16/09/2018

Sur Maudet un hallali douteux

Sur Maudet un hallali douteux

C’est entendu, en acceptant l’invitation d’un fils d’émir dans les conditions que l’on sait, Pierre Maudet a commis une grosse erreur de jugement. Ce jeune ténor de la politique dèjà auréolé d’une belle renomée aurait dû se souvenir qu’il était lié aux critères, aux prudences de chez nous et qu’il ne pouvait s’ouvrir aux us et coutumes orientaux en matière de gestes amicaux. Devant sa première version des faits, il y avait pourtant de bonnes raisons pour dire qu’il fallait passer à autre chose.

Malheureusement, au lieu d’avouer franchement la faute de jugement dès l’acceptation de l’invitation, Pierre Maudet a cru pouvoir minimiser l’affaire en présentant une version biaisée. C’est blamâble mais courant et humain. Mais en politique, c’est la manœuvre qui peut vous retomber desssus et vous tuer. Que d’exemples à cet égard. Cette dérobade funeste, qualifiée de mensonge, pèse lourd aujourd’hui dans la balance. Une instruction judiciaire va avoir lieu. Une marginalisation politique partielle a déjà eu lieu. Pierre Maudet poura-t-il tenir, s’en sortir, rebondir et retrouver la confiance tel le pénitent lavé de sa faute ? C’est la question que des Genevois se posent.


Cela étant, répétons ici que la violence des critiques contre lui a de quoi étonner et choquer. On pense à la chasse médiatique de certains et aux déclarations claquantes comme des gifles de politiciens. Si, de la part de la Gauche, c’était attendu, que dire des prétendus alliés politiques ! Dans le genre, le Président du PDC genevois, avec son allure de sacristain qui se prend pour le grand inquisiteur, ne fait pas dans la nuance. On se réjouit qu’il passe le témoin à son successeur, Que dire encore des propos tenus par la Présidente du PLR suisse ! Elle a perdu une bonne occasion de trouver un ton équilibré et d’attendre d’y voir plus clair. En contraste, les déclarations publiques du Président du PLR genevois sont à la hauteur de sa fonction. Lui a trouvé le ton juste.


Ah tous ces soudains vertueux dénonciateurs excités au son de l’hallali contre une vedette politique qui leur a fait souvent de l’ombre ; ces journalistes qui peuvent combiner la chasse à la bête blessée et la chasse au lectorat ! Or, il importerait de remettre les faits à une plus juste place. Pierre Maudet a brillamment servi la République. Il avait pris une stature nationale. Il a fait avancer de nombreux dossiers épineux. Il n’a pas eu peur de prendre des décisions, quitte à se faire des ennemis, y compris dans la fonction publique. Il a démontré une capacité de travail et d’entraînement peu commune, Ce n’est pas rien tout cela.


Et tout de même. IL faut une mise en perspective sur cette malheureuse affaire qui le coule. Il a commis une erreur, agravée par un mensonge. Mais enfin ! Cet homme, par ailleurs austère dans sa vie privée, aussi peu bling bling que possible ne s’est pas enrichi d’un centime. Et son erreur n’a pas coûté un centime à la collectivité. Ce ne fut pas toujours le cas d’erreurs d’autres politiciens genevois ; notamment à la ville. Jusqu’à preuve du contraire, aucune faveur indue à un tiers étranger n’a été promise. Dans la dramatisation entretenue par des médias et des politiciens, avec le soupçon du pire répandu complaisamment, on a créé une disproportion entre les faits réels et la violence des critiques. Même le mensonge, sorti fâcheusement et maladroitement de cet épisode voyageux, ne fait nullement de l’homme un menteur d’habitude.


Autrement dit, il serait injuste d’invalider presque toute l’activité civique, tous les apports remarqués de cet homme d’Etat en regard de cet épisode unique. Ceux qui, au-delà de l’information et de l’attente de précisions, s’acharnent aujourd’hui sur Pierre Maudet glissent dans l’excès. Oui le Pierre Maudet du voyage mal choisi et ensuite dissimulé méritait un blâme. En revanche, le Pierre Maudet engagé, talentueux, travailleur, civique, efficace au service de Genève continue de mériter éloge et reconnaissance. Quelle que soit l’issue de la crise après l’instruction judiciaire, —ou bien un rétablissement ou bien l’éclipse finale—, n’oublions jamais tout le positif qu’aura offert cet homme politique de premier ordre. Avec un regard large et sur la durée, c’est ce qui devrait compter le plus.

 

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20/08/2018

Kofi Annan un repère pour s’engager

Depuis l’annonce de son décès, les hommages affluent pour saluer l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan. N’en rajoutons pas. Ceux qui s’expriment ont fait beaucoup mieux que de le croiser et de l’écouter à l’occasion. Ils ont travaillé avec lui, ont entrepris de belles actions avec lui et ils ont, pour quelques uns, tissé des liens forts d’amitié.


Revenons simplement à la rencontre entre un homme remarquable à maints égards et l’Institution qu’il a servie ; ou plutôt dont il a voulu se servir pour amener plus de paix et de dialogue dans ce monde. Ces derniers jours, on a rappelé des réalisations, des succès auxquels il a contribué. Le soutien décisif à la Genève internationale au service de la paix et des droits de l’homme n’a pas été oublié. On a rappelé aussi des échecs, des impuissances , dont il n’était pas responsable mais dont il portait le poids et qui marquaient les limites de l’ONU. Un journaliste a parlé de la noblesse du personnage, même dans l’impuissance. Guillaume d’Orange, au dix-septième siècle, avait eu cette phrase : <il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer>. Cela sent un peu trop une vieille morale protestante et ce n’est pas tout à fait juste. Il est recommandé d’espérer concourir à un résultat positif lorsque l’on s’engage. Sinon, ce serait à désepérer des autres et de soi-même. Kofi Annan , malgré les frustrations, ne désespérait pas du monde et trouvait donc, au-delà de son devoir moral, une motivation pour son engagement.


C’est peut être là un des repères que nous lègue Kofi Annan. Avec la volonté et le concours de ceux qui partagent vos efforts, il est possible d’obtenir des résultats heureux. Et, quand on ne les obtient pas, il y a une raison d’être dans le fait d’avoir tenté l’action. Même l’échec, quelquefois, ou l’impuissance devant les réalités des pouvoirs peuvent laisser des traces positives qui nourriront l’avenir. Un parole forte, une désaprobation affirmée (comme face à l’intervention américaine en Irak), un rappel constant de la nécessité du dialogue, du multilatéralisme contre le nationalisme et les rapports de force : autant de marquages personnels qui sont des jalons pour des héritiers.


On peut ne pas être toujours d’accord avec ce qu’il a dit ; par exemple au sujet de l’émigration africaine vers l’Europe. Si le rappel du devoir humanitaire est essentiel, les réticences européennes sont légitimes. Des équilibres de société sont en jeu. En revanche, comment ne pas le suivre, lui et d’autres, lorsqu’il s’agit d’agir en concertation pour un développement de pays africains -partenaires à même de garder leur population.

Lorsqu’une personnalité de cette envergure morale disparaît, il est difficile de mesurer son rôle avec une appréciation s’inscrivant dans le long terme. Mais, dans la lignée des personnages marquants qui ont cheminé au cœur de l’histoire humaine tourmentée, Kofi Annan a agi comme il était ; et cela fait du bien.

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14/06/2018

L’UE tourne en désordre autour de son âme

L’Union européenne, à l’approche de son sommet problématique, ne sait plus très bien où elle en est : et la Suisse, par rapport à cette UE, ne le sait plus très bien non plus. La semaine dernière ont eu lieu, sous l’égide de la Fondation Tocqueville, du Figaro et d’un groupe de réflexion, des échanges de très haut niveau sur les défis les plus importants qui se présentent au monde en général et à l’Europe en particulier. On peut en retrouver un survol dans Le Figaro de lundi dernier. Arrêtons-nous sur la question européenne.


L’Europe est un très ancien espace culturel, historique, couturé malheureusement de constants affrontements nationaux. Au dix-huitième siècle on parlait largement français à la Cour de Berlin et à celle de Vienne ; tandis que l’on s’affrontait en même temps dans une guerre de sept ans. L’Europe napoléonienne a explosé de son <ubris>. Au début du siècle passé, l’élite intellectuelle et artistique sautait allègrement par-dessus les frontières ; tandis que se préparait la grande guerre qui allait casser la primauté de l’Europe dans le monde. Et durant la deuxième guerre mondiale, un Stéphan Zweig se suicidait de désespoir devant ce qu’il ressentait comme étant le suicide de la civilisation européenne.


Alors, évidemment, n’en déplaise à certains Helvètes, sceptiques de toujours, la création de ce qui est devenu l’Union européenne levait un espoir de résurrection d’un esprit européen séculaire ; en même temps que de la naissance d’une entité politique et économique de poids, respectueuse et riche des nations, des peuples la composant. Un chemin esquissé vers une réussite à la Suisse, en somme. Or, tout est allé trop vite avec la chute du mur de Berlin. L’élargissement accéléré n’a pas pris vraiment les traces des chenilles de l’approfondissement.


Au séminaire Tocqueville, la question fut posée à Hubert Védrine, l’ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand. Qu’est-ce qui coince le plus actuellement dans l’UE ? Eh bien d’abord le fait que l’évolution des institutions, les mécanismes conduisant à des accords parlent de moins en moins aux peuples. Un écart s’est creusé entre les élites en charge du fonctionnement et les opinions. Cela n’a pas favorisé, avec en outre les confrontations d’intérêts nationaux à défendre, une conjonction de l’âme et de l’esprit. Il y aurait donc un nouveau dosage à inventer, à trouver afin de mieux impliquer les peuples dans les processus européens ; cela en évitant trop de possibilités de blocages et de paralysies. Plus facile à dire qu’à faire ! C’est d’autant plus difficile que se pose avec une grande acuité la question de la migration. On n’y était pas préparé. Ici, faute d’une coordination politique claire, les membres se divisent sur le sujet. Entre l’exigence humanitaire et celle de la protection légitime, une balance non trouvée. Cela se double d’une hésitation fragilisante sur cette question fondamentale de l’identité culturelle, juridique, politique dans nos démocraties face à un Islam radicalisé. Il est, certes, minoritaire mais il est agissant et rend l’Islam euro compatible plus ou moins aphone. La clarté et la fermeté sont des conditions clés de l’intégration, avec, bien sûr, les actions sociales et pour la formation . Faute de savoir relever ces défis, l’Union européenne sera condamnée aux dissonances, aux tensions internes dans des pays membres, à une montée de populisme nationaliste et à une certaine inconsistance sur la scène internationale en regard de grandes puissances jouant bilatéralement sur les rapports de force.


Et la Suisse ? Eh bien, quitte à passer une fois encore pour un Europhile psycho rigide, répétons qu’elle ne peut s’abstraire des défis posés à l’Union européenne. Il faut qu’elle réussisse à consolider son lien institutionnel, à négocier avec cette UE. C’est la condition des collaborations indispensables en tous domaines. Il y faut une action diplomatique claire, mais aussi un engagement résolu sur le front intérieur, afin de combattre l’illusion agissante conduite par les tenants aveugles de la souveraineté absolue.

Que de défis ! Que de motifs d’inquiétude ! Mais que de raisons de s’engager ! Voici que se présente plus encore la nécessité et la noblesse de la Politique.

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22/05/2018

Ils ont su résister

Le nouveau Conseil d’Etat a réparti les responsabilités. Pierre Maudet devient Président en gardant la sécurité et l’aéroport. Certains, dans les médias, auront grinçé des dents. Or, ne leur en déplaise, c’est une information réconfortante. Les six collègues de Pierre Maudet ont résisté à la pression qui visait, au minimum, à écarter le premier de classe de la Présidence. On l’a déjà dit : lorsque la presse et les médias audio visuels informent sur un fait qui pose des questions, ils font leur travail positif d’investigation. Lorsque cela tourne à l’information orientée, ils ne sont plus dans le bon axe de la démocratie. Cette information orientée date de l’ère Pilet, dans les années quatre vingt. Elle susccédait à l’information conventionnelle, peu curieuse ,dont l’auteur de ces lignes se contentait trop à l’époque. Il faut être capable d’autocritique,—-ce qui n’est guère le cas de nombreux journalistes comme de nombreux politiciens. Mais l’information orientée a ses dérives. On donne les réponses insérées dans le soupçon, plutôt que de se contenter de poser des questions sans préjugé sur la conclusion à tirer. Et , à force d’insister, on pense avoir condamné publiquement l’accusé sur la place publique ; en attendant avec gourmandise une sanction politique que l’on aurait presque dictée. Parfois, cela marche. Parfois, cela ne marche pas. Anne Emery-Torracinta avait commis une maladresse, voire une faute politique autour de l’affaire Ramadan. Pas de quoi l’invalider sur toute son action a jugé le peuple lui-même. Elle a été réélue. Le peuple a eu une réaction saine.

Pierre Maudet a commis une imprudence politique, a mal communiqué au début. Pas de quoi le marginaliser politiquement ont estimé ses collègues. Il ont n’ont donc pas cédé à une pression hors proportion et ils ont été fidèles à la lucidité politique, à la loyauté collégiale. iIs ont respecté la démocratie en portant à leur présidence celui qui fut élu au premier tour et porte les couleurs du parti ayant obtenu le plus de sièges au Parlement. Toute autre décision eût été une marque de faiblesse et de fragilité.

Or, si un Gouvernement doit être attentif à ce que révèlent des médias, si chaque ministre doit s’efforcer d’être exemplaire, et savoir reconnaître une erreur commise, en tirer la leçon, un Gouvernement digne de ce nom doit être solide , être en tout temps capable de résister aux pressions, aux déstabilisations, conscient qu’il tire sa légitimité et son autorité du peuple et de lui seul.

Pierre Maudet n’a plus, maintenant, qu’à mériter cette confiance du Collège gouvernemental. Il va, dans les jours qui viennent, orchestrer l’élaboration du discours de St-Pierre. On en revient à l’essentiel au service de Genève.

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19/05/2018

Sur Maudet ça suffit!

Depuis une semaine, certains médias genevois font d’une erreur de Pierre Maudet une affaire gravissime. Oui, le magistrat a fait preuve d’imprudence, de naïveté et d’une temporaire perte de conscience du risque de confusion des genres. C’est regrettable. Lorsque l’on occupe une telle charge, la vigilance constante dans ce domaine est de mise. Le malaise qu’il a ressenti très vite au sujet du financement et des conditions de ce voyage montre qu’il l’a finalement compris ; mais clairement un peu tard. C’était il y a deux ans et demi. La dénonciation tardive qui a révélé ce fait n’émane évidemment pas d’un esprit pur, qui serait animé par le seul souci d’éthique. Le désir de nuire est évident ici. Mais passons…


Oui, un journal, une radio sont dans leur rôle en informant le public sur tel ou tel dérapage d’une personnalité politique. Rien à dire là-dessus. Toutefois, si ce rôle est vraiment branché sur l’éthique, un critère essentiel est celui de la proportionnalité. Ajoutons la prudence et la rigueur professionnelle qui doivent encadrer cette mission d’investigation et d’information. Une balance doit évidemment être tenue entre d’éventuels accusateurs et la personne visée. En somme, être journaliste d’investigation, ce n’est pas être procureur-accusateur. A l’heure actuelle, il y a probablement des journalistes qui admirent par exemple Mediapart et son responsable Eddy Plenel. Heureusement, on a pu entende aussi des journalistes français de très bonne réputation avoir un regard très critique sur ce Média, et sur ce personnage ambigü qui n’exhale un parfum ni de pureté, ni d’objectivité. Ce n’est vraiment pas un modèle.


Nous avons personnellement trop fréquenté, au cours de notre parcours journalistique, les réunions de rédaction pour être, à notre tour, de vieux naïfs. Le phénomène d’auto-allumage, la trouvaille de l’os qu’il faut exploiter à fond, la stratégie du feuilleton , jour après jour, afin de peser sur la suite des événements, la mise en évidence par des affiches et des titres accrocheurs susceptibles de capter des lecteurs, une ambiance d’excitation du chasseur : tout cela nous le connaissons fort bien. On ne nous la fait pas. Le manteau du chevalier blanc gardien de la vertu démocratique poursuivant les fautifs et les égarés est un manteau qui peu cacher bien des choses. L’homme est complexe ; le journaliste donc aussi. Ce dernier devrait d’ailleurs se souvenir que, pour l’indice de confiance au sein de la population, il partage un score peu enviable avec le politicien. De quoi rendre l’un et l’autre modestes.


Mais revenons à Pierre Maudet. La faute est patente. L’étonnement devant l’imprudence est exprimée. Faut-il en ajouter et en rajouter encore ? Non ! Il se trouve que cette histoire de voyage malencontreux cadre très mal avec la personnalité d’un homme connu pour être sobre, aux loisirs simples ; bref très éloigné du monde de La Jet-Set. Ce détournement d’image est donc vraiment bête. Va-t-on dès lors poursuivre avec cette image là un homme dont nous sommes convaincu de l’honnêteté fondamentale ?


Mais il y a beaucoup plus à considérer. Pierre Maudet , élu dès le premier tour au Gouvernement, est un homme d’Etat pivot pour Genève. Il est devenu connu en Suisse. Notre Canton aurait grand profit à le retrouver à la présidence du Conseil d’Etat, présidence accompagnée de la direction d’un Département. On devrait compter sur lui pour une conjonction d’équilibre, de cohérence et de dynamisme gouvernemental durant la législature qui s’ouvre. Va-t-on gâcher cette chance, diminuer sa marge d’action politique dans l’intérêt de Genève ? Oh, la réponse vient. C’est lui qui a gâché les choses avec cette affaire. Encore une fois, l’erreur est indéniable, reconnue. Mais une autre erreur, plus néfaste, serait de perdre le sens de la mesure, le critère essentiel de proportionnalité, la capacité de résister au goût de la chasse à l’homme et à la satisfaction professionnelle de tirer en longueur sur un bon coup.

En un mot comme en cent : sur Maudet, ça suffit. Laissons le maintenant travailler, avec tout son potentiel, au service des Genevois et de Genève.

 

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16/05/2018

Ah si c’était Jérusalem la lumineuse

Les morts palestiniens de Gaza au moment de l’inauguration festive de l’ambassade américaine à Jérusalem ont choqué. Donal Trump, avec son simplisme ravageur, ne cesse de souffler sur des braises. Le contraste des images n’a été bon ni pour Israël ni pour les États-Unis. Il faut, pourtant, essayer d’aborder la question de Jérusalem dans sa profondeur historique et son étendue politique. Franchement, quel Israélien, quel Juif de par le monde pourrait contester, dans son cœur et son esprit, que Jérusalem est la capitale de l’État hébreu ? Il ne saurait admettre que le lien incontestable entre cette ville et les Juifs puisse être relativisé.


Seulement voilà : Jérusalem est aussi une ville exceptionnelle pour les Musulmans et pour les Palestiniens en particulier. Comment s’en sortir ? On sait bien que tout a commencé à se compliquer dès la première guerre mondiale. On a connu l’effondrement de l’Empire ottoman, le mandat froid des Britanniques, l’entrée régulière de Juifs dynamiques retrouvant la terre promise , terre de refuge et d’identité. C’est à la fin du dix neuvième siècle, en pleine affaire Dreyfus et dans un climat d’anti-sémitisme en Europe qui allait déboucher sur l’horreur, que l’idée d’un Etat juif s’est mise à cheminer. Les pères fondateurs, les Ben Gourion et autres, voulaient un Etat laïc mais la religion et les religieux ont évidemment marqué le processus. La guerre de 1848,—la catastrophe pour les Palestiniens—, était-elle inévitable ? Oui, dès lors que les Arabes refusaient absolument la création de cet Etat d’Israël. Celles de 1956 et de 1968 ? Oui, si l’on se souvient que Nasser voulait cimenter une unité arabe dans un exercice de destruction d’Israël. Si l’on veut être Lucide et équitable, il ne faut jamais oublier ce passé.

 

C’est après que la politique israélienne a progressivement dérapé. Les assassinats de Sadate et de Rabin ont été un malheur. Ces deux guerriers devenus hommes d’Etat visaient la paix. La création de deux Etats, avec la même ville comme capitale selon un arrangement à organiser, se présentait comme une belle perpective. Hélas, l’intransigeance de mouvements palestiniens d’un côté et l’implantation systématique de colonies israéliennes en Cisjordanie occupée de l’autre ont obscurci cette perspective. Ajoutons l’isolement de Gaza avec une surpopulation complètement coincée. Tout n’est pas de la faute d’Israël. Que d’occasions perdues, sans compter les luttes internes, du côté palestinien. Il n’empêche que les autorités israéliennes se croient réalistes en voulant créer une impasse irréversible pour les Palestiniens. Elles ne font qu’attiser le désespoir et la haine.


Oui un désespoir des Palestiniens. Ils n’ont plus guère de poids politique dans le contexte régional de la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran ; de la situation en Syrie ; de la lutte contre le terrorisme international ; de la tension entre l’Iran et les Etats-Unis encouragés par Israël. Quant à l’Europe, on perçoit avec chagrin les limites de son influence. L’ancien Secrétaire d’Etat suisse Edouard Brunner misait à terme sur une prise de conscience de la diaspora juive, particulièrement américaine, afin qu’une pression s’exerce sur Israël et l’incite à des initiatives généreuses et historiques. Mais, avec notamment 500.000 colons installés en Cisjordanie occupée, n’est-ce pas trop tard ? Alors, un mouvement irréversible : mais vers quoi ?


Quant à Jérusalem ! Si le principe d’une ville capitale de l’Etat hébreu ne peut qu’être reconnu, l’implantation pratique mais aussi symbolique d’ambassades occidentales aurait dû et devrait être subordonnée à l’avancement réel d’un processus de négociations en vue d’une paix globale. Il y faudrait la création d’un vrai Etat palestinien trouvant sa place aux côtés de l’Etat hébreu. Hélas, avec la rigidité des autorités israéliennes confortée par le simplisme politique des États-Unis de Trump, et se justifiant aussi devant l’intransigeance de certains mouvements palestiniens un processus de paix est-il encore imaginable ? Ajoutons à cela une indifférence environnante dans une région qui a d’autres problèmes. La masse humaine palestinienne, déstructurée, pourra-t-elle secréter autre chose qu’une jeunesse désespérée ?


Oh Jérusalem, tu devrais être une lumière de concorde et de paix dans le monde, avec ta dimension culturelle et spirituelle unique. Tu pourrais être Jérusalem la lumineuse universelle. Pourquoi restes tu la ténébreuse ?

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08/05/2018

Quelle alchimie pour le Conseil d’Etat?

Lorsque l’on rentre de Belgique, —où l’on a pu échanger quelques propos sur les systèmes institutionnels suisse et belge—, on se dit que la Confédération helvétique est un sacré pays issu d’une sacrée histoire. Elle vaudrait la peine d’être plus et mieux racontée dans nos écoles.


Ce qui relève des habitudes politiques tient à ces gouvernements de coalition que l’on retrouve aussi bien dans les Cantons qu’à l’échelon fédéral. Le mécanisme de démocratie directe y a incité. A Genève, on a eu, certes, une domination radicale mais c’était dans des temps anciens. Les dernières élections genevoises ont vu deux alliances (le PS et les Verts d’une part, le PLR et le PDC d’autre part) se retrouver à égalité de sièges au Grand-conseil. Des majorités pourraient s’y former au gré d’alliances avec l’UDC et le MCG d’un côté ; le PS et ensemble à Gauche de l’autre. Mais les côtés ne sont pas dessinés avec précision. Ainsi, le MCG a montré déjà ses capacités de jouer à la balançoire.


C’est dire l’importance qu’aura le Collège exécutif. On attendrait avec davantage de confiance une ligne générale claire si l’on avait encore quatre élus de l’Entente. Certes, arithmétiquement, en regard de la composition du Parlement, la nouvelle répartition au Conseil d’Etat est logique. Mais, politiquement, avec quatre de l’Entente, les décisions gouvernementales, certes collégiales, auraient plus sûrement une connotation Centre -droit ; même si les élus Gauche-Verts seraient évidemment pris en considération pour la formation de la décision. Or, désormais, avec deux groupes de trois, ce sera le septième Conseiller d’Etat, à savoir le MCG Mauro Poggia, qui va trouver une possibilité accrue d’influencer la décision gouvernementale. Il s’est réjoui d’ailleurs d’endosser ce maillot d’arbitre. Ce n’est pas une si bonne nouvelle ; car la meilleure efficacité d’un Collège découle probablement d’un dosage subtil entre une cohabitation des forces politiques principales et une couleur modérément majoritaire permettant une cohérence et une continuité plus affirmées.


Il y a quatre ans et demi, on se posait des questions légitimes sur Mauro Poggia. Comment pouvait-on avoir été libéral, puis PDC et être devenu un chef de file MCG ? Eh bien, l’honnêteté oblige à reconnaître que le Conseiller d’Etat a levé beaucoup de doutes. Il est entré pleinement dans sa fonction. On peut discuter de ses positions, notamment à propos des frontaliers, des cliniques privées ou de l’assurance -maladie. Mais personne ne conteste sa compétence et sa détermination. Le peuple en a jugé ainsi en lui offrant une très belle élection.


Reste cette nouvelle interrogation. Résistera-t-il au plaisir de la balançoire, en entraînant son Groupe MCG au Grand-conseil ? Ou bien, d’une manière générale, Mauro Poggia s’inscrira-t-il dans un certain élan majoritaire face aux défis à relever ? Le Président incontournable de ce Gouvernement, le brillant Pierre Maudet, fera tout pour insuffler une vraie dynamique gouvernementale. S’il en était ainsi, le Conseil d’Etat pourrait inciter le Parlement à un travail positif. Genève pourrait avancer mieux vers des solutions nécessaires plutôt que de s’empêtrer, comme trop souvent, dans des oppositions et des contradictions sans fin. On va voir. Espérons.

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02/05/2018

Souvenirs de Mai 68

A chacun, pourvu qu’il ait l’âge correspondant, ses souvenirs de Mai 68. Pour l’auteur de ces lignes, alors jeune rédacteur au Journal de Genève, ce furent plutôt les trois premiers jours de Juin. Le vent avait tourné. De Gaulle , à la radio, s’était ressaisi et avait retrouvé sa voix des grandes heures. Une énorme manifestation en sa faveur avait eu lieu sur les Champs-Elysées. Toutefois, la Sorbonne, l’Odéon et nombre d’usines étaient toujours occupés. L’essence était toujours rare ; d’où la folie d’être monté à Paris en voiture avec le coffre bourré de bidons d’essence.
Souvenir…Arrivant à la Sorbonne ressemblant à un camp de vacances, quoi de mieux que d’aborder une charmante étudiante en lui demandant de se situer iéologiquement. <Je suis marxiste-trostkiste- révolutionnaire> répondit-elle avec un joli sourire. C’était bon pour l’interview. Avec ce visage, la révolution était rassurante.


Mais soyons sérieux. Au fil du reportage, on observait que l’apparente conjonction entre étudiants et ouvriers était trompeuse. Ces derniers, visités aussi, voyaient en nombre d’étudiants des jeunes bourgeois se payant le luxe et l’ivresse du désordre ; tandis qu’eux avaient des revendications sociales et politiques, relayées notamment par la CGT et la Parti communiste. La Gauche en général se voyait déjà au pouvoir. Même le rigoureux Mendès-France y perdit sa lucidité. Les revendications sociales furent en partie satisfaites au terme des accords de Grenelles. Mais enfin, tout ça pour quoi ?


Eh bien, déjà à l’époque, un jeune journaliste , pourtant bourgeois et conventionnel, pouvait sentir que s’il y avait des ferments dangereux de dilution dans cette aventure, il y avait aussi une explosion explicable, qui avait quelque chose de nécessaire. Par exemple, tous ceux qui étaient sortis récemment de l’université,—à Genève aussi—, avaient éprouvé la rigidité, la scolarité un peu sclérosée de l’enseignement. Indiscutablement, il y avait quelque chose de pesant dans l’air ambiant. On pouvait dénoncer les dérives mais on sentait également une rafale d’air frais. Il y a bien sûr eu de la démagogie, des récupérations opportunistes, des pertes de pédales. Le vieux Jean-Louis Barrault s’écriant >Barrault est mort> était pathétique. Une Jeanne Hersch, droite dans ses bottes, ne se laissait pas ébranler et ne cédait rien sur son exigence de rigueur intellectuelle. Mais, si la violence dans les rues faisait horreur, il y avait en même temps une gaité, une chaleur humaine, une envie de rêver la société qui ne laissait pas indifférent. Tout était mêlé.


Récemment, Daniel Cohn-Bendit a très bien évoqué cet aspect, cette ambiance, cette soudaine joie de vivre. Lui, n’a jamais eu la moindre tentation marxiste. Étonnant de l’entendre, lui le Juif, dénoncer pareillement le totalitarisme nazi et le totalitarisme communiste. Naturellement, une Société et un Etat ne fonctionnent pas dans le rêve ; même s’il en faudrait plus à chacun et à tous. Que de décrues négatives, particulièrement dans l’enseignement et l’éducation, Que de réintégrations de certains jeunes dans les cercles les plus conventionnels ; tandis que d’autres n’ont plus très bien trouvé leur place. Rares ont été ceux qui ont vraiment réfléchi et ont pu ensuite se définir clairement. Il est amusant de lire dans la revue des deux mondes un dialogue fictif entre Charles de Gaulle et Daniel Cohn -Bendit. Tous deux moins bourgeois qu’un Pompidou. Ils sont en opposition bien sûr mais, par certains côtés, plus proches que l’on imaginerait. Sans doute cet idéalisme et cette manière de rêver sa vie dans l’action.


Il est intéressant de comparer les étudiants échevelés de 68 imaginant un monde nouveau et les manifestants d’aujourd’hui dans les universités. Ces derniers sont des conservateurs, assis sur des critères inadaptés et refusant des réformes indispensables. A cet égard, ils ressemblent, cette fois, à la CGT et aux cheminots. Même peur, d’ailleurs compréhensible, du changement et crispation. L’imagination, la volonté d’adaptation, —maïs dans sa froideur—, elle serait plutôt macronienne.
Que peut conclure, cinquante ans après, le jeune journaliste ayant plongé un peu dans cette ambiance ? Il y a eu une excitation, une ivresse, des illusions et des dérives aux conséquences lourdes. Mais il y a eu en même temps ungoût très fort de La Liberté, une envie d’inventer, de faire vibrer les relations humaines. C’est un parfum qui a laissé quelques traces. Et puis quand même, sur le terrain, moins de rigidités structurelles et morales. Encore que…Aujourd’hui, bien des choses nous font peur. Et si le mieux à retenir était de ne pas avoir peur de vivre pleinement sa vie et d’y inviter les autres ?

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09/04/2018

Aux urnes citoyens!

La démocratie est le moins mauvais des régimes ; au moins pour des citoyens qui se sentent responsables du bien commun. Tocqueville avait déjà pointé du doigt les dérives d’une démocratie représentative : l’indifférence, l’uniformité dans l’individualisme, le conformisme des citoyens dans ce contexte. En Suisse, à l’échelon fédéral comme dans les cantons, on bénéficie d’une démocratie semi-directe. Il s’agit donc, pour le peuple, d’exercer une double influence : par l’élection des ses représentants au Parlement et , dans les cantons, également aux exécutifs ; par le droit de décision populaire directe au travers du Référendum et de l’Initiative d’autre part. Ces deux instruments directs furent, à l’origine, institués afin de permettre aux minorités sous-représentées d’en appeler au peuple sur des sujets leur tenant à cœur. L’utilisation a, depuis, été largement détournée de ce but.


Mais, ce qu’il faut comprendre est que ces deux branches de l’expression démocratique vont ensemble, procèdent du même privilège et de la même responsabilité citoyenne. Bouder l’élection des représentants, —-députés et Conseillers d’Etat—, c’est ne plus croire vraiment en notre démocratie unique en son genre; c’est afficher une méfiance irraisonnée, c’est ne plus vouloir exprimer que ses humeurs éventuelles sur tel ou tel sujet en votation. C’est démissionner de sa responsabilité citoyenne. Voilà pourquoi le coup de sonde est inquiétant qui, à Genève, laisserait entrevoir une participation très basse pour l’élection du Grand-Conseil et pour le premier tour de l’élection au Conseil d’Etat.


Genevoises, Genevois : serait-ce pour une telle indifférence que les générations précédentes se seraient historiquement engagées ? Ne pas s’informer, ne pas réfléchir, ne pas choisir et donc ne pas voter en pareil rendez vous n’est-il pas ingrat, égocentrique, irresponsable et, pour tout dire, presque un peu honteux ?


Allons ! Souhaitons encore un élan final fort, par correspondance, par voie électronique ou bien au bout de ses pieds dans les locaux de vote afin que les urnes genevoises dégagent l’esprit de notre démocratie ; afin que vive vraiment Genève.

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28/03/2018

Plus de religieux ensemble pour les valeurs communes

Une parole étonne d’autant plus lorsqu’elle est prononcée par une personnalité que l’on n’attendait pas forçément dans ce registre. Oui, c’est Michel Camdessus, —-notable de la scène économique et financière mondiale, ancien Gouverneur de la Banque de France, ancien Directeur du Fonds monétaire international —-, qui la prononce. Si l’on veut conjurer le sombre avenir qui se profile à l’horizon de l’humanité, il faudrait retrouver un chemin de l’action qui repose sur des valeurs éthiques influençant les comportements, les échanges entre les hommes et les nations. Or, pour offrir cette parole, qui devraient être les mieux placés que les témoins des grandes religions et des grandes philosophies ? Oui, ce financier international en appelle à la spiritualité ; occasion de découvrir qu’il est , lui-même, un chrétien engagé. Il dit plus encore. Ce serait bien si les servants de chacune de ces grandes religions ou philosophies disait publiquement quelle valeur centrale d’une autre est à reconnaître, à accueillir à faire sienne.


Oh, l’homme rompu, sinon fourbu sous le harnais n’est pas du genre à tomber dans l’angélisme. Son diagnostic, son analyse des probabilités sont inquiétants. Il parle de la détérioration climatique, des crises politiques et des conflits dramatiques, des risques économiques et financiers. Il parle aussi de ce fait des migrations massives qui devient,—comme le dit Finkelkraut,— un facteur de changement et de déstabilisation dont on ne mesure pas encore l’ampleur. Il y a notamment l’Afrique. Sa progression démographique est affolante. Sa progression économique, celle du niveau de vie pour beaucoup est incontestable ; mais insuffisante pour absorber l’explosion démographique. En dépit de toutes les mesures sécuritaires, aux limites du manque d’humanité souvent, le risque d’un afflux massif et continu d’Africains vers l’Europe est considérable. Dans cinquante ans, dans cent ans encore davantage, l’Europe historique, dans ses identités séculaires risque de ne plus exister. Comment conjurer le péril ? Sans aucun doute dans une idée de partage. Engagement accru, non paternaliste mais sous contrôle, pour le développement en Afrique ; jusqu’à inciter de plus en plus de jeunes Africains à croire en leurs chances chez eux. Mais il y a aussi , dans une approche plus large, une nouvelle manière de penser, de se comporter, de se détourner d’une recherche effrénée de profits immédiats, de consommer plus sobrement, de protéger l’environnement qui pourrait jeter des ponts entre les cultures.


On insiste beaucoup sur la läcité, garante d’une adhésion à ce que les Français appellent le Pacte républicain. Certes, le religieux ne doit pas empiéter sur le terrain de l’Etat laïque. Les fanatiques Musulmans qui glorifient le meurtre doivent être, le mieux et le plus possible, mis hors d’état de nuire. Mais la guerre, comme l’intégration ne pourront réussir que si la solidité culturelle et démocratique se renforce. Il est grand temps de s’appuyer sur le meilleur des héritages, des traditions, des fois religieuses. La laïcité a été un grand progrès ; mais elle a aussi distillé un virus de dilution de l’âme : donc de la solidarité, de la fraternité, de la recherche du sens à la condition humaine. Au point où nous passons, sans nous en rendre compte, les grands mythes et les grandes révélations nous interrogent. Prométhée, la Genèse et le péché originel, Caïn et Abel, la distanciation du Bouddha, le questionnement et l’écoute fascinants inhérents au Judaïsme, la fraternité au quotidien dictée par le meilleur de l’Islam. Et puis, bien sûr, cette histoire inouïe, dramatique et pleine d’espérance du Jésus prenant sur lui le mal pour en sortir par une résurrection à laquelle il invite chacun dans son intimité et sa communion avec les autres. N’est -ce pas, plus que jamais, une histoire à comprendre et à méditer.


L’humanité glisse t-elle vers sa perte ? Ou vers une manière d’exister qui ne ressemblerait plus trop à notre humanité ? Ou bien se lèvent-ils peu à peu des renouveaux, des recentrages de l’âme, une mondialisation de l’intelligence et du cœur qui redresseront la barre d’un navire livré à tous les vents. Guillaume le Taciturne aimait dire qu’il n’était pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. C’est du protestantisme un peu austère. Il faut l’espérance ; et quand on peut, jouir de la vie. Croyants ou non,—Camdessus aime Camus l’athée moral—, imprégnons nous de Pâques et de son message. Bonnes fêtes.

 

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