12/12/2018

Des gilets jaunes excusent la violence

Les gilets jaunes vont-ils remettre cela samedi ? Après le drame de Srasbourg, après les dégâts considérables qui ont accompagné leurs manifestations, après l’épuisement de forces de l’ordre exemplaires ? Ont-il la conscience d’une triste contradiction ? Alors qu’ils protestent légitimement contre leur faible niveau de vie, leur faible pouvoir d’achat, leur action a causé de terribles manques à gagner pour de nombreux commerçants, restaurateurs, hôteliers en cette fin d’année, en cette veille de Noël. Il y aura sans doute des faillites, des mises forcées au chômage, des impossibilités de meilleures rémunérations ; même si Emmanuel Macron semble obtenir des gestes de la part de quelques grandes entreprises. Mais les petites et les moyennes ! Il y a le risque que la France perde la confiance des investisseurs que les efforts du Président regagnaient peu à eu. Car il ne s’agissait pas de cadeaux aux riches et aux capitalistes pour qu’ils jouent plus au golf ,mais d’incitation aux investisseurs et aux entrepreneurs afin qu’ils crèent de l’emploi. Bien sûr, il y faut un surcroît d’attachement à l’intérêt général, une meilleure fibre sociale. Mais en attendant, on craint le déficit public que les mesures immédiates annoncées par Emmanuel Macron vont causer. Bruxelles s’en émeut déjà. Bref, la détérioration d’image pour le pays, l’entrave à l’engagement sur le plan européen, une plus grande peine à redresser et à réformer un pays qui traine des boulets : voilà des conséquences de la révolte des gilets jaunes. Ne pas le voir serait faire l’autruche se cachant la tête dans le sable.

Évidemment, la facilité pour les gilets jaunes est de répondre qu’ils ne sont en rien responsables des dégâts et des conséquences négatives de ces samedis noirs ; que tout découle des erreurs, de la surdité , de l’aveuglement, de l’insensibilité sociale et de l’arrogance du pouvoir ; que ce Président des riches est déconnecté des Français qui rament, qui souffrent au quotidien. Cette impression a été analysée par de nombreux commentateurs durant ces derniers jours. Ces augmentations de taxes inopportunes ont provoqué une colère compréhensible qui montait depuis longtemps. Car, si des erreurs ont été commises depuis dix-huit mois, le mal est profond et vient de loin. La France est le pays européen dont les prélèvements obligatoires sur les citoyens sont les plus lourds. Certes, elle affiche ce qu’elle appelle son modèle social, sa large sécurité sociale, son niveau de soins ; mais elle présente aussi la fonction publique la plus pléthorique, une des bureaucraties administratives les plus compliquées, centralisées, décourageantes.

On peut comprendre que des gilets jaunes, eux, ne comprennent pas ce qu’ils appellent les cadeaux faits aux riches dans la fiscalité. Renaît aussi ce vieil esprit de lutte des classes qui n’a jamais vraiment disparu. Or, ce que veut Macron, c’est inciter les entrepreneurs, les capitalistes à investir, à entreprendre en France afin de relancer un dynamisme économique et donc à créer des emplois dûment rémunérés, donc du pouvoir d’achat ; cela en s’inscrivant dans la transformation inévitable du tissu des métiers, ce qui exige l’adaptation des formations. En fait, la politique est un exercice très difficile. Il faut imprimer un mouvement selon un diagnostic, une vision, une stratégie ; et il faut, en même temps, être attentif aux besoins, aux souffrances des hommes et des femmes qui s’étirent sur ce chemin où ils voient souvent plus d’épines que de roses. Il y faut un dosage de mesures sociales et une communication, une pédagogie qui ne soient pas abstraites. La France est un pays de verticalité avec un Etat dont on attend toujours beaucoup trop. Les Rois, Bonaparte et Robespierre ne sont jamais loin les uns des autres.


Espérons que le Président Macron va reprendre la main, son élan vers des réformes et des assouplissements indispensables ; mais en trouvant des voies nouvelles de dialogue, de large participation, de concordance négociée. Non pas copier la Suisse, mais assembler de vrais ingrédients français nouveaux.


Cela étant, revenons aux manifestations. Il y a une mentalité inquiétante chez de nombreux gilets jaunes. On en a entendu plusieurs. Certes, ils n’ont pas décidé la casse. Mais ils sont montés à Paris et vers d’autres villes sans autre précaution que l’appel à la mobilisation. Pas d’organisateurs-interlocuteurs reconnus, pas de service d’encadrement filtrant les arrivants suspects, pas de contact préalable avec les autorités de police. Et puis, devant le spectacle désolant des exploits de casseurs, parfois des commentaires incroyables et scandaleux. <Que voulez-vous, c’était inévitable, c’est la faute du Président et du Gouvernement, il faut admettre ces dommages collatéraux>. Voire : <cela a obligé le pouvoir à prendre conscience des choses…>. Quel réconfort d’entendre un Alain Juppé dire aux gilets jaunes qu’ils savaient que lancer des manifestations massives dans ces conditions était une invitation aux casseurs ; ou bien une Ségolène Royal rappeler que rien n’excusait ces actes odieux contre les personnes et les institutions. Quelle honte, en revanche, que ces tentatives de récupération par certains politiciens. A noter que Marine Le Pen a mieux ressenti la dérive qu’un Jean-Luc Mélanchon qui s’est déshonoré, tout comme ses amis. Oui, le plus grave est cette acceptation de la violence et cette manière désinvolte de s’en accommoder, de trouver que c’était le prix à payer en marge de manifestations pour une juste cause.


Dans une démocratie, lorsque des personnes, qui se présentent comme des citoyens de base, ne sont plus scandalisés par des voyous et des graines de meurtriers qui infiltrent et débordent leurs cortèges, il y a un ver dans le fruit. Que serait-il advenu sans l’engagement admirable des forces de l’ordre engagés jusqu’à l’épuisement. Oui, en profondeur, cet accommodement au pire est grave. Si cela devait se renouveler, le rassemblement sonore d’une majorité des Français dans la condamnation rassurerait sur la France. Puisse samedi prochain n’être pas une nouvelle réplique. Puisse la France de Macron,—comme celle de de Gaulle après mai 68–, capter certes quelque chose de ce qui aura eu lieu, en tirer des leçons mais se retrouver sur ses deux pieds afin de pouvoir reprendre sa marche en avant.

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02/12/2018

Pas de Gilets jaunes à croix suisse

Les dégâts provoqués,à Paris surtout, par les manifestations des gilets jaunes laissent pantois. Oh, les Genevois ont eu aussi leurs casseurs. On se souvient des aimables à côtés du G7 d’Evian. On peut même parler de schémas analogues en ceci : des manifestants nombreux, bruyants mais pacifiques se font infiltrer par des casseurs. Pour la police, la tâche est très difficile. Comment arrêter ces voyous avant qu’ ils ne passent à l’action en groupes distincts des manifestants ? Est-ce à dire que des protestataires devraient renoncer aux manifestations de masse, à cause du risque que tout dégénère ? Évidemment non. Ce serait, au nom de la sécurité, étouffer un droit démocratique important.


Cela étant, oui ceux qui appellent à manifester ont une responsablité. Il ne peuvent tout attendre de la police. Ils doivent mettre sur pied leur propre service d’ordre, organiser des moyens d’expulser du cortège ceux qui montrent des signes avant-coureurs de ce qu’ils recherchent. Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr. Il faut donc des responsables reconnus qui s’entendent avec les autorités chargées du maintien de l’ordre afin de fixer et de maintenir le plus possible les règles du jeu. La désorganisation des gilets jaunes a pesé lourd. Il n’empêche que le risque d’une dérive existe toujours. Il faut savoir que, dans une foule chauffée à blanc, la dynamique de groupe flirte avec l’explosion. Une personne prise dans ce genre d’ambiance n’est plus tout à fait elle-même ; cela quelle que soit la cause proclamée.


Il y a autre chose à considérer. C’est l’histoire et la culture politique de la France. Ce beau pays, forgé par le haut, n’à cesé de balancer entre la tradition monarchique, sous diverses formes, et la tentation révolutionnaire. Louis xv1, Robespierre et Napoléon étaient des contemporains bien français. Manque de concertations naturelles, peu de participations citoyennes au fonctionnement politique : le face à face périodique entre le pouvoir et la rue est, en quelque sorte, génétiquement programmé.


Cela devrait montrer à tous les Citoyens suisses combien l’histoire, la structure, la culture politique et le fonctionnement institutionnel de ce petit pays sont des atouts précieux et des garants d’une paix civile. Le Référendum et l’Initiative ne sont pas des instruments en main du pouvoir ; ils sont en main du peuple. Ce partage horloger des pouvoirs complique certes le processus de décision. Mais ce que nous voyons chez nos voisins ne peut que nous le rendre attachant. Tout n’est pas parfait. Il y a abus des Initiatives conçues, à l’origine, comme une possibilité de recours au peuple par des minorités non ou mal représentées au parlement. Les deux plus grands partis, l’UDC et le PS , y recourent abusivement. Les grandes associations aussi. Mais, tout étant considéré, ne grognons pas trop.


Attention, cependant, de ne pas nous sentir supérieurs à nos voisins auxquels nous sommes liés par tant d’intérêts et de valeurs. Leurs déboires doivent nous inquiéter ; leurs équilibres maintenus ou retrouvés nous rassurer. On ne peut que souhaiter à la France une voie apaisée vers des réformes conduites en concertation.

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26/11/2018

Pour un Conseil fédéral moteur

Ouf ! L’Initiative de l’UDC a fait chou blanc. N’y revenons pas. Ah, si la mobilisation avait été pareille contre celle sur l’immigration, tout serait plus facile. Depuis trop longtemps, l’UDC dicte le calendrier politique en matière de politique étrangère. L’actuel Chef du Département a commencé par laisser du flou sur la conduite des affaires, sur la ligne à suivre dans les négociations avec l’ Union européenne. On a eu un peu l’impression, qu’à force de tâter le terrain politique intérieur, le Gouvernement risquait de ressembler à un Général qui laisserait des troupes diséminées s’aventurer au hasard sur un champ suspecté de contenir des mines à retardement ; quitte à reprendre le pilotage si ça n’explosait pas trop. Exagération ? Oui, mais c’est pour carricaturer une impression ressentie.

Dans une chronique, l’ancien Ambassadeur François Nordmann a parfaitement décrit un risque de dérive institutionnelle. La politique étrangère est une matière complexe qui exige un engagement clair. C’est pourquoi cette responsabilité doit être , en amont, le propre du Gouvernement. A lui, ensuite, de s’engager pédagogiquement devant le Parlement et, au besoin, démocratiquement devant le peuple. Qu’il consulte avant, soit. Mais c’est à lui d’éclairer la route , de négocier en solidité et crédibilité avec nos partenaires.


Le résultat de la votation devrait remettre notre gouvernement fermement en selle. A lui, malgré ou avec le Brexit anglais, en obtenant des garanties sociales légitimes, de négocier un Accord général de principe et de procédures avec l’UE. A lui,ensuite, de s’engager devant le Parlement et devant le peuple avec conviction. Karin Keller-Suter a dit qu’elle voulait un Gouvernement collégial reprenant mieux l’initiative politique. Raison de plus pour souhaiter son élection le 5 décembre. Personne ne veut d’un Gouvernement autoritaire. Ce serait contraire à nos institutions et à notre culture. Mais on veut un Conseil fédéral -moteur ; pas un semi-remorque.

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05/11/2018

Le sale coup sur Moutier

On doit croire à la bonne foi et à la rigueur de l’examen juridique de la préfète du Jura bernois qui a annullé la votation de Juin ; soit un vote par lequel la ville et district de Moutier avait décidé de quitter le canton de Berne et de rejoindre la Cantondu Jura. Certes, le vote fut acquis à une très courte majorité Mais enfin, on a cru un moment que cela mettrait un terme à la très longue et pénible affaire jurassienne qui dure depuis des décennies. On s’attendait à ce que les modalités pratiques prennent du temps. On imaginait bien des recours portés par des gens mécontents. Mais, franchement, même si des irrégularités avaient pu avoir lieu, on ne pensait pas qu’un scrutin, surveillé notamment par des observateurs fédéraux, serait invalidé. Formellement, puisque la votation avait lieu dans une ville du Canton de Berne, il est compréhensible que le contôle de régularité ait été le fait d’une déléguée du gouvernement bernois. Mais, dans le contexte, cela laisse forcément un sentiment de malaise.


Évidemment, il est difficile d’avoir un commentaire objectif. Toutefois, pour qui a suivi depuis longtemps l’affaire jurassienne, le passage de Moutier du Canton de Berne au Canton du Jura parait assez logique. Après Delémont et Porrentruy, les séparés des votations de 1973, tout montrait que Moutier était en orbite et allait faire mouvement vers le nouveau canton ; ce qui n’apparaissait pas du tout dans les autres districts ayant à l’époque choisi de demeurer bernois. Et pour la Confédération comme pour l’ensemble du canton de Berne, ce passage de Moutier aurait très probablement l’avantage de clore l’affaire jurassienne. Si l’annulation du vote est confirmée en appel puis au Tribunal fédéral, ce sont de nouvelles années de tension qui se préparent, bien regrettables autant pour le canton de Berne que pour la Confédération. Si on comprend la démarche des anti-séparatistes qui ont réussi à faire annuler le vote, on peut leur dire qu’ils n’ont pas rendu service au Canton qu’ils ne veulent pas quitter ; alors qu’en acceptant le verdict ils auraient pu sans doute obtenir des garanties au sein du canton du Jura ; qu’il s’agisse d’éléments comme la scolarité ou l’hôpital de Moutier.


En fait, cette histoire jurassienne remonte au Congrès de Vienne ; lorsque les grandes puissances ont attitbué à Berne, —qui ne le demandait pas—, ce Jura francophone. Que les districts du Nord, catholiques, aient pu arracher leur indépendance de Berne et se faire accueillir comme Canton ; voilà qui était logique. Que Moutier, en proie à la suite de l’effervescence séparatiste finisse par rejoindre ce Canton du Jura, voilà qui semble inscrit dans l’histoire. Que les autres districts du sud préfèrent, même avec un reste de territoire francophone devenu très petit, demeurer bernois car leurs habitants sont très majoritairement reliés personnellement et collectivement au vieux canton ; voilà une réalité que l’on se résignait à admettre dans le canton du Jura. Pour en finir donc, il fallait que les citoyens de Moutier votent en majorité pour le Jura et non pas contre. Cela semblait fait. Si la justice confirme l’annulation prononcée par un préfet bernois, tout sera à refaire ; car on ne pourra pas en rester là durant des décennies, n’en déplaise aux recourants. Au fond, tout le monde, ou presque, se serait bien passé de leur coup juridique. Puisse au moins la suite ne pas baigner dans la violence. Une réussite helvétique, dans cette longue crise jurassienne, a été de maîtriser la violence. C’est le souhait immédiat.

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01/11/2018

L’Initiative anti-suisse

Des trois sujets soumis au vote populaire, le plus important est évidemment l’Initiative de l’ UDC dite pour <le droit suisse au lieu de juges étrangers>. Beaucoup a déjà été exprimé sur les conséquences négatives qu’aurait ce texte s’il était accepté et inscrit dans notre Constitution. Ce serait un renversement d’attitude et d’image de la Suisse sur la scène internationale, et européenne plus particulièrement. D’ailleurs à Bruxelles, on attend le vote helvétique avant poursuivre les négociations si nécessaires en vue d’un acccord institutionnel général. Il devrait cadrer la marche à suivre pour établir la succession des accords bilatéraux qui éviteront à la Suisse d’être en décalage, soit en risque d’être discriminée. Dans le journal le Temps du lundi 29 octobre, le Conseiller d’Etat Piere Maudet a parfaitement décrit le décrochage qu’un succès de l’Initiative entraînerait, au détriment de la Suisse en tous domaines, et aussi de Genève évidemment.

On a un exemple qui concerne nos universités, nos hautes écoles, nos chercheurs et nos étudiants. Depuis le fameux vote de l’Initiative contre l’immigration de masse, impliquant l’Accord avec l’UE sur la libre circulation des personnes, notre participation aux programmes européens de recherche a considérablement diminué. On mesure mal, —mais elles seront inéluctables—, les conséquences dommageables pour la haute formation en Suisse, base sur laquelle s’appuie notre économie et donc condition de notre prospérité. Alors, comment peut-on prendre un tel risque ?

Cela nous fait penser au débat que nous avons mené, il y a un an, avec Christoph Blocher. Ce dernier, parlant du projet d’Accord institutionnel avec l’UE a fait une déclaration étonnante. Comme entrepreneur, a-t-il dit, je devrais être pour ; ce que me disent mes collègues entrepreneurs. Mais tant pis si c’est plus difficile. Je suis un patriote et pour moi prime la sauvegarde de notre souveraineté et de notre démocratie, lesquelles sont liées à notre histoire et notre identité. N’est-ce pas une belle déclaration ? Or, elle ne correspond nullement à notre histoire.

Certes, dans le pacte fédéral de 1291, est affirmé le refus de se soumettre aux juges étrangers ; qu’ils fussent autrichiens ou de l’Empire germanique. Et la figure de Guillaume Tell incarne la résistance. Mais Christoph Blocher a tort de se prendre pour un fils adultérin du héros légendaire. Même à l’époque, il était question de traités avec l’Empereur. Plus tard, la Suisse put s’affermir au fil de traités avec la France. La Neutralité consacrée en 1815 le fut par les traités avec les puissances européennes. Au fil de tous les événements qui suivirent, ce furent des négociations avec nos partenaires et les institutions internationales qui confortèrent notre assise de pays indépendant et notre collaboration avec l’extérieur ; dans notre intérêt et dans l’intérêt général.


Notre apport, précisément, tout comme la défense de nos intérêts sont reliés à notre réputation de fiabilité juridique. Notre signature est sûre et crue. Imaginons un peu, —si l’Initiative passait—, des négociations au cours desquelles nos partenaires penseraient : quelle confiance accorder à la Suisse, dès lors que des juges suisses seraient priés de ne pas tenir compte du traité passé avec nous s’ils voyaient, sur tel ou tel point, une contradiction avec l’ordre juridique indigène ? Finie la belle maxime <Pacta sont servanda>. Or , cette acceptation d’un engagement international dans les ordres juridiques internes est justement la cause que ne cesse de défendre la Suisse : pour un monde de paix, pour davantage de respect des droits humains. Notre souveraineté, notre identité sont faites de cette dimension intégrée dans notre Droit et nos consciences.

Quant à la Cour européenne des droits de l’homme, cible de l’UDC, elle ne corrige pas souvent le législateur ou le juge suisse. Et les recours à cette instance sont le fait de personnes habitant la Suisse. C’est donc un surcroît , et non pas un abandon, des droits démocratiques.

Mais assez. La majorité des Suisses dira non à cette Initiative qui nous serait nuisible et ne correspond pas à notre identité ni à notre rôle dans le monde.

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06/10/2018

Oser dire les choses

Le week-end dernier, on a pu lire que des propos du Conseiller national Benoît Genecand avaient suscité des remous. Peut être qu’il aurait pu s’épargner quelques compléments à son message principal, lequel était de dénoncer le deal de rue dans son quartier de Genève ; en précisant que ces dealers étaient essentiellement des Noirs. S’il avait dit Africains, particulièrement de l’Afrique de l’ouest, aurait-il moins fait réagir ? Car, évidemment, ses phrases lancées sur un réseau social ont été qualifiées de racistes et xénophobes.


On a envie de dire aux censeurs : <ça suffit>. Cet excès de zèle, au nom de la lutte contre la xénophobie et le racisme, va exactement à fin contraire. De plus en plus de citoyens sont irrités par cette constante pression bien pensante qui vise à obtenir une auto-censure. La Liberté d’expression en est atteinte et le débat démocratique pourrait risquer d’être mis sous tutelle moralisante. Parfois, on frise le ridicule. Oh, que l’on ne nous fasse pas dire ce que nous ne disons pas. Nous avions soutenu avec engagement la loi contre le racisme et l’anti-sémitisme. Il fallait une barrière, en regard du passé et en prévision de l’avenir. Mais rapprocher toujours plus cette barrière de la parole libre devient inacceptable. Un vrai démocrate ne peut que le ressentir.


Écrire , par exemple, que tous les Africains seraient des traficants, des délinquants : voilà qui serait évidemment raciste et xénophobe. Mais écrire que le trafic de rue dans un quartier de Genève est largement le fait d’Africains : est ce du racisme ? On plaisante. C’est une constatation que tout le monde peut faire. Aussi dans d’autres quartiers. Ne pas oser le dire ou l’écrire par crainte de se faire accuser de racisme et de xénophobie : voilà qui est une sorte d’abdication sur La Liberté d’expression, une petite lâcheté démocratique.


Cela n’indique pas que l’on doive suivre l’UDC ou le MCG quant aux remèdes préconisés. Par rapport à nos liens avec l’Afrique, par exemple, l’auteur de ces lignes a croisé le fer vivement avec Christoph Blocher en personne, lors d’un débat. L’avenir commande des relations de partenaires entre l’Europe et l’Afrique ; sur pied d’égalité et dans l’intérêt mutuel. Et, par ailleurs, nous n’apprécions pas toutes les positions exprimées par Benoît Genecand, notamment en ce qui concerne notre Accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne.Mais c’est un autre sujet.


En revanche, son propos sur le deal de rue par les Noirs doit être reçu comme étant une constatation d’un fait réel et vérifiable. En démocratie, faire silence sur tel aspect afin de ne pas donner des arguments aux populistes, c’est justement leur donner les meilleurs atouts électoraux. Ils peuvent, non sans raison, dénoncer une propension à masquer des vérités, au nom d’une fausse bonne conscience. Ces obsédés de la non stigmatisation en perdent leur crédibilité, Oui, il y a des limites nécessaires à la liberté d’expression. Mais ces limites doivent être suffisemment larges, concerner des paroles intentionnellement racistes. Elles ne devraient pas être ramenées au point où La Liberté d’expression serait abusivement bridée. La franchise et le réalisme dans la description des faits constituent aussi des valeurs et des repères pour l’action politique. Alors oui, osons sans tabou dire les choses telles qu’elles sont. C’est une des clés de la démocratie.

 

 

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27/09/2018

Un salut aux deux ministres sortants

Pour un Parlementaire, l’élection puis la démission d’un Conseiller fédéral est toujours un moment d’une certaine émotion. On s’habitue , entre temps, à avoir tel répondant au banc de l’Exécutif dans les débats. Pourtant, personne n’est irremplaçable. Et le système collégial fait que les Conseillers fédéraux, d’élus en élus, sont toujours sept à table.


Cela étant, le système n’échappe pas tout à fait à la personnalisation du pouvoir. Alors, bien sûr, les fées étaient réunies au berceau de Doris Leuthard. L’essentiel tient, certes, à son intelligence, à sa force de travail, à sa ténacité, à son caractère équilibré, à sa capacité d’entrer en discussion sur des dossiers qu’elle connaît toujours à fond. Qui dit mieux ! Mais elle ajoute à cela une séduction, une chaleur humaine, une intelligence émotionnelle, une approche presque tactile de ses interlocuteurs. Nicolas Sarkozy, après une rencontre à Davos, avait dit qu’on n’échappait pas à Doris Leuthard. Oui, elle a toujours défendu avec une totale loyauté l’esprit de collégialité du Conseil fédéral, mais en apportant son équation personnelle dans la politique. Cela n’a pas peu contribué à ce qu’elle gagne, au nom du Gouvernement, presque toutes les votations populaires concernant son Département.


Évidemment, Johan Schneider- Ammann ne possède pas un registre aussi large. Sa démission a suscité ici trop d’éloges et là trop de critiques. Conseiller fédéral à l’ancienne mode, ne cherchant pas la lumière des projecteurs, affranchi de tout narcissisme, simple, authentique, il a défendu avec conviction sa conception libérale de l’économie qui, à ses yeux, a forgé le succès de la Suisse. Les Parlementaires de gauche, qui avaient assuré son élection il y a huit ans, le voyaient comme un entrepreneur ouvert au dialogue social. Mais ils ont mal regardé, Etre un entrepreneur apprécié de ses collaborateurs, discutant avec les syndicalistes n’en faisait en aucune façon un adepte de l’interventionisme étatique. En revanche, quel engagement pour ouvrir des marchés à l’économie suisse ! Que de voyages avec des chefs d’entreprises ; États-Unis, Chine, Iran et tant d’autres destinations. Mais, c’est vrai, il n’aura jamais eu l’impact charismatique de sa collègue et les Romands se souviendront de son français très laborieux.


Cela étant, quelle étroitesse de réflexion que d’écrire et de dire, dans certains médias, qu’il aurait manqué sa sortie en annonçant sa démission le mardi plutôt que le vendredi. Accorder de l’importance à cet épisode est de l’enfantillage théâtral,. Ce qui compte, c’est de parler du parcours et de la personnalité du ministre. Alors, c’est évident, avec les temps qui ont changé, on a davantage envie de Conseillers fédéraux qui s’intègrent parfaitement dans le système collégial mais qui crêvent un peu l’écran et exercent un effet d’entrainement. A cet égard, Doris Leuthard restera une référence. Parmi les considération pour choisir les successeurs, ces qualités devraient être retenues.Cela plaide pour l’élection de Karin Keller- Suter, laquelle a une maitrise impressionnante des langues nationales ; ce qui est bon pour la cohésion confédérale.


Toutefois, même si les temps changent et si les profils des candidats doivent s’y adapter, le durcissement de la politique (au Parlement, entre les partis, lors des campagnes populaires) demande plus que jamais une collégialité solide du Conseil fédéral. S’il doit y avoir encore une instance où causer à l’abri des regards reste possible, si un consensus entre ministres issus de partis différents est réalisable, c’est bien au Conseil fédéral. Encore faut-il que la position collégiale ne soit pas simplement le plus petit dénominateur commun, mais qu’il s’agisse d’une collégialité dynamique, engagée, ayant un effet rassembleur.

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16/09/2018

Sur Maudet un hallali douteux

Sur Maudet un hallali douteux

C’est entendu, en acceptant l’invitation d’un fils d’émir dans les conditions que l’on sait, Pierre Maudet a commis une grosse erreur de jugement. Ce jeune ténor de la politique dèjà auréolé d’une belle renomée aurait dû se souvenir qu’il était lié aux critères, aux prudences de chez nous et qu’il ne pouvait s’ouvrir aux us et coutumes orientaux en matière de gestes amicaux. Devant sa première version des faits, il y avait pourtant de bonnes raisons pour dire qu’il fallait passer à autre chose.

Malheureusement, au lieu d’avouer franchement la faute de jugement dès l’acceptation de l’invitation, Pierre Maudet a cru pouvoir minimiser l’affaire en présentant une version biaisée. C’est blamâble mais courant et humain. Mais en politique, c’est la manœuvre qui peut vous retomber desssus et vous tuer. Que d’exemples à cet égard. Cette dérobade funeste, qualifiée de mensonge, pèse lourd aujourd’hui dans la balance. Une instruction judiciaire va avoir lieu. Une marginalisation politique partielle a déjà eu lieu. Pierre Maudet poura-t-il tenir, s’en sortir, rebondir et retrouver la confiance tel le pénitent lavé de sa faute ? C’est la question que des Genevois se posent.


Cela étant, répétons ici que la violence des critiques contre lui a de quoi étonner et choquer. On pense à la chasse médiatique de certains et aux déclarations claquantes comme des gifles de politiciens. Si, de la part de la Gauche, c’était attendu, que dire des prétendus alliés politiques ! Dans le genre, le Président du PDC genevois, avec son allure de sacristain qui se prend pour le grand inquisiteur, ne fait pas dans la nuance. On se réjouit qu’il passe le témoin à son successeur, Que dire encore des propos tenus par la Présidente du PLR suisse ! Elle a perdu une bonne occasion de trouver un ton équilibré et d’attendre d’y voir plus clair. En contraste, les déclarations publiques du Président du PLR genevois sont à la hauteur de sa fonction. Lui a trouvé le ton juste.


Ah tous ces soudains vertueux dénonciateurs excités au son de l’hallali contre une vedette politique qui leur a fait souvent de l’ombre ; ces journalistes qui peuvent combiner la chasse à la bête blessée et la chasse au lectorat ! Or, il importerait de remettre les faits à une plus juste place. Pierre Maudet a brillamment servi la République. Il avait pris une stature nationale. Il a fait avancer de nombreux dossiers épineux. Il n’a pas eu peur de prendre des décisions, quitte à se faire des ennemis, y compris dans la fonction publique. Il a démontré une capacité de travail et d’entraînement peu commune, Ce n’est pas rien tout cela.


Et tout de même. IL faut une mise en perspective sur cette malheureuse affaire qui le coule. Il a commis une erreur, agravée par un mensonge. Mais enfin ! Cet homme, par ailleurs austère dans sa vie privée, aussi peu bling bling que possible ne s’est pas enrichi d’un centime. Et son erreur n’a pas coûté un centime à la collectivité. Ce ne fut pas toujours le cas d’erreurs d’autres politiciens genevois ; notamment à la ville. Jusqu’à preuve du contraire, aucune faveur indue à un tiers étranger n’a été promise. Dans la dramatisation entretenue par des médias et des politiciens, avec le soupçon du pire répandu complaisamment, on a créé une disproportion entre les faits réels et la violence des critiques. Même le mensonge, sorti fâcheusement et maladroitement de cet épisode voyageux, ne fait nullement de l’homme un menteur d’habitude.


Autrement dit, il serait injuste d’invalider presque toute l’activité civique, tous les apports remarqués de cet homme d’Etat en regard de cet épisode unique. Ceux qui, au-delà de l’information et de l’attente de précisions, s’acharnent aujourd’hui sur Pierre Maudet glissent dans l’excès. Oui le Pierre Maudet du voyage mal choisi et ensuite dissimulé méritait un blâme. En revanche, le Pierre Maudet engagé, talentueux, travailleur, civique, efficace au service de Genève continue de mériter éloge et reconnaissance. Quelle que soit l’issue de la crise après l’instruction judiciaire, —ou bien un rétablissement ou bien l’éclipse finale—, n’oublions jamais tout le positif qu’aura offert cet homme politique de premier ordre. Avec un regard large et sur la durée, c’est ce qui devrait compter le plus.

 

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20/08/2018

Kofi Annan un repère pour s’engager

Depuis l’annonce de son décès, les hommages affluent pour saluer l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. N’en rajoutons pas. Ceux qui s’expriment ont fait beaucoup mieux que de le croiser et de l’écouter à l’occasion. Ils ont travaillé avec lui, ont entrepris de belles actions avec lui et ils ont, pour quelques uns, tissé des liens forts d’amitié.


Revenons simplement à la rencontre entre un homme remarquable à maints égards et l’Institution qu’il a servie ; ou plutôt dont il a voulu se servir pour amener plus de paix et de dialogue dans ce monde. Ces derniers jours, on a rappelé des réalisations, des succès auxquels il a contribué. Le soutien décisif à la Genève internationale au service de la paix et des droits de l’homme n’a pas été oublié. On a rappelé aussi des échecs, des impuissances , dont il n’était pas responsable mais dont il portait le poids et qui marquaient les limites de l’ONU. Un journaliste a parlé de la noblesse du personnage, même dans l’impuissance. Guillaume d’Orange, au dix-septième siècle, avait eu cette phrase : <il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer>. Cela sent un peu trop une vieille morale protestante et ce n’est pas tout à fait juste. Il est recommandé d’espérer concourir à un résultat positif lorsque l’on s’engage. Sinon, ce serait à désepérer des autres et de soi-même. Kofi Annan , malgré les frustrations, ne désespérait pas du monde et trouvait donc, au-delà de son devoir moral, une motivation pour son engagement.


C’est peut être là un des repères que nous lègue Kofi Annan. Avec la volonté et le concours de ceux qui partagent vos efforts, il est possible d’obtenir des résultats heureux. Et, quand on ne les obtient pas, il y a une raison d’être dans le fait d’avoir tenté l’action. Même l’échec, quelquefois, ou l’impuissance devant les réalités des pouvoirs peuvent laisser des traces positives qui nourriront l’avenir. Un parole forte, une désaprobation affirmée (comme face à l’intervention américaine en Irak), un rappel constant de la nécessité du dialogue, du multilatéralisme contre le nationalisme et les rapports de force : autant de marquages personnels qui sont des jalons pour des héritiers.


On peut ne pas être toujours d’accord avec ce qu’il a dit ; par exemple au sujet de l’émigration africaine vers l’Europe. Si le rappel du devoir humanitaire est essentiel, les réticences européennes sont légitimes. Des équilibres de société sont en jeu. En revanche, comment ne pas le suivre, lui et d’autres, lorsqu’il s’agit d’agir en concertation pour un développement de pays africains -partenaires à même de garder leur population.

Lorsqu’une personnalité de cette envergure morale disparaît, il est difficile de mesurer son rôle avec une appréciation s’inscrivant dans le long terme. Mais, dans la lignée des personnages marquants qui ont cheminé au cœur de l’histoire humaine tourmentée, Kofi Annan a agi comme il était ; et cela fait du bien.

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14/06/2018

L’UE tourne en désordre autour de son âme

L’Union européenne, à l’approche de son sommet problématique, ne sait plus très bien où elle en est : et la Suisse, par rapport à cette UE, ne le sait plus très bien non plus. La semaine dernière ont eu lieu, sous l’égide de la Fondation Tocqueville, du Figaro et d’un groupe de réflexion, des échanges de très haut niveau sur les défis les plus importants qui se présentent au monde en général et à l’Europe en particulier. On peut en retrouver un survol dans Le Figaro de lundi dernier. Arrêtons-nous sur la question européenne.


L’Europe est un très ancien espace culturel, historique, couturé malheureusement de constants affrontements nationaux. Au dix-huitième siècle on parlait largement français à la Cour de Berlin et à celle de Vienne ; tandis que l’on s’affrontait en même temps dans une guerre de sept ans. L’Europe napoléonienne a explosé de son <ubris>. Au début du siècle passé, l’élite intellectuelle et artistique sautait allègrement par-dessus les frontières ; tandis que se préparait la grande guerre qui allait casser la primauté de l’Europe dans le monde. Et durant la deuxième guerre mondiale, un Stéphan Zweig se suicidait de désespoir devant ce qu’il ressentait comme étant le suicide de la civilisation européenne.


Alors, évidemment, n’en déplaise à certains Helvètes, sceptiques de toujours, la création de ce qui est devenu l’Union européenne levait un espoir de résurrection d’un esprit européen séculaire ; en même temps que de la naissance d’une entité politique et économique de poids, respectueuse et riche des nations, des peuples la composant. Un chemin esquissé vers une réussite à la Suisse, en somme. Or, tout est allé trop vite avec la chute du mur de Berlin. L’élargissement accéléré n’a pas pris vraiment les traces des chenilles de l’approfondissement.


Au séminaire Tocqueville, la question fut posée à Hubert Védrine, l’ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand. Qu’est-ce qui coince le plus actuellement dans l’UE ? Eh bien d’abord le fait que l’évolution des institutions, les mécanismes conduisant à des accords parlent de moins en moins aux peuples. Un écart s’est creusé entre les élites en charge du fonctionnement et les opinions. Cela n’a pas favorisé, avec en outre les confrontations d’intérêts nationaux à défendre, une conjonction de l’âme et de l’esprit. Il y aurait donc un nouveau dosage à inventer, à trouver afin de mieux impliquer les peuples dans les processus européens ; cela en évitant trop de possibilités de blocages et de paralysies. Plus facile à dire qu’à faire ! C’est d’autant plus difficile que se pose avec une grande acuité la question de la migration. On n’y était pas préparé. Ici, faute d’une coordination politique claire, les membres se divisent sur le sujet. Entre l’exigence humanitaire et celle de la protection légitime, une balance non trouvée. Cela se double d’une hésitation fragilisante sur cette question fondamentale de l’identité culturelle, juridique, politique dans nos démocraties face à un Islam radicalisé. Il est, certes, minoritaire mais il est agissant et rend l’Islam euro compatible plus ou moins aphone. La clarté et la fermeté sont des conditions clés de l’intégration, avec, bien sûr, les actions sociales et pour la formation . Faute de savoir relever ces défis, l’Union européenne sera condamnée aux dissonances, aux tensions internes dans des pays membres, à une montée de populisme nationaliste et à une certaine inconsistance sur la scène internationale en regard de grandes puissances jouant bilatéralement sur les rapports de force.


Et la Suisse ? Eh bien, quitte à passer une fois encore pour un Europhile psycho rigide, répétons qu’elle ne peut s’abstraire des défis posés à l’Union européenne. Il faut qu’elle réussisse à consolider son lien institutionnel, à négocier avec cette UE. C’est la condition des collaborations indispensables en tous domaines. Il y faut une action diplomatique claire, mais aussi un engagement résolu sur le front intérieur, afin de combattre l’illusion agissante conduite par les tenants aveugles de la souveraineté absolue.

Que de défis ! Que de motifs d’inquiétude ! Mais que de raisons de s’engager ! Voici que se présente plus encore la nécessité et la noblesse de la Politique.

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