17/03/2019

Les Gilets jaunes déshonorés

C’est vrai, et sans doute trop longtemps, on a eu de la compréhension, voire de l’empathie pour les Gilets jaunes. C’est une certaine France d’en bas qui s’exprimait, qui souffre souvent au quotidien, qui se sent incomprise, abandonnée. Une hausse justifiée en principe de la taxe carbone, mais mal encadrée dans une action plus générale, mal vendue a mis le feu aux poudres. C’est alors, une multitude de revendications, souvent incompatibles entre elles, qui se sont fait jour. La réalisation de toutes ces revendications serait impossible pour l’Etat français, déjà fort obéré par un déficit budgétaire et une dette lourde. Pourtant, des gestes sociaux ont été faits par le Président et son Gouvernement. Et puis, il y a eu l’ouverture de ce grand débat dont on ne sait trop ce qu’il va donner mais qui ouvre quelques pistes. Or, les Gilets jaunes l’ont largement boudé. Ils ont choisi une suite de manifestations de rue dansl’idée de faire plier le Pouvoir.

Quel contraste, samedi dernier ! En Algérie, une déferlante populaire énorme, jusqu’ici dans la dignité et la maîtrise. Un retournement étonnant. L’ancienne puissance coloniale offre un spectacle désolant et l’ancienne colonie fait une démonstration civique impressionnante. En France même, comme dans d’autres pays dont la Suisse, on a eu des marches pour le climat , avec beaucoup de jeunes. Là encore, des manifestations dans le calme et l’engagement civique pacifique. En ce qui concerne les événements liés aux manifestations des Gilets jaunes, samedi dernier et particulièrement à Paris, il est impératif de quitter les propos lénifiants et de dire les choses franchement. Tout d’abord, insistons sur la responsabilité indéniable de l’ensemble des manifestants quant aux violences, dégradations, atteintes aux biens et mises en danger des personnes. C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts, notamment avec l’incendie d’un immeuble. Honneur aux forces de l’ordre et aux pompiers exemplaires. Ces manifestants savaient parfaitement que la nature de leurs cortèges permettaient aux casseurs de s’y fondre , de s’y cacher et de surgir aux moments choisis pour commettre leurs méfaits de voyous pleins de haine et de violence. Les organisateurs de cette nouvelle manifestation et leurs suiveurs ont accepté ce risque sans malaise. Il y a pire. D’après des témoignages cueillis à chaud par des journalistes, nombre d’entre eux trouvaient, qu’après tout, la casse était normale. Certains s’en félicitaient même. Ce serait le seul moyen de faire plier le Président et le Gouvernement. Plier pour faire quoi ? Les Gilets jaunes commettent une erreur d’appréciation. Leur dérive ne peut que renforcer un Etat protecteur.


En fait, les Gilets jaunes se sont déshonorés moralement et décrédibilisés poliquement. On ne retient plus leurs motifs du début mais leur dérive de copinage avec les voyous et les casseurs. Quant à ces Français qui continuaient de leur accorder leur sympathie, voire leur soutien, il feraient bien de se réveiller enfin. La France n’a plus rien à gagner et beaucoup à perdre avec les Gilets jaunes tels qu’ils sont devenus. Par ailleurs, les partis qui, tel le Parti républicain, utilisent l’événement pour talquer Emmanuel Macron ne font pas preuve de responsabilité. Il faudrait laisser cela à Mélanchon et à Marine Le Pen. Les partis gouvernementaux devraient présenter un front républicain uni pour la défense des institutions et de l’ordre démocratique.


Cette crise des Gilets jaunes est une alerte et une sacrée secousse de plus. Il faut des changements ; mais pas forçéement ceux que souhaitent à court terme les manifestants. La France a besoin de profondes réformes. Ce n’est pas de creuser le déficit, de gonfler la dette déjà considérable, de décourager les investissements, et de paralyser les offres d’emploi de la part des entreprises qui amélioreraient la situation. Tout au contraire, et là-dessus le Président Macron a raison. Il faut désétatiser cette France si peu libérale. Mais comment redonner du pouvoir d’achat aux Français sans multiplier les subventions et aides à tort et à travers ? Comment comprimer une fonction publique démesurée qui pompe les ressources de l’État ? Comment mettre fin à ces régimes spéciaux pour les retraites , illégitimes et onéreuses ? Comment, à l’instar de ce qu’il en est dans d’autres pays, envisager une hausse de l’âge de la retraite ? Comment libérer l’économie des lourdeurs et tracasseries administratives en tous genres ? Comment organiser une vraie décentralisation avec de vrais pouvoirs et moyens aux régions ? Comment réformer la France par la prise de conscience civique des enjeux et des nécessités ? Une France qui oscille éternellement entre Bonaparte et Robespierre : dans ce sens ou en sens inverse.

Ah oui, c’est un grand défi. On aime la France. L’Europe a tellement besoin d’elle ; la Suisse aussi et depuis toujours. Mais pour s’engager plus avant dans ce chemin semé d’embûches, le Pouvoir, en France n’a plus droit à la moindre complaisance envers des manifestants infectés par des voyous. A l’instar de ce que l’on aimerait entendre désormais d’une très grande majorité des Français, disons aux Gilets jaunes : enlevez vos gilets, on ne veut plus vous voir ni vous entendre. Vous vous êtes exclus vous-mêmes du grand débat démocratique.

 

14:50 | Lien permanent | Commentaires (12) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

06/03/2019

Regarder l’UE dans les yeux

Le Président Macron s’est adressé aux Européens par le truchement de plusieurs journaux de différents pays. Saluons son Initiative. Certes, l’Union européenne est grippée. Mais on peut continuer, vaille que vaille, à marcher lorsque l’on a la grippe ; et l’on peut retrouver une marche vaillante lorsque l’on est guéri. En l’occurrence, un test s’annonce : les élections au Parlement européen. La Suisse n’y participe pas mais elle est concernée. Elle est imbriquée dans la réalisation des libertés de circulation inhérentes au marché homogène ; y compris la libre circulation des personnes.


Contrairement à ce que des Euro-sceptiques de chez nous pensent, la Suisse ne saurait se réjouir du Brexit britannique. Elle a tout lieu de souhaiter un accord de l’UE avec la Grande-Bretagne. La Suisse ne saurait non plus voir dans les divergences au sein de l’Union européenne une justification à un repli indigène. Les poussées nationalistes dans divers pays, les turbulences italiennes n’ ont rien qui puissent la rassurer ; ni pour sa prospérité, ni pour sa sérurité en général. L’une et l’autre sont reliées à un équilibre européen et à une large liberté des échanges.


Le dernier Congrès du Parti socialiste est une semi bonne surprise. La démission spectaculaire d’une jeune députée a-t-elle joué un rôle ? Elle ne supportait plus l’opposition déclarée de la présidence du parti au projet d’Accord institutionnel avec l’UE ; en contradiction avec la sensibilité européenne affichée auparavant. Cette façon de rejoindre sur son terrain l’UDC nationaliste lui a déplu ; même si la justification était la défense des travailleurs. Or, au Congrès,la position socialiste est apparue moins rigide.

Bien sûr, la protection des salariés suisses est importante. Bien sûr, la question des travailleurs détachés sur le marché helvétique par des entreprises eurpéennes est objet de discussions avec Bruxelles. Bien sûr, nos mécanismes bien rôdés de lutte contre la sous-enchère salariale doivent être présevés, voire renforçés. Mais l’important tient à la réalité de La protection sur le terrain. On ne saurait s’achopper sur des modalités ; délais d’annonce imposés aux entreprises européennes par exemple.


Car enfin, il est aussi de l’intérêt de la Suisse qu’un Accord général institutionnel permette, automatiquement, une négociation d’harmonisation entre Bruxelles et Berne, dès lors qu’une évolution des règles européennes touchera tel ou tel domaine. Marcher du même pas, ne pas etre décalé, discriminé , ne pas être chaque fois demandeur d’une négociation de rattrapage : n’est-ce pas cela défendre nos intérêts, notre souveraineté dans le cadre d’une inter-connexion évidente ? D’autant plus,—-en fait de souveraineté—, que le Parlement suisse, voire le peuple avec le Référendum auront toujours le dernier mot.


Regardons l‘Union européenne dans les yeux car nous y trouverons notre propre reflet. Certes la Suisse est en lisière puisqu’elle n’est pas membre de l’UE. Toutefois, elle est partie prenante d’un destin européen dont l’UE est le pivot. Les grands problèmes à résoudre, tel celui de la migration, sont aussi les nôtres. Quelles que soient les divergences au sein de l’UE, cette articulation européenne tourne encore et toujours le dos à une histoire tragique qui a mis l’Europe à feu et à sang ; et qui a mis la Suisse en si grand danger. L’Accord institutionnel avec l’UE doit être l’illustration d’un esprit, d’une confiance, d’une projection vers l’avenir, d’une volonté politique et d’un attachement à des valeurs communes n’éliminant pas nos particularités propres. Alors oui, regardons l’UE dans les yeux et concluons sans trop tarder cet Accord institutionnel

16:13 | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

18/02/2019

L’antisémitisme greffé sur un mal être

On aurait pu penser que l’antisémitisme ne pouvait plus être que très marginal, très résiduel, qu’il avait quasiment brûlé dans l’horreur abyssale des fours d’Auschwitz. Eh bien, il faut se réveiller. Le mal n’est ,certes, pas généralisé, par comparable à ce qu’il en fut mais il demeure tapi dans les plis de nos sociétés. En France, il s’est infiltré dans des cortèges de gilets jaunes, et il s’est exprimé de manière honteuse. Comment est-ce possible ?

C’est une chance d’être tombé sur Le Figaro du jeudi 14 février. On y trouve une interview de Delphine Horviller, femme Rabbin de France, rattachée évidemment à l’aile libérale du judaisme. Ses propos, réfléchis, intelligents sont très éclairants. Elle les résume par cette phrase : <l’antisémitisme n’est pas que le problème des Juifs>. En résumé, il se distingue du racisme ordinaire ; par exemple envers les Africains. Les Juifs , dans une sorte de projection déformée, seraient des autres comme nous : mais ayant souvent mieux réussi, s’étant épaulés entre eux, ayant obtenu des positions de pouvoir, d’influence, de richesse à notre place. Il est vrai que les vicissitudes de l’histoire en Occident, avec des chasses gardées les excluant, ont amené des Juifs à exceller dans certains domaines : l’économie, les finances, mais aussi la communication et les branches artistiques. Faute de reconnaître cet arrière fond historique, on risque de laisser affleurer des jugements critiques et des pensées corrosives. Delphine Horviller constate que les poussées d’ antisémitisme se greffent souvent sur un malaise social et politique. Cela explique qu’il ait pu s’infiltrer dans les cortèges de gilets jaunes, puisque ces derniers expriment un tel malaise.


Vu sous cet angle, en effet, l’antisémitisme traduit une fragilité, une frustration chez ceux qui le portent en eux. Il y a un bouc émissaire. Or, il est incroyable de rejeter animalement ce qui est consubstantiel à notre héritage et qui est une partie fondamentale de nous-mêmes. Nous sommes, en Occident, les enfants d’une histoire judéo-chrétienne. Le judaisme est une matrice d’où sont sorties les grandes valeurs qui nous habitent. L’antisémitisme chrétien a été un non sens déplorable. Si Jésus s’est écarté des applications rigoristes de la loi juive de son temps, s’il a privilégié l’ouverture et l’amour, il ne s’en est pas moins inscrit totalement dans sa filiation juive. Être antisémite, c’est aussi le rejeter dans une part essentielle de son identité ; de la nôtre également.


Bon ! Cela étant, que faire ? Dénoncer, condamner en justice, bien sûr. Indispensable. Mais cela ne suffit pas et peut même avoir quelques effets négatifs. Un effort d’explication psychologique, historique, pédagogique ne doit-il pas être renforcé ? L’Etat laïc ne peut s’impliquer mais il peut offrir des espaces, des supports. Il y a aussi des distinctions à faire comprendre. Par exemple, on peut montrer comment et pourquoi est né le sionisme, pourquoi les Juifs on eu besoin d’une terre refuge renvoyant à leurs racines. On peut vouloir la pérennité de l’Etat d’Israël tout en critiquant, sans auto-censure, la politique des autorités israéliennes à l’égard des Palestiniens. Cette critique légitime, nécessaire ne devrait jamais ouvrir la porte à un antisémisme.


Oui, que faire ? Aux intellectuels, aux figures religieuses, aux politiciens, aux journalistes, aux enseignants peut être de s’engager dans ce débat moral, explicatif et introspectif ; en trouvant le ton juste, si bien trouvé par la Rabbin Delphine Horviller. Elle-même cite le philosophe Franz Fanon :< quand on dit du mal des Juifs, tends l’oreille parce que l’on parle de toi>. Message reçu.

17:36 | Lien permanent | Commentaires (22) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

07/02/2019

Entre souverainisme et écologie

En Suisse, les tenants de l’économie circulaire donnent de la voix ; et c’est tant mieux. L’idée est de faire en sorte que les produits fabriqués à l’intention des consommateurs durent plus longtemps ; que leurs éléments en bout de course soient recyclés et qu’un nouvel usage puisse être offert dans un nouveau produit. Évidemment, cela suppose un coup d’arrêt à des pratiques industrielles et commerciales visant uniquement le profit. Coup d’arrêt grâce à un renouveau d’éthique ou contraint et forçé par la loi ? C’est l’éternelle question pour un esprit libéral.


A Davos, tous les regards se sont portés sur cette incroyable adolescente suédoise venue dire sa révolte contre nous tous ; nous tous qui, d’une façon ou d’une autre, gravement ou partiellement, contribuons aux lourdes conséquences de la détérioration du climat. Avec sa légère tendance autiste, son regard fixe, son obstination inflexible, sa souffrance personnelle culpabilisante elle affichait un contraste saisissant avec tous les hôtes capés du Forum invités à discourir. La photo où on la voit rencontrer Christine Lagarde , directrice du FMI, restera dans les archives. Mais tous ceux qui ont été saisis par cette présence sont évidemment bien loin de sa cohérence intransigeante. Qui d’entre eux préférerait prendre le train durant presque quarante heures plutôt que l’avion ? Encore, lorsqu’il s’agit de vols pour des besoins professionnels. Mais qui renonce vraiment aux vols polluants pour ses loisirs et prend le train afin de gagner une destination pas si lointaine en Europe voisine : Paris, Bruxelles, Venise, Florence etc…Et qui est vraiment prêt à vivre en cherchant le bonheur dans le strict nécessaire, comme le préconisent un Philippe Roch ou un Julien Perrot dont on entend parfois les témoignages à la télévision ?


Allons, ne nous flagellons pas trop. Les prophètes font peu d’émules mais ont une influence sur les mentalités. On a vu, en Suisse, ces jeunes manifestant pour le climat ; même si l’un d’eux, en totale incohérence, avouait prendre l’avion pour aller s’éclater dans on ne sait plus quel lieu de villégiature festive. Mais une conscience se fait jour. Cela étant, rien n’est simple. Le Forum de Davos a aussi exprimé des inquiétudes au sujet de la croissance mondiale , qui détermine l’emploi et le niveau de vie. Les gilets jaunes revendiquent tout et son contraire, mais particulièrement un meilleur pouvoir d’achat. Le retour des souverainistes sur le devant de la scène, les éclats de guerre économique entre grands Etats, les cacophonies afaiblissant l’Europe dans le monde, l’effritement de la concertation multilatérale : tout a de quoi nous alarmer. Les prochaines élections européennes pourraient voir les victoires à la fois des Verts et des Souverainistes protectionnistes. On pourrait déboucher sur un nœud de contradictions. Le spectre de la dépression le disputerait alors au cauchemar du désastre climatique.


Un équilibre d’avenir, rassurant pour les générations montantes, n’existera que dans des inflexions fortes et simultanées dans les deux domaines. Il y faudrait des efforts multilatéraux , nationaux, locaux est personnels. Il y a des epérances dans les adaptations possibles pour l’énergie, l’ industrie, le numérique, avec des emplois à la clé; mais il faudrait aussi une évolution dans les comportements.


Sacré défi ! Dans le souffle des prophètes, serons nous pris, peu à peu mais pas trop lentement, dans les vents salutaires ?

18:10 | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

28/01/2019

Un oui normal sur la laïcité

Quel va être le résultat du vote concernant la loi sur la laïcité ? Ses opposants donnent de la voix. On nous parle de discrimination, d’atteinte à La liberté personnelle, à l’égalité des citoyens, d’hostilité à l’Islam, d’incitation aux tensions confessionnelles. Tout cela est faux pour qui voit dans une telle loi sur la laïcité un cadre équilibré et rassurant, permettant des relations saines entre notre Etat laïc et les communautés religieuses organisées sur sol genevois. Il n’y a donc aucun problème pour les églises parfaitement en adéquation avec ces règles du jeu. Il devrait être déterminant, dans l’esprit des votants, de constater que les trois églises chrétiennes traditionnelles de Genève recommandent sans état d’âme de voter oui. Or, il a fallu une belle évolution historique pour en arriver à cette concordance entre elles et notre Etat laïc. Ce projet de loi confirme la volonté réciproque d’entretenir des relations à la fois réservées et positives entre l’Etat et les communautés religieuses. En revanche, ce texte ferme la porte au risque d’une évolution vers un communautarisme, à des différenciations pesantes qui finiraient par juxtaposer des habitants se référant à leurs normes particulières, jusques dans l’exercice de fonctions publiques.


Soyons clair, sans langue de bois, sans auto-censure par crainte de se faire accuser de préjugés anti-musulmans. Oui, ce projet gêne directement des Musulmans fondamentalement allergiques au principe de laïcité. Un Hanni Ramadan, dans sa fidélité intime aux frères musulmans, en est une illustration ; lui qui comprend la lapidation des femmes dites infidèles et ose dénoncer chez nous une discrimination. Or, chez nous, il s’agit, au contraire, d’une égalité requise en regard de ce principe de laïcité. Il est assez piquant de regarder telles personnalités de gauche, notamment des femmes, qui brandissent les valeurs de liberté et d’égalité ; alors que chacun sait, par exemple, que certaines tenues vestimentaires masquant la femme sont très souvent l’illustration de leur soumission. Ah, quand le féminisme ne sait plus très bien où il en est ! Si l’on n’y prend pas garde en temps voulu, le risque de grignotage anti laïque peut aller loin. En France, il a fallu remettre à l’ordre une juge qui envisageait la charria, reconnue légalement, pour des litiges entre Musulmans. En Grande-Bretagne, il y a des dérives incroyables dans ce sens, qui est un contre sens d’une politique d’intégration.


Il n’y a aucun parti pris anti Musulmans dans ces lignes. Il y a simplement le constat que c’est là que se situe une crispation, soutenue par des élus qu’aveuglent leur crédo en faveur du multiculturalisme. Demander à des femmes exerçant une fonction publique de ne pas arborer des signes d’identité religieuse trop marquants, attendre de résidentes à Genève ayant à utiliser l’Etat que leur visage soit visible : où est le scandale ? C’est simplement affirmer que l’Etat doit être laîque et donc neutre jusques dans son apparence. C’est affirmer que cet Etat neutre, laïque est celui de tous, que la réserve et la transparence qu’il s’impose et qu’il impose a une vertu d’intégration et de barrière contre une tendance au communautarisme. La loi genevoise sera une loi de collaboration ( par exemple en offrant un support administratif aux églises pour leur recherche de financement), et une loi de prévention contre des dérives possibles, dont l’évocation ne relève nullement de la paranoia.

 

Cette loi ne discrimine aucune religion. Elle incite même à ce que l’école informe sur elles. Elle s’adresse à toutes sur pied d’égalité en leur disant : avec, certes, vos spécificités vous avez à respecter les règles en vigueur dans ce canton ; lequel a son histoire, ses acquis, son exigence de laïcité et ses normes minimales garantissant une vie en commun.

 

21:35 | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

17/01/2019

Pierre Maudet s’aveugle

De l’Assemblée générale du PLR genevois, mardi dernier, il y a au- moins un fait plutôt positif à relever. Introduite par le Président Alexandre de Senarclens qui a touvé les mots justes, démontré sa classe et son intégrité, elle n’a pas donné lieu à des affrontements oratoires violents. C’est un atout pour préserver l’unité du parti. N’en déplaise à ceux qui, au café du commerce et dans les salons mondains où l’on cause, croient de bon ton d’afficher une critique sans nuances, une suffisance agressive à l’égard de la politique et des politiciens, la confrontation vive et très franche n’exclut pas le respect des contradicteurs. Cela s’appelle l’esprit démocratique et la culture politique suisse. Il faut avoir des convictions, des positions fortes, monter au front mais ne jamais glisser dans l’excommunication généralisée et le mépris.

Cela étant, quelle histoire déplorable ! Quel gâchis ! Quelle situation lourde de conséquences ! Il était évident qu’on allait avoir une assemblée divisée entre ceux qui attendent une démission de Pierre Maudet afin d’assainir un climat pourri et ceux pour lesquels la fidélité au magistrat attaqué, en difficulté reste prioritaire. Un Parti, comme toutes les autres entités de la société, est un cercle où se mêlent des idéaux, des références éthiques, des convictions, un désir de servir mais aussi des jeux de pouvoir, des mégalomanies, des ambitions, des rivalités, des égos narcissiques. Allez dire que l’on ne retrouve pas ce mélange au sein des entreprises, des universités, des organisations humanitaires et même des églises ! On pourrait en donner maints exemples. Partout, il y a des pulsions, des émotions positives et négatives.


Lors de l’Assemblée, les politiciens les plus connus ont été de ceux qui jugent la situation intenable, moralement inacceptable et souhaitent la démission. Ce sont plutôt les militants attachés à la figure du chef qui ont arraché la courte majorité de soutien au magistrat. Une majorité que souhaitait Pierre Maudet, même si, compte tenu des abstentions, cela ne faisait pas une majorité des participants. Une division et des esprits déroutés : voilà l’effet pervers de l’exercice. Naguère, Elisabeth Kopp avait dû démissionner du Conseil fédéral. Or, plus tard, elle fut acquitée par le Tribunal fédéral qui écarta toute faute pénale, Mais sa situation politique, surtout à cause de son mensonge, était devenue intenable. Elle en tira tristement la conséquence.


Dans l’affaire Maudet, on a le même décalage entre le temps de la justice et le temps politique. Peut être, qu’à la fin, Pierre Maudet ne sera pas condamné. Mais la procédure d’investigation va durer des mois. Et quoi qu’il en soit, le mensonge avéré et admis a plombé sa crédibilité politique. La confiance n’existe plus entre lui et ses collègues ; plus entre lui et le Parlement ; plus entre lui et la moitié de son parti ; plus entre lui et le PLR suisse. L’image de Genève en souffre. La méfiance des gens envers les politiciens en est stimulée. La crise interne au sein du PLR risque de lui nuire, déjà, lors des élections fédérales. Et Pierre Maudet, élu comme l’homme fort du Gouvernement, se retrouve avec un dicastère tout rétréci. Il était sur le siège présidentiel. Il est de bizingue sur un strapontin proche d’une sortie de secours.


Tout ce qui faisait la force de l’homme se retourne en éléments négatifs. Il y a confusion entre la volonté de se défendre, la capacité de résister, le désir affiché de poursuivre un engagement et une fausse appréciation de l’intérêt général. Personne ne peut contraindre Pierre Maudet à se retirer. Lui seul est devant sa responsabilité : face à son Parti, aux institutions, aux Genevois. Lui seul peut se demander si son maintien envers et contre tout ne fait pas du mal à Genève. Lui seul est devant sa conscience formée dans une tradition religieuse. En tirera-t-il finalement une conclusion, dans une perception retrouvée de l’intérêt général ?

15:46 | Lien permanent | Commentaires (14) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

21/12/2018

Noël sans haine

Dans ce monde où tant de choses sont si dures, on entend parler de la joie de Noël. Récemment,lors de sa prédication, La pasteur Marie Cénec évoqua l’attentat criminel perpétré au réputé marché de Noël à Strasbourg. Pour elle, native de cette ville où elle a passé son enfance, cet acte odieux résonnait particulèrement. Mais elle mit en évidence les rassemblements des habitants qui eurent aussitôt lieu. On entendit des paroles émouvantes. Revenait ce message fort : la haine ne nous gagnera pas, la joie de Noël ne nous abandonnera pas. Et le marché féérique continua d’éblouir les passants, comme une offrande aussi aux victimes. Comme après d’autres attentats ignobles, une certitude s’imposait : la terreur peut faire renaître le meilleur de ce que les hommes savent aussi développer.


A cet égard, les Chrétiens, qui n’ont pas le monopole d’une révélation religieuse, sont porteurs d’un message. La naissance évoquée de Jésus annonce la destinée d’un homme relié à ce qui nous dépasse mais peut nous habiter et nous guider ; une destinée qui va offrir l’idée que la mort n’est pas la fin de tout, que la vie a un sens et qu’un mouvement de resésurrection mystérieuse est en travail en chacun de nous. Le message est d’autant plus fort qu’il passe par le chemin de croix, soit la rencontre du mal et de la souffrance. Or, au début et à la fin, le cœur du message chrétien porte la joie, l’amour et l’espérance. On peut en penser ce que l’on veut, mais ce n’est pas mal et l’histoire humaine en a été marquée à jamais.


Oui,mais gare pour autant à l’angélisme, à l’oubli de la réalité. Le mal, la perversion de l’esprit et de l’émotion existent jusques dans le domaine religieux. Il faut regarder cela en face, lucidement. Soyons clair. L’Islam d’aujourd’hui, tel qu’il a parfaitement droit de cité dans nos villes européennes, n’a pas su neutraliser une action persistante et tenace d’un islamisme de non intégration et d’agressivité. Que ce soit le fait d’une petite minorité, qu’il faille se garder de tout amalgame, qu’une politique large d’intégration, notamment par la scolarité et la formation, soit nécessaire : voilà qui n’empêche pas de constater une inquiétante force de pénétration. Face à cette réalité, le rappel de nos valeurs humaines, sociales, politiques, institutionnelles est un devoir vital. Les règles de nos démocraties, les critères de notre vie collective, dont la laïcité, doivent être affirmés sans la moindre faiblesse. Gardons nous du relativisme dans ce domaine et de la gélatine trop explicative. La détection, la répression, la sanction sont les instruments de la guerre légitime et impérative à mener contre les semeurs et les inspirateurs de haine.


Noël n’en a pas moins toute sa lumière et pleinement son sens. On doit mener la guerre contre les forces de destruction, mais sans la haine qui nous mettrait à leur triste diapason. Une part essentielle de la résistance est la résilience. Il donc bon d’être animé, rassemblé par la joie de Noël. Les Chrétiens en particulier, tout en pensant à la souffrance si lourde dans ce monde, ont une chance de s’ouvrir à la possibilité de la joie ; grâce à une bonne nouvelle qui a du sens et qui rassemble.

15:01 | Lien permanent | Commentaires (10) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

12/12/2018

Des gilets jaunes excusent la violence

Les gilets jaunes vont-ils remettre cela samedi ? Après le drame de Srasbourg, après les dégâts considérables qui ont accompagné leurs manifestations, après l’épuisement de forces de l’ordre exemplaires ? Ont-il la conscience d’une triste contradiction ? Alors qu’ils protestent légitimement contre leur faible niveau de vie, leur faible pouvoir d’achat, leur action a causé de terribles manques à gagner pour de nombreux commerçants, restaurateurs, hôteliers en cette fin d’année, en cette veille de Noël. Il y aura sans doute des faillites, des mises forcées au chômage, des impossibilités de meilleures rémunérations ; même si Emmanuel Macron semble obtenir des gestes de la part de quelques grandes entreprises. Mais les petites et les moyennes ! Il y a le risque que la France perde la confiance des investisseurs que les efforts du Président regagnaient peu à eu. Car il ne s’agissait pas de cadeaux aux riches et aux capitalistes pour qu’ils jouent plus au golf ,mais d’incitation aux investisseurs et aux entrepreneurs afin qu’ils crèent de l’emploi. Bien sûr, il y faut un surcroît d’attachement à l’intérêt général, une meilleure fibre sociale. Mais en attendant, on craint le déficit public que les mesures immédiates annoncées par Emmanuel Macron vont causer. Bruxelles s’en émeut déjà. Bref, la détérioration d’image pour le pays, l’entrave à l’engagement sur le plan européen, une plus grande peine à redresser et à réformer un pays qui traine des boulets : voilà des conséquences de la révolte des gilets jaunes. Ne pas le voir serait faire l’autruche se cachant la tête dans le sable.

Évidemment, la facilité pour les gilets jaunes est de répondre qu’ils ne sont en rien responsables des dégâts et des conséquences négatives de ces samedis noirs ; que tout découle des erreurs, de la surdité , de l’aveuglement, de l’insensibilité sociale et de l’arrogance du pouvoir ; que ce Président des riches est déconnecté des Français qui rament, qui souffrent au quotidien. Cette impression a été analysée par de nombreux commentateurs durant ces derniers jours. Ces augmentations de taxes inopportunes ont provoqué une colère compréhensible qui montait depuis longtemps. Car, si des erreurs ont été commises depuis dix-huit mois, le mal est profond et vient de loin. La France est le pays européen dont les prélèvements obligatoires sur les citoyens sont les plus lourds. Certes, elle affiche ce qu’elle appelle son modèle social, sa large sécurité sociale, son niveau de soins ; mais elle présente aussi la fonction publique la plus pléthorique, une des bureaucraties administratives les plus compliquées, centralisées, décourageantes.

On peut comprendre que des gilets jaunes, eux, ne comprennent pas ce qu’ils appellent les cadeaux faits aux riches dans la fiscalité. Renaît aussi ce vieil esprit de lutte des classes qui n’a jamais vraiment disparu. Or, ce que veut Macron, c’est inciter les entrepreneurs, les capitalistes à investir, à entreprendre en France afin de relancer un dynamisme économique et donc à créer des emplois dûment rémunérés, donc du pouvoir d’achat ; cela en s’inscrivant dans la transformation inévitable du tissu des métiers, ce qui exige l’adaptation des formations. En fait, la politique est un exercice très difficile. Il faut imprimer un mouvement selon un diagnostic, une vision, une stratégie ; et il faut, en même temps, être attentif aux besoins, aux souffrances des hommes et des femmes qui s’étirent sur ce chemin où ils voient souvent plus d’épines que de roses. Il y faut un dosage de mesures sociales et une communication, une pédagogie qui ne soient pas abstraites. La France est un pays de verticalité avec un Etat dont on attend toujours beaucoup trop. Les Rois, Bonaparte et Robespierre ne sont jamais loin les uns des autres.


Espérons que le Président Macron va reprendre la main, son élan vers des réformes et des assouplissements indispensables ; mais en trouvant des voies nouvelles de dialogue, de large participation, de concordance négociée. Non pas copier la Suisse, mais assembler de vrais ingrédients français nouveaux.


Cela étant, revenons aux manifestations. Il y a une mentalité inquiétante chez de nombreux gilets jaunes. On en a entendu plusieurs. Certes, ils n’ont pas décidé la casse. Mais ils sont montés à Paris et vers d’autres villes sans autre précaution que l’appel à la mobilisation. Pas d’organisateurs-interlocuteurs reconnus, pas de service d’encadrement filtrant les arrivants suspects, pas de contact préalable avec les autorités de police. Et puis, devant le spectacle désolant des exploits de casseurs, parfois des commentaires incroyables et scandaleux. <Que voulez-vous, c’était inévitable, c’est la faute du Président et du Gouvernement, il faut admettre ces dommages collatéraux>. Voire : <cela a obligé le pouvoir à prendre conscience des choses…>. Quel réconfort d’entendre un Alain Juppé dire aux gilets jaunes qu’ils savaient que lancer des manifestations massives dans ces conditions était une invitation aux casseurs ; ou bien une Ségolène Royal rappeler que rien n’excusait ces actes odieux contre les personnes et les institutions. Quelle honte, en revanche, que ces tentatives de récupération par certains politiciens. A noter que Marine Le Pen a mieux ressenti la dérive qu’un Jean-Luc Mélanchon qui s’est déshonoré, tout comme ses amis. Oui, le plus grave est cette acceptation de la violence et cette manière désinvolte de s’en accommoder, de trouver que c’était le prix à payer en marge de manifestations pour une juste cause.


Dans une démocratie, lorsque des personnes, qui se présentent comme des citoyens de base, ne sont plus scandalisés par des voyous et des graines de meurtriers qui infiltrent et débordent leurs cortèges, il y a un ver dans le fruit. Que serait-il advenu sans l’engagement admirable des forces de l’ordre engagés jusqu’à l’épuisement. Oui, en profondeur, cet accommodement au pire est grave. Si cela devait se renouveler, le rassemblement sonore d’une majorité des Français dans la condamnation rassurerait sur la France. Puisse samedi prochain n’être pas une nouvelle réplique. Puisse la France de Macron,—comme celle de de Gaulle après mai 68–, capter certes quelque chose de ce qui aura eu lieu, en tirer des leçons mais se retrouver sur ses deux pieds afin de pouvoir reprendre sa marche en avant.

20:32 | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

02/12/2018

Pas de Gilets jaunes à croix suisse

Les dégâts provoqués,à Paris surtout, par les manifestations des gilets jaunes laissent pantois. Oh, les Genevois ont eu aussi leurs casseurs. On se souvient des aimables à côtés du G7 d’Evian. On peut même parler de schémas analogues en ceci : des manifestants nombreux, bruyants mais pacifiques se font infiltrer par des casseurs. Pour la police, la tâche est très difficile. Comment arrêter ces voyous avant qu’ ils ne passent à l’action en groupes distincts des manifestants ? Est-ce à dire que des protestataires devraient renoncer aux manifestations de masse, à cause du risque que tout dégénère ? Évidemment non. Ce serait, au nom de la sécurité, étouffer un droit démocratique important.


Cela étant, oui ceux qui appellent à manifester ont une responsablité. Il ne peuvent tout attendre de la police. Ils doivent mettre sur pied leur propre service d’ordre, organiser des moyens d’expulser du cortège ceux qui montrent des signes avant-coureurs de ce qu’ils recherchent. Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr. Il faut donc des responsables reconnus qui s’entendent avec les autorités chargées du maintien de l’ordre afin de fixer et de maintenir le plus possible les règles du jeu. La désorganisation des gilets jaunes a pesé lourd. Il n’empêche que le risque d’une dérive existe toujours. Il faut savoir que, dans une foule chauffée à blanc, la dynamique de groupe flirte avec l’explosion. Une personne prise dans ce genre d’ambiance n’est plus tout à fait elle-même ; cela quelle que soit la cause proclamée.


Il y a autre chose à considérer. C’est l’histoire et la culture politique de la France. Ce beau pays, forgé par le haut, n’à cesé de balancer entre la tradition monarchique, sous diverses formes, et la tentation révolutionnaire. Louis xv1, Robespierre et Napoléon étaient des contemporains bien français. Manque de concertations naturelles, peu de participations citoyennes au fonctionnement politique : le face à face périodique entre le pouvoir et la rue est, en quelque sorte, génétiquement programmé.


Cela devrait montrer à tous les Citoyens suisses combien l’histoire, la structure, la culture politique et le fonctionnement institutionnel de ce petit pays sont des atouts précieux et des garants d’une paix civile. Le Référendum et l’Initiative ne sont pas des instruments en main du pouvoir ; ils sont en main du peuple. Ce partage horloger des pouvoirs complique certes le processus de décision. Mais ce que nous voyons chez nos voisins ne peut que nous le rendre attachant. Tout n’est pas parfait. Il y a abus des Initiatives conçues, à l’origine, comme une possibilité de recours au peuple par des minorités non ou mal représentées au parlement. Les deux plus grands partis, l’UDC et le PS , y recourent abusivement. Les grandes associations aussi. Mais, tout étant considéré, ne grognons pas trop.


Attention, cependant, de ne pas nous sentir supérieurs à nos voisins auxquels nous sommes liés par tant d’intérêts et de valeurs. Leurs déboires doivent nous inquiéter ; leurs équilibres maintenus ou retrouvés nous rassurer. On ne peut que souhaiter à la France une voie apaisée vers des réformes conduites en concertation.

22:10 | Lien permanent | Commentaires (8) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

26/11/2018

Pour un Conseil fédéral moteur

Ouf ! L’Initiative de l’UDC a fait chou blanc. N’y revenons pas. Ah, si la mobilisation avait été pareille contre celle sur l’immigration, tout serait plus facile. Depuis trop longtemps, l’UDC dicte le calendrier politique en matière de politique étrangère. L’actuel Chef du Département a commencé par laisser du flou sur la conduite des affaires, sur la ligne à suivre dans les négociations avec l’ Union européenne. On a eu un peu l’impression, qu’à force de tâter le terrain politique intérieur, le Gouvernement risquait de ressembler à un Général qui laisserait des troupes diséminées s’aventurer au hasard sur un champ suspecté de contenir des mines à retardement ; quitte à reprendre le pilotage si ça n’explosait pas trop. Exagération ? Oui, mais c’est pour carricaturer une impression ressentie.

Dans une chronique, l’ancien Ambassadeur François Nordmann a parfaitement décrit un risque de dérive institutionnelle. La politique étrangère est une matière complexe qui exige un engagement clair. C’est pourquoi cette responsabilité doit être , en amont, le propre du Gouvernement. A lui, ensuite, de s’engager pédagogiquement devant le Parlement et, au besoin, démocratiquement devant le peuple. Qu’il consulte avant, soit. Mais c’est à lui d’éclairer la route , de négocier en solidité et crédibilité avec nos partenaires.


Le résultat de la votation devrait remettre notre gouvernement fermement en selle. A lui, malgré ou avec le Brexit anglais, en obtenant des garanties sociales légitimes, de négocier un Accord général de principe et de procédures avec l’UE. A lui,ensuite, de s’engager devant le Parlement et devant le peuple avec conviction. Karin Keller-Suter a dit qu’elle voulait un Gouvernement collégial reprenant mieux l’initiative politique. Raison de plus pour souhaiter son élection le 5 décembre. Personne ne veut d’un Gouvernement autoritaire. Ce serait contraire à nos institutions et à notre culture. Mais on veut un Conseil fédéral -moteur ; pas un semi-remorque.

12:51 | Lien permanent | Commentaires (18) |  Imprimer | |  Facebook | | | |