dont on entend souvent chez nous les paroles enveloppantes. Ceux d’Egypte, précisément. Ils qualifient la mort de Ben Laden d’assassinat et d’acte sanguinaire de l’impérialisme américain. Les mêmes, qui ont surfé sur la révolte ayant chassé Moubarak, sont les mieux organisés, les mieux rassemblés pour les élections qui se préparent. Et leur programme est l’application de la Charia. Femmes du Caire et d’ailleurs qui espérez un été arabe durable plein d’égalité et de liberté , appelez au rassemblement électoral des forces porteuses d’un véritable esprit démocratique et non de sa couverture cachant bien autre chose.

On le voit, le printemps arabe est un espoir mais non encore une réalité durable et solide. Et puis il y a la Libye qui paie le prix du sang. La Syrie, où les manifestants courageux sont abandonnés à la répression. Pour les Européens et les deux Etats de l’Amérique du nord engagés dans l’OTAN, le défi est considérable. Il faut choisir et tenir la bonne attitude, l’action juste et efficace. Accentuer l’intervention en Libye, monter les pressions sur la Syrie ; mais aussi apporter toute l’aide financière, économique, humanitaire bien sûr, et juridique pour l’organisation de l’Etat à construire : en Tunisie et en Egypte notamment.  Dans ces domaines, la Suisse doit être engagée à fond, solidaire des autres engagés. Sans impérialisme, dans le respect des pays et de ses habitants, il s’agit de soutenir ce printemps arable et d’aider à ce qu’il porte des fruits.

Cela ne dispense ni de rester vigilant face aux menaces terroristes, de traquer ses auteurs et ses préparateurs. Cela ne contredit pas la nécessité de nous prémunir contre une immigration massive, ou son risque ; immigration qui n’aurait rien de positif, ni pour ces pays en reconstruction ni pour nos pays. Mais alors, il ne faut pas chipoter sur l’aide sur place, sous toutes les formes adéquates. Ce qui se passe là bas nous concerne.  L’oublier ne serait pas seulement une faute morale mais encore une faute politique de protée historique.

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