Le Temps passe...

  • Pollution politique et médiatique

    La pollution abîme notre planète et nos poumons. Mais il y a une autre pollution : celle qui détériore notre vie en société. Juste deux exemples, d’un côté et de l’autre de l’Atlantique. Le président Trump peut se targuer de son bras de fer économique et commercial avec la Chine. Il peut se féliciter d’un tableau flatteur sur la croissance et l’emploi dans son grand pays ,où tant de gens sont pourtant dans la précarité. Laissons à d’autres le soin d’évaluer ce qui lui est dû et d’analyser les perspectives à long terme. Mais nul besoin de laisser à d’autres le soin d’évoquer la vulgarité, l’imprévisibilité en politique étrangère, et, surtout, la violence verbale, la dégradation incroyable de l’image présidentielle avec, dans la foulée, la dégradation de l’ambiance politique en général. Cette grande démocratie, que Tocqueville s’était plu à décrire, —non sans en apercevoir déjà des failles—, va-t-elle verser dans un spectacle pemanent de jeux du cirque électrisés par les médias et, surtout, les réseaux sociaux ? Or, la question se pose : où va une démocratie qui expulse de son fonctionnement la dignité et le respect ?


    Revenons de ce côté ci de l’Atlantique. L’affaire Griveaux. Évidemment, lorsque l’on a été ministre et que l’on est candidat à la mairie de Paris, mieux vaut éviter le risque de se faire piéger dans l’expression visualisée d’une pulsion sexuelle. Mais ici n’est pas le propos. Le fait grave est que les auteurs du forfait ont trouvé le moyen de tuer politiquement un homme en captant et en diffusant une image relevant de son intimité. Des délinquants dont on souhaite la punition pénale.Toutefois, ils ont réussi leur coup. On pensait qu’un pays comme la France était immunisé contre ce genre de poison trempé, dans ce triste breuvage du puritanisme anglo-saxon. Eh bien, ce n’est plus le cas, semble-t-il. On rêvait de réseaux sociaux facilitant des Iiens directs, chaleureux entre les personnes, ouvrant des chemins de participation citoyenne et civique. Or, force est de constater que cette communication électronique frénétique isole plus qu’elle ne relie. Elle attire les pédophiles. Mais elle offre aussi des outils aux violeurs de la sphère privée et de l’intimité. Or, la question se pose : où va une démocratie qui expulse de son fonctionnement la sphère privée et l’intimité ?

    Une qualité du régime démocratique tient à sa qualité d’adaptation ; ce qui le distingue d’un régime autoritaire s’accrochant à ses rigidités. Mais une démocratie peut s’écarteler de ses dérives. Ceux qui l’aiment et la défendent doivent renforcer, haut et fort, une capacité de résistance. Résister à la vulgarité, à la violence, au simplisme dans les échanges politiques. Résister au voyeurisme, au puritanisme agressif livrant des proies ciblées à la morsure des hyènes médiatiques.

    On pensait que la vocation des démocraties était de résister à la menace des dictatures extérieures. On voit que leur devoir est aussi de résister aux multiples dérives et tyrannies de l’intérieur ; dont les réseaux sociaux sont comme des porteurs dangereux du virus meurtrier. Dans cette affaire, il y a un enjeu : celui de la pérennité d’une société et de La Liberté des personnes. Résistons !

  • Sur ces scandales sexuels

    Certains sages disent que lorsqu’il y a une opinion publique semblant unanime, il faut se méfier. Ce n’est pas toujours vrai. Qui, aujourd’hui, oserait encore banaliser les horreurs commises par les Nazis envers les Juifs ? Mais qu’en est-il des scandales d’ordre sexuel, avérés ou dénoncés ? Évidemment, tout le monde parle du <consentement>, livre écrit par Vanessa Springora sur sa relation avec l’écrivain Gabriel Matzneff lorsqu’elle avait quatorze ans. Dans un article du <Point>, Peggy Sastre relève que l’auteure rappelle dans son livre son dépit amoureux. Si l’écrivain quinquagénaire l’avait vraiment aimée, et aimé qu’elle alors, écrit-elle encore aujourd’hui, notre passion extraordinaire aurait été sublime. Seulement, elle découvrit qu’elle n’était qu’une proie parmi d’autres, et cela la détruisit. Or, cette inclination à la chasse aux mineures, assumée par l’écrivain, bénéficia d’une indulgence des milieux culturels parisiens dont on a raison d’être choqué aujourd’hui. Un des prolongements de ce mai 68 qui a aveuglé tant de gens. Or, en tout temps, les mineurs devaient et doivent toujours être protégés. En tout temps aussi, les personnes en situation d’ascendant devant des mineurs ont un devoir de maitrise et de réserve, quitte à juguler leurs éventuelles pulsions. Le pire, à cet égard, est relaté dans l’affaire du prêtre pédophile actuellement en jugement. Il est bien essentiel de dénoncer ces scandales. Sans préjuger le jugement, Taric Ramadan est accusé d’avoir profité de son ascendant pour amener des jeunes filles dans ses filets.


    Aux États-Unis, le procès Wettstein s’est ouvert. Mais ici, au risque de se faire lapider par des féministes de choc, on a le droit de trouver que le contexte est différent. Bien sûr, s’il y a eu des violences physiques, elles doivent être sanctionnées. En revanche, il y a de quoi s’étonner que des actrices majeures soient montées volontairement dans la chambre d’un producteur avec l’espoir de décrocher un rôle. Une actrice a raconté avec ironie qu’elle était montée, mais avec son petit ami. C’est vrai, elle n’a pas eu le rôle convoité. Elle en a eu d’autres. Naturellement, il faut prendre en considération la place prépondérante de ce producteur à Hollywood face à de jeunes actrices ambitieuses. On a toutefois le droit de se poser des questions. Questions que l’avocate femme du prévenu ne manquera pas de poser à des plaignantes qui sont sorties du bois tant d’années après. En tout cas, cela mérite un vrai procès équitable.

    Il est vrai que les temps changent. La revendication légitime des femmes à briser l’immunité machiste change les mentalités des hommes aussi. C’est bien. Toutefois, gare à ce que le balancier n’aille pas vers l’excès, l’absurde, la paranoïa. On entendait récemment à une radio française une sociologue s’exprimer en direct des Etats Unos. Elle critiquait vertement cette tradition , voire cette exception de galanterie française qui n’était, selon elle, qu’un alibi des hommes pour ne voir dans les femmes que des gibiers de chasse, pour conforter leur instinct machiste de domination. Cette victimisation à priori des femmes a été justement critiqué par certaines, et non des moindres : Elisabeth Badinter, Catherine Deneuve et d’autres. Bref, cette voix d’outre atlantique préconisait que l’on imite un usage et même une norme pénale américaine. Un regard d’hiomme trop insistant sur une jolie femme serait un délit, voire considéré comme un viol virtuel. Là on devient fou. Heureusement pour l’auteur de ces lignes, les réactions des femmes de son entourage étaient à son unisson. Les féministes de choc n’ont pas le monopole de la parole féminine, malgré le vent médiatique actuel, et sont loin de représenter toutes les femmes. Nombre d’entre elles, intellectuelles, femmes d’affaire, journalistes, commerçantes, politiciennes seraient attristées que disparaisse une forme de galanterie à la française et que le puritanisme névrotique et paranoïaque à l’américaine devienne l’habitude et la loi chez nous. Le Coca-Cola et le Fast-Food criminels pour l’estomac et la ligne, cela suffit. Ah oui, que l’on enquête un peu objectivement : on peut être engagée pour l’égalité hommes-femmes, avoir une réussite professionnelle et aimer sentir le pouvoir de sa séduction dans le regard masculin. A condition que les lignes rouges ne soient pas franchies ; ce qui implique une qualité d’éducation et de civilisation.


    Voilà qui n’affaiblit en rien, et même au contraire, la conviction qu’une plus grande sévérité, voire une sanction implacable devraient être appliquées aux violeurs, aux assassins pervers sexuels. Conviction aussi que l’indulgence ne devrait pas être de mise envers les personnes qui jouent de leur fonction et de leur ascendant pour assouvir leurs pulsions sur des mineurs. Naturellement, il faut juger cas par cas. Il y a des rencontres plutôt romantiques. Brigitte Macron n’a pas été condamnée parce qu’elle a laissé Emmanuel devenir amoureux. On connait un cas de ce genre qui a eu lieu dans une école privée genevoise ; même si plus tard, cela a fini par un divorce. Mais, de manière générale, la protection des mineurs est fondamentale. Simplement, encore une fois, il ne faut pas tout mélanger. Expurger le machiste inégalitaire, oui. Tuer tout élément de séduction dans la relation entre hommes et femmes, non merci.

  • Vers un retour de l’éthique

    Souvenir d’un échange avec un collègue dans les couloirs du Parlement fédéral, il y a bien des années. L’auteur de ces lignes,—un peu obsessionnellement désireux d’établir un lien entre les racines intellectuelles du libéralisme et l’action dans l’actualité—, insistait sur le fait que la philosophie libérale impliquait non seulement une volonté de liberté mais aussi une dimension éthique indispensable à sa survie ; y compris en matière économique et financière. La réponse fut assez sèche. Ce genre de phrase relèverait du pathos et d’une fausse bonne conscience naïve, presque agaçante. Une économie libérale aurait sa logique incontournable : la recherche de la rentabilité, génératrice de profit. Il en découlerait un effet de concurrence stimulante et de ruissellement finalement au bénéfice de tous.

    Des années après, le soit-disant pathos est au cœur d’un vrai débat. Bien sûr, l’effort de rentabilité est essentiel. Bien sûr le profit en est la mesure. Certes, trop l’oublier amènerait des conséquences négatives, y compris sur les retombées sociales. Seulement, il n’y a pas que cet aspect. On n’a pas tout évalué en en restant là. Le débat doit renvoyer aussi à la question de la responsabilité, de la justice et des équilibres durables, nationaux et internationaux. Exploiter les ressources d’un pays du Tiers-monde en rapatriant l’essentiel des bénéfices, sous réserve de ce que retiennent pour eux des notables du régime : est-ce du libéralisme responsable ? Non ! Pratiquer une industrie indifférente aux conséquences sur l’environnement, la pollution, le changement climatique, est-ce du libéralisme responsable ? Non ! Lorsqu’une entreprise a son siège dans un pays développé, utiliser au maximum une main d’œuvre bon marché dans des pays peu soucieux de l’humain : est-ce un libéralisme éthique ? Non !

    Dans cette optique, l’Initiative visant à obliger l’économie et la finance à respecter des critères éthiques dans leurs investissements est légitime. Vues sous cet angle aussi, les protestations spectaculaires de jeunes écologistes, dont une lycéenne suédoise est l’icône, sont des protestations et des pressions en partie bienvenues.

    En partie seulement ? Un vrai Libéral se méfie légitimement d’un excès de contraintes, de carcans, dans la vie économique comme pour l’existence individuelle. N’oublions jamais que l’enfer peut être pavé de bonnes intentions. Que Dieu nous préserve d’un Etat socialiste, étatiste omniprésent. Qu’il nous préserve aussi,—cela dit en passant—, d’une sorte de police des mœurs et d’un cadre étroit posé à La Liberté d’expression.

    Donc, on préfère une libre prise de conscience, des incitations, l’inflexion vers des comportements généraux et particuliers retrouvant les sources originelles ; cela afin de construire des sociétés à la fois libres, solidaires et responsables. Certains affirmeront que, sans réglementations précises, sans contrôles étroits le libéralisme, laissé à lui-même, ne corrigera ni ses excès ni ses dérives. Le corset étatique de fer serait donc inéluctable. C’est faux. On voit poindre aujourd’hui , et de plus en plus, des entrepreneurs, des banquiers, des investisseurs en général, de petits épargnants même et des consommateurs qui ne sont pas sourds aux cris d’alarme. L’éthique, la responsabilité sont des notions qui se sont reconnectées à leurs esprits. Oh, pas d’angélisme. Il y a encore bien des vents en sens contraire. Mais celui-là s’est vraiment levé et devrait se renforcer. Il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l’eau du bain dans un déni de tous les apports. Mais de nouveaux équilibres sont imaginables, possibles. En cette période de l’année, disons que l’espérance n’est pas que pour notre au-delà.
    Bon Noël et bonne année.

  • Cette non douce France

    La France garde, à beaucoup d’égards, un charme qui nous attire. Elle a une grande histoire. Mais Charles Trenet ne pourrait plus chanter <douce France>. Elisabeth Badinter relève avec inquiétude l’ambiance délétère qui parcourt le pays. C’est plein de détestations réciproques. Il y a le mal des cités et le ratage de l’intégration des immigrés qui y sont confinés. C’est explosif. Nombre d’intellectuels,—avec de notables exceptions—, n’osent plus parler d’identité nationale et tournent le dos au récit patriotique traditionnel. Cela se prolonge dans l’école. Évoquer, par exemple, le bapthème chrétien de Clovis comme repère d’un début de la France comme telle ne soulève pas seulement une légitime interrogation des historiens ; c’est presque dénoncé comme du racisme ethnique et religieux. Enfin, la crise sociale actuelle démontre combien il est difficile pour la France d’adapter son fonctionnement étatique à ce que demanderont les réalités de demain. Les remous légers ayant entouré l’élection du Conseil fédéral font sourire en regard des turbulences françaises. Sait- on que, depuis 1947, la SNCF n’a pas connu une seule année sans grève.

    La France est-elle capable de conduire des réformes indispensables ? L’hostilité syndicale à la réforme des retraites élaborée par le Gouvernement a de quoi sidérer. Il fallait entendre ce conducteur de métro s’indigner d’une perspective l’obligeant à travailler jusqu’à 64 ans alors qu’il avait, dit-il, signé il y a quelques années un contrat lui ouvrant la porte du repos dès la petite cinquantaine. C’est à peine croyable . Pourtant, le Gouvernement a précisé que la fin progressive des régimes spéciaux ne concernerait pas les salariés de ces branches privilégiées s’ils étaient à moins de dix-sept ans de l’âge de retraite prévu. On mesure l’étalement dans le temps et, d’ailleurs, le coût persistant durant tout ce temps là. Les Français devraient constater que, partout en Europe, on envisage une élévation de l’âge de la retraite. Il s’agit d’une conséquence du vieillissement de la population, de l’allongement de la durée de vie et du rétrécissement de la frange des actifs auxquels il incombe de supporter cette solidarité entre générations. C’est pourtant évident : le financement du système est en jeu. Faute d’une réforme, il faudra bien, à la fois, augmenter les cotisations et les impôts. La France risquerait vraiment de devenir une exception ingérable. Un cheminot français de demain peut-il trouver juste et raisonnable de se retirer dans la cinquantaine et de profiter d’une retraite pleine jusqu’à 95 ans par exemple ? Eh bien oui, d’ après des syndicalistes qui ne se préoccupent pas des moyens de reprendre la maitrise d’un bateau en dérive.


    Oh, il y a les slogans de toujours. Taxer davantage les riches et les entreprises . C’est un ministre français de naguère, pourtant, qui avait dit justement que trop d’impôt tue l’impôt. En effet il y a des limites au-delà desquelles on étouffe l’investissement et la productivité économique ; donc on va vers une destruction de l’emploi. Certains, nichés dans les secteurs publics, se boucheront les yeux. Mais un déficit de la sécurité sociale accentuant gravement le déficit général de l’Etat ne pourrait que mettre la France et les Français en situation de fragilité et de vulnérabilité.


    Pour en revenir à la réforme des retraites, on espère que le Gouvernement français, bravant la fronde, tiendra bon sur l’essentiel. Mais si la crise devait durer, le Président Macron ne pourrait-il pas recourir au Référendum à la française. Il pourrait soumettre le projet au vote du peuple en s’engageant, avec ses ministres, dans une grande campagne d’explication des enjeux. Est-ce une illusion de penser , qu’à la fin, une majorité des citoyens bien informés sur tous les paramètres, se rendrait à la raison ? A défaut, le peuple prendrait la responsabilités des enlisements funestes qui en découleraient.

    Ah, qui chantera demain qu’il fera bon de vivre en France ?

  • Accepter la mort pour maîtriser la vie

    C’était un privilège d’entendre récemment l’ancien Secrétaire d’Etat Charles Kléber parler des menaces qui planent sur la politique de la santé. De ce que l’on a entendu et de discussions plus générales tirons quelques réflexions.

    La science médicale fait des progrès inouïs et constants. Qui ne s’en réjouirait ! Quelle satisfaction, par exemple, d’entendre qu’une mère de famille atteinte d’un cancer avait les plus grands risques, il n’y a pas si longtemps, de voir son état s’aggraver, alors qu’elle a désormais les plus grandes chances de guérir ; et que cela devrait être encore plus le cas demain. Naturellement, cette médecine de pointe a un coût. Or, sur les coûts de la médecine , précisément, on constate de plus en plus les problèmes qui grandissent ; notamment les cotisations d’assurances devenues trop lourdes pour beaucoup, et en conséquence une prise en charge croissante par l’Etat, c’est-à-dire les contribuables.


    La première question qui se pose : où et comment économiser sans porter atteinte à une médecine de qualité pour tous ? La pratique du tarmed, des consultations raccourcies a été instaurée. Elle est bureaucratique et frustrante pour les médecins généralistes, dont on vante par ailleurs le rôle crucial d’aiguilleurs pour le patient. Certes, il y a la prévention dans la responsabilité individuelle. L’hygiène personnelle de vie , la nutrition, la mobilité, la mise à l’écart des substances nocives : autant de choses qui doivent être encouragées. Collectivement, la lutte contre les pollutions a toute son importance. Mais il y a un volet que l’ on n’aborde que sur la pointe des pieds. Et pourtant… La statistique nous apprend que quatre-vingt pour cents des coûts médicaux sont le fait de personnes qui n’ont en moyenne plus qu’un an à vivre. On entend tout de suite la protestation. <Êtes vous en train de dire que les personnes âgées ne devraient plus avoir droit aux soins ?> Bien sûr que non. Il ne saurait s’agir jamais d’un refus. La question doit être posée autrement. Quels soins, quelles décisions à prendre en commun à partir d’un certain stade de l’état de santé et de l’âge du patient ? En fait, c’est une interrogation qui a une dimension humaine, philosophique et spirituelle. En voulant tourner le dos, jusqu’à l’extrême des possibilités, à l’approche de la mort, en rêvant de gagner toujours plus de longévité, en nous accrochant à toutes les technologie de survie imaginables ne déraillons-nous pas, individuellement et collectivement ? Soyons honnête. Il est presque gênant d’écrire cela lorsque l’on est en bonne santé et que l’on ignore comment on réagira, même éventuellement très âgé, face à une maladie grave. Mais c’est une raison de plus pour souhaiter qu’un vrai débat se développe sur ces sujets, sans peur ni reproche. Une société qui fait tout, et risque de faire davantage encore afin d’oublier la mort n’est-elle pas en voie de déséquilibre ? Naguère, une ambiance, une éducation intégraient la fin de vie à l’ordre normal des choses.


    De telles questions fondamentales devraient être au cœur des échanges entre médecins et patients, notamment les plus âgés. Elles devraient être abordées avec l’entourage familial. C’est quelquefois le cas. Toutefois, les médecins n’ont souvent pas la formation humaniste et psychologique nécessaire. Et puis, sous la pression du temps, des contraintes bureaucratiques ils n’ont souvent plus La liberté de manœuvre leur permettant d’intégrer cette dimension du dialogue profond avec le patient. En milieu hospitalier, l’exigence d’efficacité technique prime. On comprend donc que le problème est bien plus large que financier. Il n’en demeure pas moins qu’un rééquilibre d’une pensée globale aurait également des effets d’économie à long terme. Rappelons qu’il y a des personnes qui, en toute liberté, choisissent exit pour échapper notamment à l’ acharnement thérapeutique, et dans la volonté de partir en étant maîtres d’eux-mêmes. Choix respectable s’il en est. Il y a bien sûr d’autres chemins ouverts dans l’intention de préserver sa dignité et sa maîtrise.


    Finalement, on ressent le besoin d’un vaste débat national qui stimulerait les réflexions personnelles. Tous les acteurs de la santé et de la médecine ont de quoi participer à un tel débat . Médecins, patients,, assureurs, politiciens qui décident du cadre, mais aussi des théologiens et des penseurs humanistes. On sait bien qu’il y a des mesures précises concrètes à envisager. On ne saurait contester le soutien impératif à la recherche médicale de pointe. On doit mettre à disposition cette médecine de qualité. Mais le besoin est là de nouer un dialogue pleinement humain, à toutes les étapes du parcours médical. En fait tout se tient. La menace financière bien réelle à laquelle nous sommes confrontés est liée aux idées sur la conception de la vie humaine. Postuler une vie meilleure pour chacun, branchée sur la solidarité entre générations, demande assurément que l’on réintroduise au cœur de la société le sentiment positif de la finitude. Il en va aussi d’une transmission de valeurs. Ce sera peut être un renouveau de notre siècle : rien de performant, de durable ne peut être accompli si tout ne se relie pas à la question du sens de la vie.

  • Un rêve libéral

    Après ces élections fédérales, le PLR genevois est secoué, contrairement au PLR vaudois qui perd, certes, un siège au Conseil national mais conserve superbement celui du Conseil des États. Du coup, la question des alliances revient fortement dans les discussions. Évidemment, si au deuxième tour pour les Etats à Genève, on avait eu un rassemblement des voix PLR_PDC_UDC etVerts libéraux derrière le candidat PLR, ce serait peut être bien ce dernier qui serait à la place du Socialiste ; comme chez les Vaudois. Et si, en plus, on n’avait pas eu cette affaire Maudet qui a jeté le discrédit sur le PLR et a incité nombre d’électeurs à le bouder ! N’abordons pas ici ce volet pénible dont les péripéties judiciaires ne tardent que trop.


    Les alliances. Il est clair que la discussion a une résonance à la fois cantonale et fédérale. Dans le Canton de Vaud, l’UDC et le PLR ont estimé que leurs divergences communes avec les options de gauche , plus la volonté d’avoir au moins un duo politiquement équilibré et représentatif à la Chambre des cantons valait de conclure une alliance électorale au deuxième tour. Pas à Genève où, de plus, le PDC, traditionnel partenaire du PLR, était farouchement contre. La question : continuer ainsi est- ce construire une machine à perdre dans toutes les élections au scrutin majoritaire ? Certes, des sujets clivants séparent l’UDC, tant nationale que cantonale, duPLR et du PDC. Les relations avec l’Union européenne, les modalités de la politique d’immigration et aujourd’hui les éléments d’une politique de l’environnement. En revanche, il y a des ponts évidents en matière de politique financière, de politique économique, sociale et sur la politique de sécurité ; autant de sujets où une Droite élargie peut contrer une Gauche unie redoutablement étatiste et voulant mettre l’économie libérale sous tutelle. Même sur les sujets durs, il n’est pas exclu trouver parfois des compromis avec certains UDC. On a vu qu’une Céline Amaudruz n’était pas toujours d’accord avec l’UDC zurichoise.


    Il y a donc lieu, notamment à Genève, de reconsidérer cette question des alliances ; mais cela sans renier les positions de chacun. Toutefois, ces réflexions nécessaires sur les alliances ne sauraient éviter un débat plus fondamental, indispensable et qui concerne la Droite libérale au sens large. Comment être libéral aujourd’hui ? En insistant bien sûr encore et toujours sur la valeur qu’est la Liberté. Mais ne doit on pas introduire davantage certaines composantes qui se réclament de la responsabilité. On ne peut plus dire simplement que l’économie libérale doit laisser le champ libre à une concurrence cherchant la meilleure rentabilité financière, le meilleur profit en jouant sur les prix. S’il convient de rappeler tout ce que l’économie libérale a apporté comme richesses particulières et générales, l’équation réduite à cela est devenue trop simple. Prenons les nouvelles exigences en matière de protection de l’environnement et de transport. On voit bien le danger que ces préoccupations, sous l’impulsion d’une Gauche-Verte, ne conduise à des excès fiscaux, bureaucratiques et réglementaires de toutes sortes ; que la Liberté personnelle et économique n’en soit fâcheusement affectée. C’est aux Libéraux de privilégier des incitations, de faire appel à une nouvelle conscience afin que de nouveaux paramètres guident les stratégies d’entreprise et les comportements des particuliers. Après tout, cet élargissement de l’approche est un retour à une philosophie libérale qui défend la liberté mais demande aussi la responsabilité . Oui, c’est dans les gênes d’une philosophie libérale de concilier ces deux termes.


    Et là, franchement, contre des propositions lourdement étatistes, il y a place pour des politiques cohérentes, larges, innovatrices, favorisant les nouvelles technologies, diminuant le gaspillage, la pollution, soutenant les comportements adéquats et permettant une croissance plus intelligente. A cette fin, ne pourrait-on pas envisager des coordinations de l’action politique regroupant le PLR-Le PDC-Les Verts libéraux-le petit PBD ? Et bien sûr, il devrait y avoir des recherches de compromis, mais quand quand c’est possible, avec les Socialistes, les Verts et aussi avec l’UDC. De telles majorités un peu structurées, non pas d’opportunisme mais d’équilibres, correspondraient très probablement à ce que souhaite une majorité des Suisses.

    Il y a donc bien deux débats à ouvrir simultanément au sein de la Droite au sens large. D’une part une réflexion sur des alliances électorales surmontant les différences ; d’autre part une volonté de réunir les bonnes volontés au service d’une bonne politique conjuguant au mieux liberté et responsabilité. Ne serait-ce que le rêve mélo d’un Libéral ? Et si c’était la condition pour un avenir humain durable !

  • La grave question identitaire

    Qui aurait pensé que la question identitaire, liée en partie à l’appartenance religieuse, referait surface avec tant d’acuité ? Le débat est vif en France. On se réfère à la loi de 1905 sur la laïcité pour justifier des positions ; soit , par exemple, une interdiction large du voile dans toutes les activités reliées à un service public, ou bien, au contraire, une interprétation large de la loi s’ouvrant sur la compréhension des affirmations extérieures de son identité religieuse et culturelle. A Genève, c’est la nouvelle Constitution qui a explicité les principes guidant les relations entre l’Etat et les Communautés religieuses. Une loi sur la laïcité en a découlé. Elle a été approuvée par le peuple genevois en votation populaire. Ainsi, par exemple, le voile n’est pas autorisé à quiconque se trouve dans l’exercice d’une activité directement en lien avec l’Etat : fonctionnaire, élue…


    A l’origine, cette affirmation de la laïcité résulta des tensions religieuses du x1x ième siècle. A l’époque, c’est vis-à-vis surtout d’un activisme politique, réel puis craint, de l’Eglise catholique que les bornes ont été posées. Aujourd’hui, il faut dire les choses clairement. Il s’agit surtout des relations avec une certaine façon de se revendiquer de l’Islam. Relevons que bien des Musulmans et des Musulmanes, chez nous et dans les pays d’origine, voient dans ces vêtements cachant peu ou prou la femme une entrave à sa liberté, à son humanité, une relégation choquante de son statut par rappport à l’homme. Ne parlons même pas évidemment de l’invraisemblable Burka. Il est curieux d’observer, à cet égard, un rétropédalage au détriment des femmes dans plusieurs pays musulmans, par rapport à ce qu’il en était avant : Turquie, Égypte, Tunisie. Là bas, des femmes luttent pour ne pas finir encagées.

    Le voile est un point de focalisation. Bien sûr, le débat doit être plus large. Ceux qui crient à l’Islamo phobie disent que l’identité au singulier n’existe pas. Il est vrai que tous nos pays occidentaux sont des agglomérats d’identités multiples. Au fil des invasions et des immigrations, nos populations ont été le résultat d’un brassage continu. C’est évidemment une vitalité et une richesse. Toutefois, le problème naît sur l’équilibre à tenir entre diversité, et une intégration suffisante de ces éléments pour assurer une cohésion légale, nationale, sociétale. Pour dire les choses autrement, comment ne pas mettre en péril des acquis laborieusement consolidés au travers de notre histoire ?


    Oui, la question de l’identité se prolonge sur des interrogations essentielles. Comment respecter la diversité culturelle et religieuse chez nous en exigeant simultanément l’adhésion pleine et entière au socle de valeurs communes ; en préservant des règles balisant le chemin de l’intégration nécessaire, excluant un communautarisme contraire à une telle intégration ? C’est à cette aune, et non en raison d’irritations, de rejets épidermiques, que l’on peut comprendre les impératifs de laïcité dans la sphère publique et la volonté légitime d’en écarter les signes ostentatoires .

    Un dernier mot. Les relations entre l’Etat, l’ensemble de la société et les églises chrétiennes, sans oublier les principales communautés juives, ont pu trouver leur point d’équilibre grâce aussi à l’évolution interne des responsables religieux qui ont accepté les critères de laïcité et le but général d’intégration. On attend des milieux religieux de l’Islam des positions beaucoup plus claires sur ce qu’on appellera la Pacte sociétal et politique. Il ne suffit pas de dénoncer , souvent avec un manque de véhémence, les exemples de radicalisation islamique . Il y aurait aussi une distance à proclamer hautement envers toute tentation d’un repli communautariste ; et cela sans s’abriter derrière un reproche selon lequel l’identité musulmane ne serait pas assez prise en compte. On ne veut pas de ce double discours dont un Taric Ramadan était un champion.

     

    Encore une fois, si l’identité est multiple, elle trouve son unité dans une adhésion sans restrictions aux valeurs qui nous lient; ce qui doit exclure toute dérive dissolvante vers le communautarisme. Il faut sur cette question de l’identité un langage de clarté, de vérité et peut être aussi, aujourd’hui, de courage.

     

     

  • Vers des alliances à géométrie variable

    Pas question de minimiser le succès éclatant des Verts lors de ces élections fédérales ; et avec certes une moindre portée, celui des Verts libéraux. Du côté des perdants, en suffrages, il y a le Parti socialiste, nettement plus que le PLR et que le PDC qui sont quasiment stables. Naturellement, il n’en demeure pas moins qu’il y a perte de sièges à droite et gain de sièges à gauche. Mais la mine un peu déconfite de Christian Levrat, le Président socialiste était assez parlante ; quand bien même il se félicitait de l’avancée de la Gauche : entendez, grâce à l’avancée des Verts.

    Sur ce point, il avait raison. Beaucoup de Verts-Verts sont en vérité Verts-Rouge. A Genève, la jeune Verte et le Socialiste blanchi sous le harnais sont favoris pour le deuxième tour de l’élection au Conseil des États. Tous deux sont députés sortants du Conseil national. Tous deux, par leurs votes au cours des quatre ans écoulés, se sont montrés les plus à gauche des deux-cents Conseillers nationaux. Curieuse représentation de Genève à la Chambre des cantons si leur élection commune vient confirmer les pronostics. Il est vrai que, parfois, des élus changent un peu en changeant de cadre. A suivre éventuellement.


    Cela étant, nul doute que l’ambiance déjà, et certains votes très probablement vont différer de ce qu’il en a été durant la législature finissante. Mais les Socialistes plus les Verts ne font pas une majorité. D’ailleurs, aucun parti, aucune alliance fixe de partis ne prétend à une majorité automatique dans ce Parlement bicaméral. On assiste à des majorités à géométrie variable. Ce devrait être encore davantage le cas.


    Les Verts-libéraux ne seront pas très nombreux mais ils sont un appoint non négligeable. S’ils rejoignent les Verts-rouge pour proclamer l’urgence climatique, ils ne partagent pas l’hostilité idéologique envers l’économie libérale. L’une de leur chef de file à Berne l’a bien dit dimanche. Ils envisagent leur action pour le climat avec les entreprises ; et non pas systématiquement contre. Cela fait une sacrée différence. Dimanche soir, c’était presque une main tendue, —et qui ne semblait pas être refusée—, au PLR et au PDC, lesquels ont acquis, même si c’est un peu tard, une conscience écologique au diapason de leurs électeurs. Dès lors, on verra quelles seront les alliances, notamment à propos de taxes éventuelles et de leurs affectations.


    Et il y a d’autres sujets. Sur la prévoyance vieillesse, pourquoi pas une alliance PLR-PDC-Verts libéraux ? Avec l’UDC sur certains sujets financiers ? Qu’en sera-t-il sur la migration ? Sur l’Europe, on pourrait avoir le même genre d’alliance, contre l’UDC évidemment. Ici, les réticences à motivations sociales des Socialistes et des Verts-rouge pourraient servir l’UDC.

    Bref, tout cela demande à être testé. Dans ces conditions les Verts, devenus puissants mais nullement dominants, vont devoir montrer s’ils ont la capacité de construire des ponts afin que se dégagent des solutions, ou s’ils en resteront aux discours intransigeants. N’oublions tout de même pas qu’au Conseil des États, Chambre des cantons, le PDC demeure très puissant.Et il a montré , lui, sa capacité à construire des alliances.

    Dès lors, les bruissements sur un changement, en décembre, de la compositions du Conseil fédéral ne deviendront pas un bruit assourdissant. Ce ne sera pas le moment pour éjecter un Conseiller fédéral en fonction, candidat à sa réélection ; pour donner son siège à un Vert. Un changement de la formule magique demande du temps. L’UDC, alors même qu’elle était devenue le premier parti de Suisse,—ce qu’elle est toujours—, a dû attendre avant de ravir un siège au PDC. Si, dans quatre ans, les Verts confirment leur avancée, un tel changement pourrait être envisagé alors par le Parlement, qui élit le Conseil fédéral. Durant les quatre ans qui viennent, que les Verts se testent dans leur nouvelle position, et que les autres les testent aussi. Oui, il va y avoir une vie parlementaire intéressante et plus mouvante au cœur de notre fonctionnement institutionnel.

  • Gros dossiers fédéraux ouverts

    Dans moins de deux semaines on connaîtra les résultats des élections fédérales ; sauf en ce qui concerne le deuxième tour pour le Conseil des États. Recul pour tels ou tels des partis gouvernementaux ? Confirmation des prévisions sur une avancée verte ? La Suisse électorale connait des variations ; rarement de grands bouleversements. On est donc prêt à parier que ce nouveau Parlement, en décembre, élira les mêmes Conseillers fédéraux et respectera la même composition politique du Gouvernement. C’est au Parlement que pourraient se faire jour des inflexions nouvelles dans les votes.

    En fait, ce sont surtout les dossiers ouverts qui vont dicter le calendrier. Les mesures contre le réchauffement climatique vont devoir être renforcées. Mais il faudra trouver un consensus parlementaire, à la fin, qui puisse tenir le choc devant le peuple. Sans oublier ce qu’il pourra advenir de telle ou telle Initiative populaire dans ce domaine. Certes, il y a urgence mais ce ne sera pas facile. Un exemple pittoresque et pourtant sérieux : trop de vaches polluent beaucoup. Or, on est en pleine discussion sur une politique agricole qui cherche des adaptation plus écologiques. Il y a, bien sûr, la question de l’Assurance maladie. Comment faire baisser les coûts médicaux sans menacer l’accès général aux soins et leur qualité ; cela aussi en regard de l’augmentation encore prévisible des personnes âgées vulnérables ? Diminuer le montant obligatoire des réserves des caisses ? Trouver un mécanisme de péréquation entre elles ? Créer des surveillances, voire des caisses cantonales ? Plafonner les primes, quitte à reporter des coûts sur les impôts ? Calculer les primes en fonction du revenu, comme pour les impôts ; idée de la Gauche ? Les projets foisonnent au gré de la confrontation politique. Mais, ici encore, à la fin devra se dégager une piste capable d’affronter le verdict populaire.

    Quant à la prévoyance vieillesse, avec ses trois piliers, elle repose sur des principes sains. Toutefois, ils nécessitent des aménagements. Les dernières enquêtes font craindre un appauvrissement des séniors, de plus en plus nombreux. Cela pourrait devenir un grand problème humain, social et financier. Le deuxième pilier est -il suffisamment solide pour l’avenir ?Faudrait-il envisager un mécanisme fin de solidarité ; par une péréquation à travers un fonds commun s’ajoutant aux capitaux de chaque caisse ? Et quid pour les Indépendants fragiles ? Les députés, à l’instigation du Conseil fédéral, devront faire preuve de lucidité, d’imagination, d’une capacité de dialogue ; quitte à laisser certains dogmatismes idéologiques au vestiaire. Et pour le premier pilier de l’AVS, pourra-t-on éviter longtemps la nécessité d’élever l’âge de référence du droit à la retraite, moyennant certaines nuances ?


    Enfin, sur la politique extérieure. Vivement que le peuple fasse un sort à cette funeste Initiative populaire contre la libre circulation des personnes avec l’Union européenne ! Et vivement que le Conseil fédéral et le Parlement, s’appuyant sur des partenaires sociaux capables de se décrisper, de voir un peu loin, concluent enfin cet Accord institutionnel dynamique avec l’UE ! Comment ne pas comprendre que ce sera dans l’intérêt réciproque et que l’économie suisse, donc les Suisses dans leur ensemble, ont tout à y gagner. Cela d’autant plus que des mécanismes de surveillance sociale existeront toujours. Quant au contrôle démocratique pour tout développement de l’Accord, il sera garanti. Oui, en 2020, Gouvernement et Parlement vont devoir prendre enfin leurs responsabilités dans ce dossier et s’engager à fond. Cette nouvelle législature devrait vraiment voir se confirmer et se renforcer une articulation consentie et maîtrisée de la Suisse avec ses partenaires européens, aussi vitaux que naturels .

    Volà. Reste à souhaiter que les élus soient à la hauteur des enjeux.

     

  • Pour des candidats vrais

    Il y a quarante cinq à peu près, le professeur de droit radical, Gilles Petitpierre, se lançait dans la politique en affichant des convictions écologiques fortes. Il fit toute une série d’élections brillantes, au Conseil national puis au Conseil des États. Le respect et l’estime étaient unanimes à son endroit. Mais il se retrouva souvent minoritaire, notamment dans son offensive contre le nucléaire. Son aura, ses prévisions pessimistes sur l’avenir ne convainquirent que partiellement. Jeudi dernier, cette figure éminente, se situant clairement au Centre droit, participait à la réunion électorale de l’Entente (PLR-PDC). Ce fut l’occasion, pour l’auteur de ces lignes, d’assister dans un coin à un échange assez intense entre Gilles Petitpierre et Simone de Montmolin, une candidate PLR au Conseil national de plus en plus reconnue dans le monde politique. Ce n’étaient pas seulement des mots de circonstance qui furent entendus, comme souvent en période électorale. Il y avait comme un échange de vibrations humaines, une anthenticité réciproque, des analyses pointues et larges de la situation et une préoccupation sincère pour l’avenir des générations à venir.


    Retenons une réflexion de Gilles Petitpierre. C’est la première fois, dans toute l’histoire de l’humanmité, que tous les humains , de toutes les régions du globe, sont confrontés simultanément et face à l’avenir aux mêmes problèmes. Le climat, le développement partagé, la démographie liée à la migration, la transformation économique et technologique, la paix. Comment, s’interroge-t-il, tous les responsables nationaux et ceux des instances internationales ne se mobilissent-ils pas ensemble pour affronter ces immenses défis ? Comment ne ressentent-ils pas tous l’urgence climatique, n’en tirent-ils pas ensemble les conclusions ? Oui, répondit Simone de Montmolin, et la Suisse doit plaider à fond dans ce sens. Il y a aussi et déjà un débat national sur ces sujets qu’il faut assumer franchement et complètement. Mais elle pense également que cet engagement doit être branché sur une écoute attentive, une prise en compte des différents paramètres afin que la dialogue soit producif et qu’on évite trop de crispation. Ce qui ne doit pas empêcher la parole d’être claire et sans ambiguïté sur les convictions.

    L’échange continua dans cet esprit entre deux interlocuteurs qui sentaient presque physiquement leur honnêteté et leur volonté réciproques. On se disait que ces deux voix mériteraient d’être entendues par tous. Selon les deux, la mobilisation des jeunes pour le climat est une raison d’espérer ; même s’il y a aussi des gens excessifs, réducteurs , et idéologiquement marqués parmi eux. Peu importe : il faut s’appuyer sur la pression et l’élan que cela peut donner. Après, ce sera précisément le devoir d’élus de qualité, à la vision large d’ouvrir les chemins des équilibres à trouver le plus rapidement possible.

    On aimerait que les élus, dans un mois, aient cette force de conviction, cette authenticité, cette vérité de l’être qui émanaient des deux interlocuteurs de jeudi soir : la référence et l’engagée.