27/04/2011

Libye:appuyer-Syrie: faire pression

Libye : appuyer-Syrie : faire pression

Avouons-le honnêtement : pour les pays occidentaux, trouver la bonne marche à suivre devant les floraisons pleines d’espoir, de désespoir et de sang du printemps arabe tient du défi extrêmement difficile à relever. On a applaudi aux événements tunisiens. Mais, légitimement, on craint un afflux d’immigrants dont on n’imaginait pas qu’ils allaient utiliser les portes ouvertes de la liberté pour chercher un meilleur sort financier en Europe.  Nous avons de la peine à gérer ici nos contradictions.

Avec la Libye, l’Occident s’est décidé au dernier moment à intervenir car les troupes désorganisées des insurgés allaient être massacrés par celles de Kadafhi. Heureusement. Il le fallait absolument. Il était juste, aussi, de considérer qu’il devait s’agir d’un appui, puis de frappes ciblées contre les armes lourdes et la logistique du colonel ; mais que l’essentiel des combats sur terre devaient être laissés aux insurgés eux-mêmes. C’était conforme à la résolution du Conseil de sécurité. Or, cela ne suffit pas. L’épreuve de force s’éternise et le sang coule. La situation humanitaire est grave. Alors, plutôt que de laisser pourrir les choses, engagement pour engagement, ne faut-il pas intensifier les frappes, les interventions, encadrer les révoltés déjà reconnus largement par nombre d’Etats afin de briser rapidement l’étau aux mains du clan ? Oui, lorsque l’on est engagé avec un but affiché, il faut se donner les moyens de l’atteindre.

Mais la Syrie ? Pourquoi ne pas faire de même. C’est compliqué. Ici, l’on est territorialement au cœur d’un imbroglio proche-oriental où sont concernés Israël, l’Iran, la Jordanie, le Liban , l’Arabie saoudite, les mouvements  palestiniens, des organisations terroristes, et on en passe. Les enjeux économiques sont également considérables. Le risque de déstabilisation générale hante des esprits. Et puis, on est entre les cas égyptien, tunisien et le cas libyen. Il n’y a pas d’armée insurgée. Il y a des manifestations populaires énormes, mais contrées ici par une armée complètement branchée sur le parti au pouvoir.

Pourtant, il y a bien une flamme révolutionnaire revendiquant la liberté et la démocratie. Et il y a une répression sanglante contre les populations. A tout le moins l’Occident doit-il hausser le ton, dénoncer ce régime, prendre des sanctions, se concerter pour exercer des pressions. L’ONU , au nom de principes universels, devrait se manifester. Le Conseil de sécurité y joue une part de sa crédibilité. Quant à la Suisse, si le scénario d’envoi de troupes lui est fermé, sa voix et une participation à des mesures onusiennes éventuelles devront être claires et nettes. Car, l’Occident, avec la Suisse, doit s’attacher aux demandes portées par les divers printemps arabes, qui tous se réfèrent à des valeurs universelles,  humaines et politiques que cet Occident  est censé affirmer : sans messianisme impérialiste mais lorsque sa responsabilité et sa solidarité sont demandées et attendues. Et il en va aussi, finalement, d’un enjeu de sécurité pour tous.    

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20/04/2011

PLR:déterminer le champs, labourer puis on verra

PLR :déterminer le champs, labourer puis on verra

Les élections aux exécutifs communaux genevois ont eu lieu. Ouf. Ce fut, dans une image d’ensemble des quarante cinq communes, assez confus et cacophonique. Naturellement, c’est la péripétie en ville de Genève qui a frappé les esprits et mécontenté plus d’un dans les partis traditionnels de l’Entente. Ne revenons pas longtemps sur les raisons qui ont amené le Parti libéral genevois à accepter que sa candidate fût portée sur la liste UDC aux côtés du candidat de cette liste. L’idée était de faire partager cette acceptation par les deux autres partis de l’Entente afin  d’étudier plus sérieusement un élargissement d’une droite mieux à même de contrer le camps rose rouge uni. Il est vrai que ce qui s’est passé tombait mal dans le calendrier. En effet, dans une phase préparatoire intense d’une fusion libérale-radicale pour la création d’un PLR, les deux fiancés ne s’accordèrent pas sur ce scénario ; lequel avait permis pourtant en son temps l’élection du Procureur radical Zappelli. Mais c’est une autre histoire.

Pierre Maudet a eu de quoi nourrir des craintes et être fâché. En effet, il y avait un risque théorique que la candidate libérale, portée par l’UDC, vînt le coiffer au poteau. Qui croyait vraiment à cette hypothèse ? Disons le tout net, une non réélection de Pierre Maudet eût été un sale coup pour lui mais aussi pour Libéraux et Radicaux en processus de fusion. Mais enfin, il a fait une élection formidable. IL a été très peu biffé par les siens, c'est-à-dire autant soutenu par les Libéraux que par les Radicaux. Alors, que Pierre Maudet oublie sa rancune. Qu’il réagisse maintenant en seigneur dont la place sera très importante dans le nouveau grand Parti. C’est ainsi qu’un politicien doué et grand communicateur peut atteindre une stature d’homme d’Etat.

Lui-même, lucidement, admet que si la Gauche avait eu cinq candidats, elle aurait raflé les cinq sièges. Pris entre la tranche rouge –rose et, surtout à Genève le MCG, les partis de l’Entente perdent le contrôle des villes du canton. L’UDC genevoise, en recherche semble-t-il de respectabilité et d’alliances, se fait grignoter par un MCG agressif et imprévisible. C’est cela qui doit faire l’objet des analyses. Il s’agit donc pour Libéraux et Radicaux genevois de créer résolument, le 24 mai prochain, ce Parti commun.  Il faudra, dans l’élan, bien déterminer le Champs politique de ce parti : c'est-à-dire ses valeurs de référence, ses positions sur les grands sujets, sa stratégie de communication et  sa manière de pousser des hommes et des femmes de qualité aux responsabilités politiques. Il faut, en somme labourer à fond ce champs élargi que l’on aura déterminé. Pour cela, les figures de proue des deux partis réunis devront être des chefs de file, charismatiques et éthiquement exemplaires.  Pascal Couchepin ne voyait pas d’autre chemin pour redresser la barre, à l’échelon fédéral et aux échelons cantonaux. Ce sera difficile, Cela prendra du temps. La facilité va vers les Gauches et les Droites simplificatrices. Mais le PLR a le vivier qu’il faut pour engager une vraie et claire pédagogie politique ; dans les débats médiatiques et sur le terrain. Il y faut la foi et la volonté. Il y faut aussi un véritable esprit d’équipe transcendant les rivalités. Ce que chacun des deux partis genevois a réussi souvent, le PLR doit et peut le réussir demain.

Au-delà, la question des alliances élargies peut être posée sans tabou. Vers le PDC, bien sûr. Mais vers l’UDC ? Laquelle, sur quels points d’accord suffisant ? A quel échelon ? A l’adresse de Verts libéraux ? A suivre, aux échelons fédéral et cantonal. Mais cela ne peut et ne doit être que le fait d’un PLR qui détermine bien qui il est et qui laboure publiquement son champs revigoré par son printemps.  

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17/04/2011

Suisse-Japon:erreur un peu réparée

Suisse-Japon : erreur un peu réparée

 

Les Japonais semblent contents et reconnaissants à la Suisse de l’aide apportée dans les régions sinistrées. Il semble que la Suisse ait été plus engagée, plus constante que l’Allemagne, par exemple. Heureusement, car les Japonais avaient de quoi être déçus. Souvenez-vous : on apprenait, au télé-journal, que l’ambassadeur de Suisse, sur instruction certainement de Berne, faisait déménager tout le monde de Tokyo à Osaka. Presque en même temps, l’ambassadeur de Grande-Bretagne déclarait qu’il n’était pas question pour lui de quitter la capitale et ses habitants.

C’est le genre de choses que des Japonais n’oublient pas. C’est le genre de choses qui peut faire toute la différence dans des négociations ultérieures, commerciales et industrielles notamment. Ceux qui connaissent le Japon et les Japonais le disent bien ; ces derniers ont la reconnaissance mais aussi la rancune tenace. D’ailleurs, Georges Baumgartner, le correspondant de la radio romande, était furieux contre les pays qui repliaient leurs missions diplomatiques. Ils savaient que les Japonais ressentiraient cela comme un lâchage, même si nombre d’entre eux s’étaient aussi repliés. Mais, l’ambassade, elle, représentait la Suisse. Et , sauf, nécessité, la Suisse doit rester présente. C’est sa ligne, sa marque de fabrique. IL  serait intéressant de savoir si la Chef du département des affaires étrangères, qui a des qualités certaines mais dont la capacité d’écoute n’est sûrement pas la première,  a imposé cette décision de repli contre l’avis de l’ambassadeur, ou pas.

Enfin, nos diplomates sont de retour à Tokyo. Et la Suisse s’est bien comportée pour aider ; ceci compensant cela, espérons-le.

Cela étant, la question du rapatriement de nos compatriotes en cas de crise s’est posée évidemment en côte d’Ivoire. La discussion avec la France n’a pas été sans problèmes d’ordre juridique et administratif. Comment cela n’ouvre-t-il pas les yeux d’une majorité du Parlement pour que le Conseil fédéral puisse avoir en possession et à disposition un ou deux avions de transport militaire, plutôt que de devoir, en cas d’urgence, compter sur les autres, sur des locations aléatoires ?

Au fond, il en va pour les phases aigues de politique étrangère comme pour le reste : il faudrait réfléchir juste et bien avant afin d’agir bien et juste sur le moment.    

 

 

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11/04/2011

Verts-Libéraux ou Libéraux?

Verts-Libéraux ou Libéraux ?

Qui aurait cru cela, il y a quelques années ? A Zurich, à Lucerne et ailleurs on s’attendait à une progression des Verts en partie au détriment des Socialistes. On s’attendait moins à une percée des Verts –Libéraux en partie au détriment des Libéraux-Radicaux et du PDC. Que faut-il en penser.

Au début de l’expansion des Verts certains de leurs chefs de file affirmaient qu’ils n’étaient ni de gauche ni de droite. A l’usage, ils ont conclu que la Droite était non seulement réfractaire aux exigences écologiques mais encore opposée au progrès social. En fait, bien au-delà des sujets écologiques, les Verts, surtout dans les parlements y compris le fédéral, ont quasiment toujours pris des positions de gauche sur tous les sujets. Ils sont devenus de la sorte un vrai parti d’ambition politique.

Les Verts-Libéraux sont-ils nés d’une carence des partis de droite en matière écologique ? on peut avoir cette opinion. Il faut cependant dire que certains de leurs membres arborant la conviction écologique ont été parfois d’une intransigeance qui faisait douter de leur jugement sur aussi les nécessités économiques, énergétiques et sociales à travers l’emploi. Ce fut peut être l’une des raisons de la marginalisation, en son temps, d’une Monique Bauer chez les Libéraux. Toutefois, dans la famille politique libérale on n’a sûrement pas anticipé assez pour engager une évolution vers des économies d’énergie et des énergies nouvelles ; cela dans une modulation évitant toute casse économique et sociale et préservant le confort des particuliers acquis laborieusement au cours des décennies.

Le drame nucléaire au Japon donne évidemment des arguments aux anti-nucléaires : Verts et Socialistes main dans la main. Or, les Verts-Libéraux, on le constate, sont plus prudents et ne veulent pas que la Suisse ferme ses centrales à un rythme trop rapide.  Ils restent donc soucieux des paramètres nécessaires à une continuité pour assurer la prospérité.  Autrement dit, ils sont bien moins idéologues que les Verts et ne sont pas alignés couverts à gauche comme eux. Mais alors, faut-il imaginer en eux la droite d’avenir, venant en quelque sorte absorber l’électorat de droite et du centre et pousser les partis Libéral-Radical et PDC vers la sortie ? Nous ne le pensons pas. Ni dans les cantons ni à Berne, ils n’ont encore et n’auront avant longtemps la couverture de tout le champs politique que labourent les deux partis traditionnels du centre droit. En fait, si les Verts-Libéraux sont nés de leur sentiment que LIB-RAD et PDC étaient trop imperméables aux nécessités écologiques, les temps actuels et les temps qui viennent devraient inspirer des convergences de vote sur  nombre de  sujets et des alliances pour les élections ; préfigurant un regroupement logique ultérieur. A gauche, Socialistes et Verts sont en véritable concurrence, en dépit de leurs alliances électorales ; concurrence devenue un but pour elle-même. Il serait  bien qu’à droite on n’en arrive pas là et que les Verts –Libéraux soient vraiment un aiguillon restant pragmatique en matière d’écologie et presque un prolongement naturel pour le reste. Alors, les uns et les autres seront bel et bien des Libéraux dont la nature profonde et les convictions larges sont nécessaires à ce pays.  

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04/04/2011

Grande crise de confiance genevoise

La grande crise de confiance genevoise

 

A Genève, les élections dans les parlements communaux ont eu lieu. Celles pour les exécutifs communaux vont avoir lieu. Les premières n’ont guère souri aux partis de droite traditionnels, Libéraux, Radicaux et PDC. Les secondes s’annoncent dans une grande confusion inquiétante pour eux.

Evidemment, tous les regards se sont portés sur la progression du MCG ; davantage que sur l’UDC, laquelle, en comparaison, paraît moins agressive. Elle n’en est pas moins adossée à une UDC suisse dont le Président vient de déclarer que pour consommer moins d’énergie, voire se passer du nucléaire, il faudrait moins de population, c'est-à-dire moins d’étrangers. Il faut quand même oser dire des choses pareilles. Mais revenons à Genève. Le MCG a donc pris la tête de l’invitation au vote protestataire. Les causes du mal : les étrangers, bien sûr, les frontaliers notamment, les multinationales. L’insécurité, la pénurie de logements, la perte d’identité : tout vient de là. Les slogans électoraux n’y vont pas par quatre chemins.

Pour la Gauche et les Verts, s’en prendre au discours du MCG, et aussi de l’UDC va de soi. Pour les Libéraux et les Radicaux en intention de prochaine fusion et pour les PDC, l’attitude à tenir est plus difficile. Pourtant elle devrait être claire. C’est tout un langage politique, une simplification du discours, une agressivité contre les autorités élues, une recherche constante de bouc émissaires qui doivent demeurer étrangers,--c’est le cas de le dire--, aux membres d’une famille de pensée libérale. Il en va d’une culture politique, intellectuelle, éthique. Il ne doit pas y avoir d’ambiguïté à cet égard.

En revanche, Libéraux-Radicaux et PDC ont eu le tort et ont encore le tort de relativiser des problèmes graves qui exaspèrent la population. Prenons deux points : la sécurité et le logement.

C’est un fait indéniable que l’insécurité s’est répandue à Genève. Si la qualité de la vie y demeure enviable, en comparaison internationale, on entend et on lit constamment des relations sur des faits de violence, de vols, de trafic de drogue. L’autre jour, après un double drame à Cornavin, la police a conseillé aux braves habitants de Genève, à vous et à moi, de ne pas trop fréquenter ces lieux vers la fin du jour. On croit rêver. Ce n’est pas encore une zone de non droit à la française, mais on imagine des évolutions effrayantes . Sans doute répondra-t-on deux choses. Premièrement, il faut admettre que Genève, canton frontière et pôle d’immigration, doit bien composer avec cette réalité incontournable et ses conséquences en partie inévitables. Deuxièmement, il est impossible de mettre des policiers à tous les coins de rue et sur toutes les places. Eh bien, ces deux réponses sont insatisfaisantes. Il y a une sorte d’accoutumance à l’inacceptable qui empêche de prendre toutes les mesures nécessaires. Si une volonté politique spectaculaire se dégageait, une priorité s’imposerait et les forces de sécurité cantonales seraient largement renforcées ; sans compter la pression continue du canton sur Berne afin de renforcer encore bien plus les garde frontières. Et puis, même avec un effectif insatisfaisant, en délaissant peut être un peu des tâches moins urgentes (contraventions aux automobilistes etc…) on pourrait, par des rondes et des arrestations continuelles pourrir la vie des délinquants. Enfin, il s’agirait pour les juges d’appliquer au moins strictement une loi  pénale déjà trop laxiste en prolongeant au maximum les temps d’arrestation avant jugement et en poussant les peines au maximum légalement autorisé pour les délits concernées. Sur cette ligne, la Chef du département de police, le Conseil d’Etat, la majorité parlementaire devraient être intraitables. La population reprendrait confiance et les chantres de la droite ultra, --qui oublient par exemple que l’hôpital et nombre de secteurs économiques ne fonctionneraient pas sans les frontaliers--, perdraient leur impact.

Quant au logement, lié à l’aménagement du territoire, il devrait lui aussi faire l’objet d’une politique majoritaire résolue, tenace déclarant la guerre aux blocages, dénonçant les oppositions idéologiques, sectaires et égoïstes ( ces dernières venant aussi de milieux de droite). Les exemples de blocage, de lenteurs bureaucratiques sont légions dans ce domaine. Les partis traditionnels de la droite devraient être en pointe, pugnaces quitte à bousculer même leurs propres magistrats responsables de ces domaines lorsqu’ils sont pris dans l’étau de ces rigidités. Des initiatives législatives sont à envisager.

Bref, il y a péril en la demeure pour les Radicaux- Libéraux et PDC . Sans une réaction et une action rapides et au long cours, le déclin continuera ; cela bien au-delà des prochaines élections pour les exécutifs communaux. En fait, cela vaut aussi pour eux à l’échelle nationale. Et sans une stabilité de ces partis pivots de la politique, le Canton , comme le pays, se porteront mal. C’est déjà tard mais il n’est pas encore trop tard.

    

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