28/03/2011

Libye: aider mais leur laisser leur victoire

Libye : aider mais leur laisser leur victoire

 

On a eu très peur. Les troupes du dictateur Kadhafi semblaient être sur le point de submerger le dernier bastion des insurgés.  Les pays membres du Conseil de sécurité, les membres de l’Otan et ceux de l’Union européenne semblaient ne pas venir à bout de leurs divergences quant à une intervention.  Au dernier moment, ils ont compris que leur carence risquait de les faire entrer dans l’histoire comme des coupables d’une grave faute. Certes, il y a de quoi être échaudé par les exemples d’interventions en Irak et en Afghanistan. Mais tomber dans une erreur nouvelle pour éviter de commettre des erreurs passées n’est pas une politique. La Libye offre une situation  qui s’inscrit dans le printemps arabe. Ici, il n’y a pas d’armée bien constituée propre à éviter le massacre et de permettre un changement sans terreur. Ne rien faire eût été offrir à Kadhafi et à ses affidés la possibilité de ce massacre tout en encourant les conséquences de sa rage.

On est à un tournant. L’opposition n’a pas encore gagné mais le clan Kadhafi n’a plus les moyens de l’écraser. Les frappes de la coalition ont anéanti sa supériorité militaire sans déterminer encore celle des insurgés. Heureusement, l’OTAN coordonne désormais les opérations. Il n’est pas question de troupes à terre mais de frappes permettant la progression des insurgés. Sans doute faudra-t-il que des spécialistes les aident à s’organiser. Il faut compter avec le soutien politique et si possible pratique des autres pays arabes. Il faut encourager, surtout, l’opposition à se structurer politiquement et à ouvrir vraiment les perspectives de démocratisation. Quant à la Suisse, elle peut être présente par une aide non armée, sanitaire, logistique aussi,--pourquoi pas--, aux nouvelles autorités en formation. Il n’y aurait rien là de contraire à la Neutralité.

Mais attention : il faut mesurer cette aide occidentale à l’aune de l’intelligence, de la pudeur, du respect. Cette révolution est et doit rester celle des Libyens. Leur victoire sera la leur. Ils auront reçu l’aide qu’ils demandaient, dont ils avaient besoin. Ils devront recevoir l’aide qu’ils demanderont. Rien de moins mais rien de plus.  Il faut, qu’au nom de valeurs universelles, des droits humains et des libertés le cas Libyen soit un exemple de réconciliation entre l’Occident et le monde arabe, dans le respect mutuel et sur pied d’égalité. Ce sera aussi la meilleure manière de fermer la porte aux intégristes musulmans qui chercheraient à annexer à leur profit les fruits de ce printemps arabe.

Après tant de maladresses depuis plus d’un siècle, Il y a une chance à saisir, enfin, dans notre relation avec le monde arabe. Ne la gâchons pas.     

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24/03/2011

Libéraux-UDC: ni ennemis ni frères

Libéraux-UDC : ni ennemis ni frères

 

Ce qui donne l’image d’un rapprochement entre le parti libéral genevois et l’UDC genevoise pour les élections au Gouvernement de la ville a de quoi décontenancer plus d’un citoyen de ce canton. Il faut dire que c’est le jeu des alliances dans nombre de communes qui donne le tournis ; la palme revenant à Vernier. Mais revenons à la ville. Le parti libéral a donc accepté, sans contre partie, que l’UDC mette sur sa liste UDC ville de Genève la candidate libérale aux côtés de son propre candidat. Certes, le Parti libéral n’en reste pas moins fidèle à l’Entente traditionnelle puisqu’il portera sur sa liste à lui  les candidats radical et PDC. L’ennui, c’est que le PDC considère comme étant une compromission inacceptable cette ouverture libérale envers l’UDC. L’autre ennui est que le Parti radical, après une valse hésitation manifestant son embarras, ne s’offusque pas trop bruyamment, mais quand même… Et son candidat, Pierre Maudet, désapprouve. Bref, les commentateurs prédisent des coups de crayon à droite propre à favoriser les candidats de gauche et écologiste.

Ce qui est embêtant, c’est que cette histoire advient à quelques semaines de la date prévue pour la fusion libérale-radicale à l’échelle du canton : soit la création du Parti libéral-radical (PLR) , à l’instar de ce qu’il en est à l’échelon fédéral et dans le canton de Neuchâtel. On se passerait de dissonances entre les deux fiancés à si peu de temps du mariage. On prie pour qu’il ne soit pas remis en cause ; même pas la date.

D’aucuns, chez les Libéraux, estiment qu’il s’agit d’une collaboration envisagée à l’échelon municipal,  imaginable à l’échelon cantonal et que cela ne signifie pas un rapprochement avec l’UDC sur les sujets fédéraux.    Ce n’est pas si simple de distinguer ainsi les étages. L’UDC genevoise n’existerait pas sans le parti suisse de Blocher. Et, au-delà de l’intérêt électoral à court terme, la création d’un PLR, national et cantonal répond à une philosophie : ancrer dans le paysage politique une famille d’esprit libéral, ferme sur ses convictions, attachée à ses valeurs, pratiquant une culture politique respectueuse des personnes, ouverte au dialogue et ouverte à la dimension internationale. Un PLR désireux de fortifier les institutions et le fonctionnement démocratique et ne jouant donc pas systématiquement le peuple contre ses élus. Dans une vision à long terme, pour des raisons de comportement autant sinon davantage que de fond, le PLR doit tenir sa place, son rôle et ne pas être confondu avec l’UDC ; ce qui est possible sans la moindre connotation de mépris à l’égard des militants de ce parti.

Cela étant, deux remarques s’imposent. A gauche, ni les Socialistes modérés ni les candidats écologistes ne répugnent à figurer sur la même liste que les candidats de l’extrême gauche. Et puis, c’est vrai, au Parlement de la ville de Genève, sur des sujets concrets, précis, Libéraux, Radicaux également votent largement dans le même sens que les UDC. Cela n’aurait pas suffi à convaincre certains Libéraux d’accepter l’offre de faire figurer sur la liste UDC la candidate libérale si un autre acteur n’était pas à considérer : le MCG et son chef charismatique et sulfureux. Refuser l’offre de l’UDC genevoise, désireuse d’une certaine acceptabilité de sa place et de son rôle à droite, eût été sans doute la pousser toute entière dans les bras imprévisibles du MCG.

Dont acte. Mais il s’agit de bien mettre les choses au point. Cette ouverture ne doit pas casser la collaboration institutionnalisée au sein de l’Entente, soit avec le PDC. Le comportement politique de l’UDC genevoise (ville et canton) méritera d’être observé attentivement. Enfin, dans la perspective des élections cantonales, il va s’agir pour les Libéraux et les Radicaux, qui devraient être réunis dès cette année en PLR, de réfléchir ensemble à l’articulation de la Droite genevoise et de décider désormais ensemble. La confusion électorale au travers des communes, selon des situations locales diverses et variées et l’ambiguïté donnée par la péripétie en ville ne sont pas de nature à entretenir la confiance des citoyens envers les partis politiques et la politique en générale. Tout explicable que soit ce qui s’est passé, la leçon à tirer devra être une exigence de cohérence, et de crédibilité.

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14/03/2011

Libye: intervenir vite

Libye : intervenir vite

 

Il y a urgence. Il faut, dans une mesure à déterminer, que les pays de l’Otan, avec l’appui de la Ligue arabe, interviennent sans tarder en Libye. A défaut, il sera trop tard et le dictateur aura massacré ses opposants. Au minimum, il faut empêcher ses avions de décoller pour aller bombarder les insurgés. Certes, ce n’est pas sans risques, On comprend les hésitations, à Bruxelles, à Berlin, à Washington et ailleurs. Mais une cohérence devrait s’imposer. Déjà, l’Union européenne a condamné le régime libyen. Déjà, tout le clan familial et au-delà est interdit de séjour. De toute manière, aucune reprise de relations profitables, vues sous un angle cynique, n’est envisageable. Le leader libyen fera payer cher aux occidentaux le rejet dont il a fait l’objet. Il n’y a rien à gagner à le laisser se remettre en selle. De toute façon, c’est trop tard.

Certes, encore, il ne faut pas tomber dans l’angélisme. L’opposition n’est pas structurée et contient bien des inconnues, à commencer par les mouvements islamistes. Mais, là encore, il n’y a pas le choix. Il faut parier sur les éléments sincèrement démocrates de cette nébuleuse, les aider à se constituer et à constituer un Etat. On n’est pas ici dans le cas du viet-nam, de l’Afghanistan ou de l’Irak.  On est dans le cas où de vrais patriotes appellent simplement à l’aide afin de ne pas être écrasés, afin de prendre leur destin et celui de leur pays en mains. On est dans le cas où  les pays voisins qui ont fait leur révolution, et qu’il faut aider à forger les suites, ainsi que la ligue arabe donnent leur caution. Intervenir a ses risques et ses possibilités de retours de bâton. Ne rien faire a ses risques certains et une certitude de retour de bâton. Du point de vue de nos valeurs universelles et dont se réclament les insurgés, intervenir est un devoir. Y renoncer, atermoyer jusqu’à ce qu’il soit trop tard serait perdre toute crédibilité à cet égard. C’est une question de jours.

La Suisse, elle, ne peut recourir à la force. Mais devant la situation, elle peut l’appeler de ses vœux et l’accompagner, en quelque sorte, par un engagement humanitaire,--demain économique et financier--, en faveur des insurgés. Le CICR  prévoit une tragédie. Appuyons à fond l’action de cette institution, intervenons directement et fortement dans ce registre. Faisons, selon notre nature, notre part de l’effort.

Il est un temps pour réfléchir, peser le pour et le contre, ne pas se lancer inconsidérément. Et il est un temps pour agir, en veillant à maîtriser son action. Il faut intervenir vite ; ou ce sera la honte et l’échec.  

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07/03/2011

Migration : résister mais aider

Tout récemment, la membre de la Commission de l’Union européenne chargée du dossier des migrations s’est exprimée à la télévision romande. Aux Tunisiens, Egyptiens, Libyiens en passe ou en aspiration d’émigrer en Europe, elle a dit en substance : restez chez vous, l’Europe ne peut pas absorber vos flux migratoires ; mais vous avez raison d’attendre de notre part une aide beaucoup plus forte, pour vous sur place, afin de contribuer à l’avenir de vos pays et à votre avenir

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