20/12/2010

Un lien invisible se crée avec les lecteurs

J'ai signé ma dernière chronique dans le journal Le Temps. Elle s'intitule Au revoir et merci. On la lira ci-dessous. Dès 2011, mes chroniques et d'autres notes paraîtront dans ce blog...


On me pardonnera le ton personnel de cette Chronique. Elle est ma dernière contribution du genre à cette place. Ce Journal, en effet, a pris de nouvelles dispositions quant aux chroniques et à leurs auteurs. Ainsi, s'achève, pour moi, une activité journalistique professionnelle continue de quarante cinq ans. Certes, d'autres activités, notamment politiques, se sont greffées en cours de route. Mais le fil rouge de l'écriture et de sa discipline ne s'est jamais interrompu.

L'heure n'est pas aux regrets mais à la reconnaissance. Elle s'adresse d'abord au Journal de Genève, et à celui qui m'y avait fait entrer : le grand Olivier Reverdin. J'ai pu y écrire tant d'éditoriaux puis de chroniques jusqu'à sa disparition au printemps 1998. Elle s'adresse aussi à ce journal, Le Temps, qui a bien voulu publier mes analyses et réflexions  de cette date jusqu'à aujourd'hui.  Que l'on me permette un rapide coup d'œil rétrospectif sur ces quarante cinq années. Fin 1965, la formule magique au Conseil fédéral n'avait que six ans d'âge. Les deux socialistes élus en 1959 étaient encore en place. Le parti bourgeois et agrarien, pas encore nommé UDC, était encore le plus petit des quatre partis gouvernementaux. L'ancien conseiller fédéral Max Petitpierre allait proposer les procédures de plébiscite qui allaient permettre la création du Canton du Jura.  En 1972, la Suisse membre de l'AELE bénéficia d'un bon accord entre cette dernière et les communautés européennes. Vingt ans plus tard, en 1992, il y eut le refus de l'EEE et le début des difficiles mais fructueuses négociations bilatérales ; dont on se demande si elles pourront se développer encore longtemps de la même manière. Et puis des secousses. L'affaire Kopp, celle des fiches, la P 26 qui amena des critiques à l'auteur de ces lignes concerné par cette organisation secrète.  Il y eut le premier refus d'entrer dans l'ONU, en 1986, vote corrigé quinze ans plus tard. Pendant ce temps quel développement de la sécurité sociale et des engagements de l'Etat fédéral ! Avec les interrogations que cela pose à notre fonctionnement fédéraliste. Enfin, peu à peu, le changement du climat politique et la montée d'une UDC galvanisée par le tribun et stratège Christoph Blocher. On connait bien les dernières péripéties de 2003 et 2007 avec une formule magique bousculée. On attend de voir ce qui se passera à la fin de l'année prochaine après les élections fédérales.

Oui, que d'occasions de commentaires. Il faut reconnaitre la faiblesse et la lacune. Journalisme de commentaire empruntant la voie conformiste consistant à attendre l'information au lieu de la chercher. Bien loin donc du journalisme d'investigation qui a toute sa valeur civique mais aussi ses risques de tomber dans une information non vérifiée et orientée. Au moins, le journaliste conformiste que j'aurai été n'aura jamais perdu de vue l'exigence d'honnêteté, de respect des personnes et des institutions. Et j'aurai toujours professé un attachement viscéral à une culture démocratique ressentie comme un gage de pérennité pour ce cher et vieux pays. Dans des formes journalistiques  nouvelles, certes, puissent ces valeurs ne jamais disparaître au sein d'une profession dont la mission est tellement essentielle et si noble.

Mais on ne quitte pas la discipline de l'écriture, ressentie comme inhérente à sa vie, parce que l'on quitte un journal. Un lien invisible se crée avec des lecteurs dont quelques uns apprécient la continuité d'une pensée. Je vais donc continuer à écrire, particulièrement sur un Blog personnel qui s'insérera dans l'éventail des blogs qu'abrite la Tribune de Genève. Mon adresse blog sera donc la suivante : http//jseggly.blog.tdg.ch

Dès le 20 janvier prochain j'alimenterai ce blog, aisément accessible, par des contributions très régulières qui ressembleront évidemment à ce j'ai fait jusqu'ici. D'une certaine manière je ne dis donc pas adieu à ceux qui voudraient encore me lire mais au revoir et merci.

 

08:41 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

Commentaires

Je tiens sincèrement à vous remercier pour tous les articles, prises de position que vous avez publié sur mon quotidien préféré aujourd’hui disparu, j’ai nommé le "Journal de Genève" mais aussi pour votre hommage et reconnaissance à un des plus illustre genevois du siècle passé feu Olivier Reverdin.

C’est un réel plaisir que de se plonger dans les archives du "Journal de Genève" grâce au service offert par le qutidien "Le Temps".

Bonnes et joyeuses Fêtes

Écrit par : A.Ronchi | 20/12/2010

Merci Monsieur Eggly de nous donner la possibilité de vous lire ailleurs que dans le Temps. Je regrette que vous ne soyez plus dans ce journal, mais très heureux d'avoir trouvé une autre possibilité Continuez! Merci
M. Payot

Écrit par : Payot Maurice | 21/12/2010

M. Jacques-Simon Eggly,

Je lisais vos chroniques avec intérêt dans le journal "Le Temps" et viens d'apprendre que vous cesserez d'écrire dans ce journal.

C'est avec plaisir que je lirai vos chroniques sur votre blog hébergé par la "tdg".

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/12/2010

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