24/03/2011

Libéraux-UDC: ni ennemis ni frères

Libéraux-UDC : ni ennemis ni frères

 

Ce qui donne l’image d’un rapprochement entre le parti libéral genevois et l’UDC genevoise pour les élections au Gouvernement de la ville a de quoi décontenancer plus d’un citoyen de ce canton. Il faut dire que c’est le jeu des alliances dans nombre de communes qui donne le tournis ; la palme revenant à Vernier. Mais revenons à la ville. Le parti libéral a donc accepté, sans contre partie, que l’UDC mette sur sa liste UDC ville de Genève la candidate libérale aux côtés de son propre candidat. Certes, le Parti libéral n’en reste pas moins fidèle à l’Entente traditionnelle puisqu’il portera sur sa liste à lui  les candidats radical et PDC. L’ennui, c’est que le PDC considère comme étant une compromission inacceptable cette ouverture libérale envers l’UDC. L’autre ennui est que le Parti radical, après une valse hésitation manifestant son embarras, ne s’offusque pas trop bruyamment, mais quand même… Et son candidat, Pierre Maudet, désapprouve. Bref, les commentateurs prédisent des coups de crayon à droite propre à favoriser les candidats de gauche et écologiste.

Ce qui est embêtant, c’est que cette histoire advient à quelques semaines de la date prévue pour la fusion libérale-radicale à l’échelle du canton : soit la création du Parti libéral-radical (PLR) , à l’instar de ce qu’il en est à l’échelon fédéral et dans le canton de Neuchâtel. On se passerait de dissonances entre les deux fiancés à si peu de temps du mariage. On prie pour qu’il ne soit pas remis en cause ; même pas la date.

D’aucuns, chez les Libéraux, estiment qu’il s’agit d’une collaboration envisagée à l’échelon municipal,  imaginable à l’échelon cantonal et que cela ne signifie pas un rapprochement avec l’UDC sur les sujets fédéraux.    Ce n’est pas si simple de distinguer ainsi les étages. L’UDC genevoise n’existerait pas sans le parti suisse de Blocher. Et, au-delà de l’intérêt électoral à court terme, la création d’un PLR, national et cantonal répond à une philosophie : ancrer dans le paysage politique une famille d’esprit libéral, ferme sur ses convictions, attachée à ses valeurs, pratiquant une culture politique respectueuse des personnes, ouverte au dialogue et ouverte à la dimension internationale. Un PLR désireux de fortifier les institutions et le fonctionnement démocratique et ne jouant donc pas systématiquement le peuple contre ses élus. Dans une vision à long terme, pour des raisons de comportement autant sinon davantage que de fond, le PLR doit tenir sa place, son rôle et ne pas être confondu avec l’UDC ; ce qui est possible sans la moindre connotation de mépris à l’égard des militants de ce parti.

Cela étant, deux remarques s’imposent. A gauche, ni les Socialistes modérés ni les candidats écologistes ne répugnent à figurer sur la même liste que les candidats de l’extrême gauche. Et puis, c’est vrai, au Parlement de la ville de Genève, sur des sujets concrets, précis, Libéraux, Radicaux également votent largement dans le même sens que les UDC. Cela n’aurait pas suffi à convaincre certains Libéraux d’accepter l’offre de faire figurer sur la liste UDC la candidate libérale si un autre acteur n’était pas à considérer : le MCG et son chef charismatique et sulfureux. Refuser l’offre de l’UDC genevoise, désireuse d’une certaine acceptabilité de sa place et de son rôle à droite, eût été sans doute la pousser toute entière dans les bras imprévisibles du MCG.

Dont acte. Mais il s’agit de bien mettre les choses au point. Cette ouverture ne doit pas casser la collaboration institutionnalisée au sein de l’Entente, soit avec le PDC. Le comportement politique de l’UDC genevoise (ville et canton) méritera d’être observé attentivement. Enfin, dans la perspective des élections cantonales, il va s’agir pour les Libéraux et les Radicaux, qui devraient être réunis dès cette année en PLR, de réfléchir ensemble à l’articulation de la Droite genevoise et de décider désormais ensemble. La confusion électorale au travers des communes, selon des situations locales diverses et variées et l’ambiguïté donnée par la péripétie en ville ne sont pas de nature à entretenir la confiance des citoyens envers les partis politiques et la politique en générale. Tout explicable que soit ce qui s’est passé, la leçon à tirer devra être une exigence de cohérence, et de crédibilité.

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